Peut-on revendiquer une liberté de se prostituer ?

Cessons d’être obnubilés par le sociétal ai-je écrit. Première application avec un sujet qui resurgit, la prostitution. Plutôt que d’en faire un débat sur la liberté sexuelle (des femmes et hommes pratiquant cette activité et de leurs clients), cherchons dans quelles conditions socio-économiques se fait ce « commerce ». Et on comprendra vite pourquoi les chrétiens ne peuvent que soutenir les gouvernements qui décident de lutter vraiment contre cet avatar d’un capitalisme libéral.

Métier du sexe

« Pour votre fille, vous avez pensé aux métiers du sexe ? » (extrait de la vidéo des « jeunes pour l’abolition »)

Lire la suite

Publicités

24 mars, une manif ratée

La Manif pour tous de janvier avait été un succès par l’ampleur de sa mobilisation et sa capacité à limiter la récupération par la droite et les excès homophobe. On ne peut pas en dire autant de celle de dimanche 24 mars. Ses initiateurs doivent rectifier le tir.

Quelques affiches officielles de la manif pour tous du 24 mars

Quelques affiches officielles de la manif pour tous du 24 mars

Lire la suite

Du droit de mourir dans la dignité

« Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort »
Antoine de Saint-Exupéry

Alors que le rapport du professeur Sicard vient d’être remis au président de la République,  il ne faudrait pas comme l’écrit Dominique Quinio dans La Croix (1) que le débat se limite à la mise en œuvre de l’engagement 21 du programme électoral du candidat François Hollande. C’est une invitation à se soucier de la fin de vie bien en amont […].

Lire la suite

Sur le mariage, l’Église aussi est diverse

Déposé en premier lieu sur le site Pétitions publiques, l’appel ci-dessous n’avait pas comme objectif premier d’être une contribution pour ce blog. Parmi ses premiers rédacteurs (Maïeul Rouquette, Stéphane Lavignotte, Isabelle Alves, Emmanuel Wald ou encore François Mandil), un seul est membre du collectif « A la table des chrétiens de gauche ». Pour autant, par les questions qu’il pose, par le sujet, hautement d’actualité et par son inspiration, nous avons décidé de le publier ici comme une forme de participation au débat. Il n’engage évidemment pas toute l’équipe de chretiensdegauche.com

Si vous le souhaitez, vous pouvez le signer en vous rendant sur ce site Pétitions Publiques

Lire la suite

La bulle spéculative des droits-créances

Les trois lois « sociétales » inscrite au programme du candidat Hollande, et donc maintenant à celui du Président, posent diverses questions mais il en est une à laquelle on ne prend pas trop garde, habitués que nous sommes au maniement qu’en font nos politiques. Il me semble en effet que nous assistons, un peu désarmés et désemparés, à l’extension indéfinie, et à vrai dire insolvable, des droits-créances au détriment des droits tout court, autrement dit des droits libertés. Un texte de Jean-Pierre Rosa, philosophe, membre du groupe Paroles.

Lire la suite

Le mariage homosexuel et l’adoption

Philofoto/Flickr

Le projet d’une loi sur le mariage homosexuel et l’adoption m’interroge, en tant que citoyen et en tant que « croyant ». Un texte de Jean Rigal, théologien.

Lire la suite

Quand des «chrétiens de gauche» débattent euthanasie et mariage gay

Invitez, sur internet, une trentaine de « chrétiens de gauche » plutôt intellos (soit dit sans ironie aucune), à pétitionner auprès du nouveau gouvernement pour demander un large débat citoyen sur ses projets « sociétaux » et vous obtenez une idée assez précise de la diversité d’opinions de ce microcosme.

Lire la suite

Pour un Président garant des Institutions républicaines

Le mode de scrutin choisi en 1962 pour l’élection présidentielle a été établi sur mesure par et pour le Général de Gaulle. Pour être crédible, il suppose que les deux candidats qui s’affrontent au second tour de la présidentielle soient en situation de gouverner véritablement le pays. Les grands partis doivent donc être capables d’organiser des primaires en leur sein pour dégager les personnalités qui s’affronteront dès le premier tour. Personnalités qui, et il y a malheureusement loin de la coupe aux lèvres, seraient capables de faire vivre son histoire au peuple français, et non seulement leur propre – et petite – histoire personnelle.

Le mode de scrutin actuel donne aujourd’hui l’illusion d’un lien direct et personnel entre le Président et chacun des Français. Mais cette illusion, encouragée par les médias friands de personnalités télégéniques, tient de l’idolâtrie et donne à penser que le Président est omnipotent.

La légitimité

La Constitution de 1958 met surtout en concurrence permanente et mortifère le Président et le Premier ministre, opposant deux légitimités pourtant distinctes : d’un côté, celle du président de la République, élu au suffrage universel direct, et qui doit être d’abord le garant du fonctionnement démocratique des institutions. De l’autre, celle du Premier ministre, nom­mé par le Président, mais qui ne peut exercer ses fonctions de gouvernement que s’il est soutenu par une majorité au Parlement. Toute la question revient alors à articuler le rôle du Président, comme garant de la démocratie, et le rôle du Premier ministre, gérant les orientations politiques du pays. À partir de 1962, il est clair que le Président est aussi celui qui semble avoir le plus de légitimité. Dès lors, le fonctionnement institutionnel du système est faussé. Le quinquennat qui s’achève l’a illustré de manière emblématique.

Quand les électeurs désavouent le parti du Président lors des législatives, et que le Président décide de rester, c’est la cohabitation : les deux légitimités sont bien distinctes. Le Premier ministre est légitime auprès de la majorité parlementaire, et le Président, minoritaire lors des législatives, est obligé de nommer le chef de la majorité comme Premier ministre. Dans cette hypothèse, le Président préside mais ne gouverne pas. Imaginons pourtant qu’un prétendant, original et visionnaire, dise ceci entre les deux tours : président de la République, je m’engage à ne pas gouverner, mais à me considérer comme le garant du fonctionnement démocratique de nos institutions. Et je nommerai comme Premier ministre celui ou celle qui sera désigné(e) par l’alliance majoritaire au sein du Parlement. Le candidat qui tiendrait ce discours susciterait un véritable intérêt. Et, en plus de la dignité présidentielle, il ornerait sa tête des lauriers du prophète…

Législatives en vue

Or, l’élection de 2012 se fait non pas à deux tours, mais à quatre, puisque les législatives suivent l’élection présidentielle. Il y aurait là une opportunité à saisir, faute de quoi, et pour aller dans le sens du député UMP Alain Marleix, se profilera, en cas de victoire de M. Sarkozy, une cohabitation de bac à sable avec Martine Aubry, ce qui achèvera de discréditer le monde politique actuel. De fait, la guerre des egos qui naîtra de ce dysfonctionnement pathologique de la Ve République diminuera encore un peu plus les chances de voir émerger un homme politique capable de rendre au peuple sa place dans l’Histoire. Relire Péguy, Mounier, Bernanos, Muray…

Entre personnalisation à outrance des parcours politiques, machine parlementaire qui tourne à vide, et verrouillage médiatique hésitant entre renvoi d’ascenseur et buzz permanent, que peut bien vouloir dire ce subit appel à l’aide des candidats à « écrire l’Histoire » ? De quelle histoire s’agit-il ? Celle, personnelle et intime, des deux prétendants, qui égrènera sans fin prébendes extraordinaires, copinages incroyables et salaires mirobolants ? Que nous importe leur petitesse et leur futilité, au regard de l’Histoire de notre nation, construite, elle, par tous les Français ?

Au vue de la campagne qui vient de s’écouler, il semble bien que l’occasion a encore été manquée. Cependant, et quoi qu’il en soit de la personne capable de proposer et de mener à bien cette réforme de nos institutions, il y a urgence à lancer ce débat dans l’opinion publique.

Texte de Didier da Silva, pubié à l’origine sur www.temoignagechretien.fr