Nos convictions

Ce que nous sommes, ce que nous voulons être

« Il faut à tout prix que nous fassions quelque chose de notre vie : non pas ce que les autres voient et admirent, mais ce tour de force qui consiste à y imprimer l’Infini. » Emmanuel Mounier

Citoyens croyants, soucieux de porter nos idées dans l’espace public, nous défendons les valeurs de justice sociale, d’équité et de fraternité portées par la Gauche, nous inscrivant dans un courant de pensée qui porte une espérance, sociale et spirituelle, mais qui se veut libre de toute attache partisane, condition préalable à toute discussion avec les hommes de bonne volonté, et garantie d’un soutien réel mais vigilant. Nous assumons sans honte la filiation avec l’histoire des chrétiens engagés à gauche, dans sa juste tradition de dialogue, d’écoute et d’ouverture, y compris à d’autres spiritualités.

Pour autant, des convictions fortes nous animent, qui structurent les difficiles combats à mener aujourd’hui ; convictions enracinées dans un « optimisme tragique », qui nous garde de toute illusion, mais nous rapproche des Possibles.

De fait, à la cruelle constatation que « ce n’est pas la pensée qui est unique, c’est la réalité qui l’est devenue », qui laisse peu de place à l’espoir légitime qui guide une vie, nous refusons de nous soumettre, pariant beaucoup plus dans la capacité de l’Homme à se redresser et à inventer un vivre ensemble, des liens sociaux, une « convivance », autre, plus soucieuse des personnes et de leur épanouissement, plus équilibrée dans son rapport au spirituel, rapport que nous souhaitons ouvert et apaisé, moins identitaire et dogmatique, dans le cadre d’une laïcité nécessaire mais perfectible.

Ce déchaînement d’avec les exigences totalitaires de la société financière globale prépare in fine l’émancipation, la libération,  nécessaire à la reprise en main, pleinement consentie par les personnes, de leur destin commun, de leur éminente dignité.

Nous nous reconnaissons donc dans le processus d’indignation mondiale en cours, interrogeant une démocratie à refonder, et nous inscrivons dans une réflexion et des propositions de nature à mettre en œuvre des utopies concrètes, capables, à leur niveau, et avec de modestes moyens, de démontrer qu’une autre mondialisation, qu’un autre devenir est possible. N’ayons pas peur de penser, d’oser inventer ces alternatives, et de les incarner, au risque de voir s’effondrer en nous le « principe humanité » qui guide toute forme de charité. C’est alors une toute autre attention à l’Autre, au Frère, qui nous appelle, et que nous appelons de nos vœux : pour immense que soit cette mission, elle est aujourd’hui une exigence de principe, qui conditionne notre projet, et l’élaboration collective qui le porte.

Lieu de débats, espace de médiation, notre table n’est interdite à personne : nous sommes dans la posture de l’hôte, de celui qui reçoit ; et, souvent, c’est celui qui reçoit qui est reçu, se laissant bousculer par l’altérité de celui qui vient, qui interroge nos convictions, nos traditions, nos valeurs. N’assénant aucune Vérité, puisque le monde est pluriel et complexe, nous nous voyons plutôt comme un pont : entre les cultures d’abord, en ce qu’elles fondent intimement notre être au monde ; entre les religions ensuite, en ce qu’elles transcendent notre existence, entre les générations enfin, tant le sens de la filiation, de la communauté et le respect de la mémoire, contrecarrent le sentiment d’abandon qui guettent les êtres déracinés et désincarnés.

22 réflexions au sujet de « Nos convictions »

  1. Merci de cette initiative !

    J’ai l’impression que les courants plus traditionnels de l’Eglise ont comme une stratégie d’hégémonie culturelle (à l’instar de Nicolas Sarkozy en 2007, cf par exemple http://bit.ly/MKk9Tk) : ils ne débattent pas au niveau des idées, mais en déniant à leurs contradicteurs la légitimité de s’exprimer (point non négociable…) ; ils tentent de donner la priorité à leurs thématiques favorites dans la « cathosphère » (et dans certaines communautés ecclésiales) comme si là était l’essentiel de la foi, etc.

    Alors, j’apprécie de rencontrer d’autres catholiques qui ont un rapport positif à la modernité, sans pour autant être en rupture avec l’institution ecclésiale, ni dans le ressentiment. Qui acceptent de se laisser bousculer par le réel et par le vécu de nos contemporains. Qui ne perçoivent pas le monde comme une menace devant laquelle la seule bonne réaction serait de rester droit dans ses certitudes.
    Personnellement, il me semble que la sécularisation est aussi une chance pour l’Eglise, une occasion de renouveau, qui nous force à faire confiance au Seigneur, à retrouver notre vocation prophétique.

    Du coup, je trouve intéressant que la sensibilité « chrétien de gauche » puisse encore être visible dans l’Eglise, comme une forme de contrepoids aux discours dominants. Mais il s’agit aussi à mon avis de la réinventer. Sûrement plus humblement que dans les années 70-80, où c’était elle qui, en France, exerçait une certaine hégémonie culturelle dans de larges portions de l’Eglise.

    Et sans doute en revenant sur ce qui n’a pas fonctionné dans l’espérance des cathos de gauche après Vatican II. Comme peut-être une utopie de dissolution de l’Eglise dans un Royaume perçu à porté de main, quasi immanent ? Ou la question de la « valeur ajoutée » de cette sensibilité par rapport aux valeurs de la gauche laïque, comme souligné en conclusion d’une récente tribune du NYT – http://nyti.ms/QJQsGq ?

    Il me semble enfin que la mission des « chrétiens de gauche » pourrait s’inscrire dans le canon 212 du code de droit canonique qui, après avoir insisté sur l’obéissance des laïcs à la hiérarchie ecclésiale, stipule en son §3 (à la suite de Lumen Gentium 37) :
    « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, (les laïcs) ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. »

  2. Bonjour,

    Catho de gauche, un peu comme intellectuel de gauche, un peu comme Golias, moi j’aime « tous » ce qui es catho mais aussi tous les autres, moi j’aime l’enseignement de Jésus Christ comme vous certainement, moi je ne vois pas en quoi il faille mettre en conformité sa foi religieuse qui appartient à la sphère privée et son engagement politique car aujourd’hui être « de gauche » demeure avoir une très forte connotation politicienne.

    J’ai bien apprécié le commentaire d’Aimé car il reflètre exactement les a prioris que l’Eglise institutionnelle génère dans une époque où la société a plus changé en 10 ans qu’en 10 siècles, mais c’est oublier que depuis Vatican II , l’Eglise …c’est nous et qu’avant de pousser plus loin l’analyse nous pourrions chacun peser nos critiques à l’aune de notre implication au sein de cette institution, les relations que nous entretenons avec les pasteurs (quelque soit leur « grade ») et avec les autres fidèles pour construire ensemble une Eglise adaptée à notre époque.

    Il est bon de penser, il est bon de se pencher sur la correlation entre Eglise et société , mais rien ne nous empêche de nous exprimer sur un plan différent de celui de la politique gauche / droite.
    Car aucun docteur de l’Eglise n’a dit que les chrétiens devaient se reconnaitre à gauche plus qu’à droite mais tous ont exhorté à se conformer aux commandements du Christ.

    Alors bonne route aux chrétiens de gauche, mais aussi bonne route aux chrétiens tout court à ceux qui sont menacés dans leur foi et dans leur liberté pour ne pas dire dans leur vie comme au moyen orient et en afrique, à ceux qui feront se réconcilier les hommes de ces terres agitées car ils sont les seuls à vivre la religion de la miséricorde et de l’amour.

    Je ne souhaite pas me laisser aveugler par ce clivage qui séparerait chrétiens de gauche et autres (libéraux, démocrates chrétiens, franc-maçons,conservateurs) car cela serait dommage je préfère être un chrétien dans le débat public !

  3. Je me trouve a l’aise avec cette deffinition de chrétiens de gauche, chrétiens parceque le Christ est pour moi le personnage histotique le plus unique et sigulier de l’humanité, celui qui incarne Dieu en l’homme jusqu’à donner sa vie tatalement Amour jusque sur la croix, il n’y a bien aucun équivalent dans toute l’histoire humaine; il nous montre que Dieu est don total de l’Amour, grtuit, sans réserve et nous laissant totalement libre d’y répondre ou non et cela dans une dimension infini et éternel, qui dit mieux. En fait il croit en l’homme et nous demande à notre tour non seulement de croire en lui mais de croire qu’il est zau coeur, qu’il est le coeur batabt et amoureux de tout humain…. De gauche parce que je ne peut pas dissocier la vie Evangélique avec le fait de prendre fait et cause avec tous les exclus et marginaux rencontré dans ma vie et de toute la terre; note participation à leur combat pour la dignité des plus petit, pour un monde vraiment justte, solidaire et fraternel est le coeur même de nos combats sociaux, éconimique et politique. Ainsi l’argent et tous les pouvoir doivent être au service de l’homme et d’abord au service de ceux qui sont aux bord du chemin, l’argent, le pouvoir ne doit jamais être un but en soi et encore moin un instrument de domination et d’exclusion. Cela supose de combatre les injustice et touis ceux qui se prennent pour les maïtres du monde pour les metttre hors d’état de nuir, non pas en portant atteinte à leur personne, mais en les mettant à bat de leur pouvoir de nuisance, permettant au plus pauvres d’avoir leur par légitime au pouvoir de vivre leur vie dans la dignité et la justice (voir entre autre le magnificat). Oui chrétien et de gauche parceque ces coimbats réunissent de façon évidente pour moi ces deux aspect essentiels de ma personnalité et de ma vie.

  4. Bonjour,

    Un jeune chrétien questionne votre texte :

    _ « citoyens croyants » : il est bien amusant de choisir un seul adjectif flou « croyant » pour qualifier ce qui vous définirait le plus proprement « citoyens »! Car sans doute, pour le chrétien de gauche, on est un individu qui réclame ses droits dans l’espace public, qui manifeste dans la rue, avant d’être un enfant de Dieu.
    _ « Nous assumons sans honte la filiation avec l’histoire des chrétiens engagés à gauche » : c’est quand même admirable d’esprit partisan! Que faites-vous des chrétiens sans étiquette? Parce qu’avant d’être d’une étiquette (si tant est qu’il en ait une), un chrétien est chrétien. Une tautologie qui semble échapper à votre réflexion…
    _ « des convictions fortes nous animent » : Formidable! C’est bien! Mais votre « foi », c’est quoi? Une conviction parmi d’autres? Une conviction très, très forte peut-être? Vous n’en parlez pas. Ca vous fout la honte?
    _ « pariant beaucoup plus dans la capacité de l’Homme à se redresser » : c’est à croire que vous n’avez jamais ouvert une Bible ou un catéchisme de votre vie… Et le Christ, vous pariez dessus, vous croyez en Lui?
    Qui est-ce l’Homme? L’Etre suprême des Droits de l’Homme? L’idéal désincarné de cet orphelin célibataire absolument indépendant, même de Dieu?
    _ « N’assénant aucune Vérité » : ah oui… Asséner la Vérité signifie sans doute évangéliser pour vous. « Malheur à moi, disait Saint Paul, si je n’annonce pas L’Evangile » (1ère épître aux Corinthiens, chap. 9). Alors qu’est-ce qu’on fait? Le salut des âmes, ça vous préoccupe? C’est passé de mode sans doute?
    Inutile de multiplier les citations effarantes.

    Croyez-vous que c’est avec vos « valeurs », vos « convictions » gauchisées, laïcisées que vous apportez quelque chose de neuf à notre société? Vos valeurs laïques sont les valeurs chrétiennes devenues FOLLES, comme le disait Chesterton.

    J’en conclus que le nom de ce blog est vraiment un oxymore insoutenable. Les incohérences avec la foi en N.S.J-C ressurgissent immédiatement à l’oeil du chrétien, ce que vous n’êtes plus malheureusement.

    Par pitié, laissez les hommes de bonne volonté cheminer en Vérité dans leur vie intérieure et dans leurs réflexions sur la société, cessez de leur asséner vos erreurs.

    Un chrétien,

    • @ Pillet. J’admire cette conception – sans doute très, très chrétienne – du dialogue qui consiste à formuler soi-même les questions et les réponses. Au moins êtes-vous sûr de d’être ni surpris, ni déçu, ni en contradiction avec vous-même. Si d’aventure vous aviez VRAIMENT envie de nous rencontrer et d’échanger, cela reste possible ! Cela porte une exigence : accepter de se décentrer de soi. Bref une forme de conversion… très chrétienne !

      • Cher M. Poujol,

        En effet, le bref et humble commentaire que je propose sur certains passages de votre texte comporte des questions rhétoriques. Le procédé vous déplaît? J’en suis navré.
        Une attitude chez le chrétien sans doute plus primordiale encore que celle de l’entrée en dialogue est celle de l’écoute de la Parole et de l’obéissance à l’enseignement de l’Eglise.
        Je suis d’accord avec vous, se décentrer de soi, il me semble que c’est une belle formulation de l’enjeu de toute vie chrétienne. Mais pas pour se centrer sur n’importe quoi, sur n’importe qui… Mais pour se CHRISTOcentrer!

        J’attends vos réponses sur les remarques que j’ai formulé.

        Cordialement,

  5. « Une attitude chez le chrétien sans doute plus primordiale encore que celle de l’entrée en dialogue est celle de (…) l’obéissance à l’enseignement de l’Eglise. »
    Pillet, je crois que vous feriez un excellent musulman 🙂

    • Bonjour,

      Les apôtres quand ils sont partis évangéliser le monde, ils annonçaient la Parole ou bien ils discutaient avec les gens qu’ils rencontraient pour savoir quelle était la meilleure opinion?
      L’obéissance ça vous choque ou vous fait rire peut-être? C’est le fruit du 4ème mystère joyeux du chapelet. Si vous amalgamez la vertu chrétienne d’obéissance et la soumission dans l’Islam, j’en suis confus pour vous.

      Vous vous dites, dans votre post, favorable à la sécularisation des sociétés. Mais dites, si vous êtes chrétien, l’effondrement de la pratique religieuse, la chute des vocations, les lois qui nient la loi naturelle, ce n’est pas abominable pour vous? Ne s’agit-il pas de fruits de la sécularisation que connaissent notre société depuis plus d’un siècle?

      Aujourd’hui en France, 13% des catholiques croient en la Résurrection du Christ! Alors quoi? Vive la modernité?!
      Ah mais voyons, ce n’est pas très grave, mieux vaut s’occuper des Droits des homosexuels, non? Je prépare votre prochaine réflexion mesquine : traitez-moi d’homophobe. Ce que je ne suis pas.

      Blumentern, vous voulez dialoguez dans un « débat d’idées »? Alors dites-moi ce que vous pensez des principes non-négociables. Sont-ils négligeables selon vous? Pas prioritaires?

      J’attends vos réponses.

      Cordialement,

  6. à propos du dialogue, un extrait d’une catéchèse de Mgr Boulanger :
    « Le Pape Benoît XVI, en ouvrant le Synode pour la nouvelle évangélisation, nous invite à
    transmettre au monde notre passion pour le Christ. Comme dit si bien la petite Thérèse :
    « Aimer Jésus et Le faire aimer. » C’est notre amour pour le Christ qui rayonnera, car l’évangélisation c’est d’abord un rayonnement d’amour. On n’évangélise que ceux qu’on
    aime… ceux pour lesquels on est prêt à donner sa vie. Aimer passionnément Jésus et aimer
    de la même passion nos contemporains. Mais si nous n’allons pas vers eux, ils ne viendront
    pas vers nous. Comme le Concile l’a voulu, essayons d’entrer en dialogue avec nos
    contemporains et mieux comprendre leurs attentes »
    http://www.theologie-caen.cef.fr/IMG/pdf/Catechese_de_Mgr_Boulanger_17_octobre_2012.pdf

    Sur la sécularisation, c’est je crois aussi une chance pour l’Eglise, car elle oblige à être chrétien par conviction, et non plus uniquement par tradition. Elle fait disparaître ce qui pouvait ressembler dans le catholicisme à Mt 15, 8 (Ce peuple m’honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi). Et conduit chaque baptisé à raffermir sa vocation de prêtre, prophète et roi.
    La lumière resplendit d’avantage dans les ténèbres, le sel relève ce qui est fade.

    • Bonjour,

      L’attente profonde qui se cache derrière ce que disent couramment les hommes d’aujourd’hui, est inscrite anthropologiquement en tout homme, c’est cet appel à l’Infini, ce désir qui ne trouve sa satiété qu’en le seul vrai Dieu, qui s’est incarné sur terre, il y a 2000 ans, Notre Seigneur Jésus-Christ. Bien sûr qu’il faut être à l’écoute de son prochain, mais il ne faut pas pour autant subordonner à ses désirs, à ses attentes particulières et humaines, l’appel universel et surnaturel auquel nous invite tous le Christ.

      Cessez je vous en prie avec ce terme de conviction! Il ne s’agit pas de conviction dans le christianisme, mais de foi! Non pas qu’il faille être fidéiste et renoncer à toute compréhension et intelligence des dogmes et y adhérer de manière aveugle, mais qu’il faille bien admettre que les mystères qui composent la Révélation de la venue du Christ sur terre ne sont pas totalement éclairables par notre seule raison.
      Etes-vous masochiste?! Sans doute, la proportion de pratiquants vraiment chrétiens dans leur âme est plus importante aujourd’hui qu’hier, puisqu’être chrétien n’est plus à la mode ou socialement conforme, la foi est décridibilisée, ridiculisée, le passé de l’Eglise reconstruit et manipulé. Eh quoi, parce qu’on vous échange un bout de mouchoir intact contre un ample manteau, vous vous trouvez satisfait? Le nombre de chrétiens lui a bien chuté et c’est un drame!

      Pardonnez-moi, mais non tout baptisé n’est pas appelé à être prêtre. Et en effet, tous les baptisés ne sont pas prêtres… Alors certes, on parle aujourd’hui d’un sacerdoce commun à tous les chrétiens, laïcs y compris donc. Les orthodoxes parlent en effet de prophète comme une vocation toujours actuelle et concernant chaque chrétien ; le « sacerdoce royal » est attaché au rôle du père de famille au sein de sa famille en effet, mais je ne m’aventurerai pas plus avant sur ces terrains-là… Néanmoins, c’est le sacerdoce ministériel du prêtre qui demeure ce que l’on déigne véritablement comme sacerdoce. Un homme comme les autres perçoit un appel de Dieu, il est appelé par l’Eglise puis est ordonné pour l’éternité.

      • Bonsoir,

        une lecture de la belle constitution dogmatique Lumen Gentium devrait lever ce malentendu, je pense notamment à
        – LG 10 (le sacerdoce commun),
        – LG 31 (« Sous le nom de laïcs, on entend ici tous les fidèles, en dehors des membres de l’ordre sacré et de l’état religieux reconnu dans l’Église qui, étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu, et participants à leur manière de la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, exercent pour leur part, dans l’Église et dans le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chrétien. »
        – LG 34 (la participation des laïcs au sacerdoce commun et au culte)
        – LG 35 (la participation des laïcs à la fonction prophétique du Christ et au témoignage)
        – LG 36 (la participation des laïcs au service royal)

        http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html

      • Bonjour,

        Oui merci pour cette référence. Lumen gentium comporte des éléments intéressants.

        Il n’en demeure pas moins que le sacerdoce ministériel du prêtre est bien distinct du sacerdoce commun à tous les baptisés. Les baptisés s’unissent au Christ saint et glorifié. Le prêtre s’unit en plus au Christ sanctifiant et glorifiant par le pouvoir qui lui a été transmis d’administrer les sacrements.

        L’ordination est un sacrement. De plus, ce sacrement ne peut être administré qu’une seule fois. La grâce transmise par ce sacrement imprime un caractère indélébile sur l’âme qui la reçoit. On est prêtre pour l’éternité.

        Là sont les différences irréductibles entre le prêtre et le laïc. Bien sûr, ces différences ne font pas du prêtre un être supérieur ou un super-chrétien. Il n’a pas à se glorifier de ses pouvoirs comme s’ils venaient de lui. Il a néanmoins une place particulière dans l’Eglise, celle du Christ-Tête.

        Bon dimanche!

  7. Et encore, voyez, pour répondre à votre engouement face à la sécularisation, j’essaye presque avec vous de concéder que cela peut avoir pour effet de constituer un corps de fidèles proportionnellement plus véritablement croyant, mais que penser de ce chiffres chiffres de sondages récents… J’en cite un parmi d’autres : 43% des catholiques pratiquants réguliers, donc qui vont à la messe au moins tous les dimanches, qui devraient donc petre de « conviction » comme vous dites, ne croient pas en la résurrection. Presque un sur deux…!!
    Mais alors que pensent nos contemporains chrétiens de cette phrase de Saint Paul? « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » ( 1 Co, 15, 14).
    A mon humble avis, une bonne part l’ignore ou s’en fiche pas mal.

  8. plutôt des questions pour savoir si je suis susceptible de compter parmi les vôtres : chrétienne bien sûr, mais aussi pour le mariage républicain pour tous, pour l’adoption dans la vie civile d’un enfant par des personnes du même sexe, contre la pma : pour moi, il s’agit d’un commerce qu’il ne faut pas faire fleurir!! pour accueillir les franc-maçons dans l’église (je n’en fais cependant pas partie), pour la contraception, contre l’avortement facile , mais pour la loi l’autorisant….mes idées sont elles « inconcevables « ?
    merci de m’aider à me situer dans la religion chrétienne, que je pense tolérante, charitable, humaine.
    martine di guglielmo

  9. Bonjour ! Ah que voilà bien un discours de présention qui, pour attraper les mouches, essaye de ne vexer personne. Retraité, j’ai désormais vécu plus que je ne vivrai et je ne me pose plus ces questions à l’intérieur de l’Eglise, car, étant donné l’air ambiant de l’institution Eglise, depuis longtemps déjà j’ai commencé d’aller sur le parvis, mais comme je ne trouvais pas de réponse à mes questions, je suis parti.
    Maintenant je me pose la question de Dieu de son existence ou non; Jésus-christ ? Oui ! sans doute, mais comme on le met à toute les sauces, j’ai beaucoup de mal à le reconnaitre. Disant cela il en est peut-être qui y verront comme une impudeur, car, comme le sexe, la religion et les croyances sont des sujets dont on rit volontier, mais qu’on n’ose guère aborder sérieusement.
    L’horloge du temps n’a point de panne. Elle avance inexorablement. Aussi il importe que nous laissions une trace, même modeste, de notre passage pour celles et ceux qui viendront après nous. Je m’y emploie. Longtemps j’ai cru que nous étions formatés dès l’enfance pour toute notre vie et que les croyances qu’on nous avait transmises étaient immuables. Heureusement il n’en est rien et le quotidien s’est chargé de nous ouvrir à d’autres cultures d’autres philosophies
    d’autres croyances…
    Le passé est un musée d’expériences diverses.
    Le présent vit de notre volonté d’aimer la vie.
    Demain sera encore une aventure mais à condition de ne pas le conjuguer au passé.

  10. Bonjour, questions très génériques aux auteurs de ce blog,
    j’ai cette très difficile impression schizophrène d’être toujours chrétien, c’est à dire que je crois aujourd’hui au message général de l’évangile et de l’ancien testament – alors que pour tout dire quand j’allais au caté (obligatoire dans cette belle région que M Mandil connait bien et qui ne s’appelle pas la « petite vendée » pour rien) et que je passais de sacrement en sacrement, je ne suis pas sûr d’avoir compris ou plutôt d’avoir ressenti, le quart de ce qu’on me disait. Bien sûr, je sais et je conçois qu’il y a des désaccords, des différences d’interprétations, de points de vue, de convictions qui ont créé de nombreux schismes par le passé. Un mal et un bien j’imagine puisqu’il a permis à chacun de suivre une doctrine en lien avec sa foi, mais ce au moment même de la formulation de la nouvelle doctrine … qui se transmet ensuite de manière généalogique … mais érode au fur et à mesure une certaine unité de l’église.
    Je pensais être chrétien et catholique, mais en entendant le prêtre de ma paroisse, « pourtant » plutôt marquée à gauche – au moins historiquement – de la butte aux cailles, exhorter ses ouailles à rejoindre la manifestation contre le mariage pour tous avec force détails pratiques etc je me suis senti choqué. En partie certainement parce que je manifestais moi-même la semaine suivante, pour cette même loi avec d’autres amis anthropologues, et parce qu’en mon âme et conscience j’étais en profond désaccord en particulier sur les fondements anthropologico-bibliques de la lettre des évêques. J’ai mes convictions et j’admets qu’on puisse en avoir d’autres, sans taxer leurs porteurs d’hérétiques. Mais cet appel à manifester m’a choqué. Mon curé, qui partage l’opinion de son évêque, mais pas celle de son pape, comme il l’apprendra plus tard, me demande de prendre une position sociétale, politique ou anthropologique selon les points de vue, qui n’a que peu de chose à voir avec l’Evangile. Il ne m’ordonne pas d’aimer mon prochain, d’aider l’autre, d’aller manifester contre les logements vacants, de m’engager dans la société, il m’ordonne d’aller manifester pour une question de société sur laquelle il n’a même pas débattu avec nous. Cela signifie-t-il que je suis le seul dans ce cas là, et que, n’obtempérant pas, je ne suis pas catholique ? Et si je suis toujours catholique, existe t il à Paris des paroisses ou l’esprit de tolérance et de multiplicité des opinions existe, et ou l’on ne décide pas à la place de ses ouailles quoi croire, et que penser ? J’ai peur de retourner à la messe dans cette église et de m’entendre dire qu’il faut que j’aille manifester contre les OGM ou pour la Crimée russe. Je crois que je suis de gauche, je crois que je suis chrétien, il y a de fortes chance que je sois chrétien de gauche, mais je ne sais pas où aller communier ! help

  11. La coordination permanente des offrandes publiques invite les « chrétiens de gauche » et leurs lecteurs à participer au Grand Don samedi 24 mai 2014 à 14H30, sur le Pont Marie, 75004. Venez offrir vos objets domestiques aux passants anonymes, pour expérimenter avec d’autres citoyens la gratuité, l’échange spirituel, la critique sociale et l’utopie politique.

    http//www.legrandon.org

  12. heureux de lire votre blog. Effectivement, la belle communauté des chrétiens de gauche est dispersée !!!
    Je pense pour ma part indispensable de mentionner le PARTAGE DES RICHESSES pour ancrer notre christianisme à gauche. Car, soyons honnêtes, c’est le seul point d’achoppement avec nos frères chrétiens « de droite ». Moi, je ne veux pas que l’Eglise serve d’auxiliaire à un ordre social injuste, voilà tout. Mentionner le « partage des richesses », c’est ouvrir le dialogue. Après, sincèrement, le reste on peut s’entendre je crois.
    Le partage des richesses est la mère de toutes les différences. C’est refuser d’ajouter la dureté sociale à la dureté de la vie. C’est refuser l’inutile en plus de l’inévitable. C’est refuser l’injustice qui pourrait être évitée.
    Oui, cela implique un combat social et politique, car ceux qui détiennent une position socio-économique favorisée ne veulent pas lâcher leur positionnement. Et cela ferme leur coeur. Après, j’ai du mal à prier pour simplement réparer les dégats de telles politiques !
    Alors, je prie quand même, mais je continue aussi de penser…

  13. Votre désignation en tant que « chrétiens engagés à Gauche », je la trouve un peu molle. La Gauche, c’est une auberge espagnole. En tout cas, pas un courant politique défini. On y trouve indifféremment des anti-capitalistes et des néo-libéraux purs et durs. Et même parmi les anticapitalistes, les projets de société peuvent différer du tout au tout. Ainsi : Productivisme ou décroissance?
    La raison d’être de la Gauche, c’est de permettre le rassemblement des forces politiques le plus large possible pour gagner aux élections. Mais une fois le pouvoir conquis, que fait-on concrètement?
    Etre « chrétien de Gauche », consiste-t-il donc à voter aveuglément, – automatiquement et sans réflexions préalables -, pour des candidats « de Gauche » aux différentes élections? Moi ça me pose problème. Je n’ai pas l’esprit partisan.

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