Charlie : si on osait la laïcité ?

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Dans tout pays libre, il est possible de lire la presse de son choix  mais la caisse de résonance  des réseaux sociaux impose la lecture de certaines « unes » comme celle de Charlie Hebdo de cette semaine. Voici la réaction de Patrick Pique.

A vrai dire je n’aurais pas vu cette « Une » anniversaire si elle n’avait pas été déversée sur les réseaux sociaux, ce qui m’a obligé à la voir et à la regarder – et donc à la subir – alors que rien ne m’oblige à acheter Charlie Hebdo. Charlie que j’avais soutenu il y a un an, au moins autant pour ce que ce journal représentait que pour ce qu’il lui était arrivé. (cf. le billet publié sur ce blog).

Que dire de ce dessin ?
Visiblement, son auteur a oublié au nom de qui ses agresseurs l’ont attaqué il y  a un an pour désigner un autre bouc-émissaire. C’est une réaction typiquement humaine lors d’une grande souffrance. Elle pourrait même être celle d’un authentique homme de foi, déçu dans sa relation à son Dieu et qui lui crie ainsi toute sa douleur et son chagrin*, un peu comme le psalmiste : « Des profondeurs, je crie vers Toi, Seigneur ».
Mais cette « Une » va sans doute au-delà de l’expression d’un chagrin et d’une souffrance. Elle est peut-être aussi l’expression d’une idéologie, antérieure aux attentats de l’an passé et dénoncée par René Poujol : la volonté de quelques-uns de réduire nos valeurs républicaines à leur propre religion : celle du blasphème.
Que le blasphème soit leur croyance, l’alpha et l’oméga de leur pensée est tout à fait respectable en soi, car nous sommes une République laïque. Ce qui pose problème c’est de vouloir l’ériger en dogme, en vérité première, en loi d’airain, un principe à inscrire dans la Constitution de la République.
Or la République est ainsi définie par la Constitution dans son article premier : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »
La République laïque permet à chacun de vivre librement sa religion ou son absence de religion, sans imposer la sienne aux autres.

Alors cette « Une » de Charlie est-elle républicaine ? Faut-il ajouter de la souffrance à la souffrance ? De la division à la division ? Est-ce que donner une image dévoyée de Dieu dans un dessin comme le font par ailleurs les extrémistes ou intégristes va permettre la diffusion de l’image du Dieu miséricordieux comme le fait sans relâche le pape François ? Charlie/François, même combat ? J’en doute…
Qu’il soit donc permis au moins de s’interroger alors que la grande majorité des Français n’aspire qu’à une chose en ces temps troublés : vivre en paix.

Alors, si on osait la laïcité ? En méditant ce propos de Jean-Claude Guillebaud : « Les caricaturistes survivants, comme les chrétiens que nous sommes devenus, devraient se méfier conjointement d’un retour du sacré. Soutenir lucidement le nouvel hebdo sacralisé, c’est – aussi – le critiquer quand cela le mérite, quitte à blasphémer en prenant au mot sa vulgate. »

* N’oublions pas le drame épouvantable, indicible, qui a été vécu il y a un an et je ne regrette rien de ce que j’ai écrit alors. De même, je reste un lecteur assidu des chroniques écologistes de Fabrice Nicolino. Ne serait-ce que pour ces chroniques, l’existence de Charlie Hebdo est salutaire et il est regrettable que ce journal cherche continuellement à faire le buzz par un anticléricalisme primaire dépassé et déplacé…

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27 réflexions au sujet de « Charlie : si on osait la laïcité ? »

  1. Comme vous et comme beaucoup je les ai défendus, mais ils dépassent maintenant les bornes des limites. Ils font le lit des chrétiens extrémistes qui écoutent les sirènes du front national, bravo, belle réussite. Et ils diront qu’ils les ont ainsi fait sortir du bois et se congratuleront pour cela. Ils ne veulent pas du vivre ensemble mais juste du vivre entre eux ou quoi ? Il faut qu’ils m’ expliquent.

  2. Merci Patrick, je me reconnais bien dans ce post. J’entends, depuis hier, nombre de mes amis m’expliquer qu’il faut savoir lire cette couverture au second degré, que ce qui y est caricaturé n’est pas Dieu lui-même mais la caricature de Dieu que nous dénonçons nous-même.

    Comme toi, je conteste moins le dessin lui-même que cette obligation morale qui nous est faite de toutes parts de ne la lire qu’au second degré. Pour avoir dirigé pendant dix ans un journal grand public je ne supporte plus cette forme de condescendance des médias et du monde intellectuel vis à vis de celles et ceux qui ne seraient pas capables d’accéder à ce «vrai» niveau de lecture et s’en tiendraient au premier degré : ces «pauvres d’esprit». Mépris de classe ?

    Dénoncer la permanence d’un Dieu caricatural «qui court toujours » permet par ailleurs, dans cette couverture, par le choix du graphisme, un bel amalgame avec le Dieu des chrétiens et des juifs dont on ne sache pas que ce soit aujourd’hui en son nom qu’on ait massacré à Charlie Hebdo ou à l’Hyper casher. Tout cela conforte dans l’opinion, le sentiment d’un lien non discutable et criminel entre violence et religion et développe un climat favorable au lent grignotage des libertés religieuses au nom d’une prétendue lutte contre l’obscurantisme. CQFD.

    Est-il du ressort de l’Etat de juger de la pertinence des croyances religieuses des uns et des autres au point de donner mission officielle à Charlie d’allumer les contre-feux idéologiques ? Ne pourrait-on laisser les communautés religieuses autogérer leurs croyances ? Ne voit-on pas combien tout cela nourrit «l’insécurité culturelle» décrite par Laurent Bouvet et fait le lit du Front National ? L’aveuglement et l’entêtement d’une « certaine gauche » sur ces sujets tient du suicide politique.

  3. Glosons encore une fois !
    Les hiérarques des religions s’offusquent de cette caricature de Charlie. Il fallait s’y attendre.
    Mais à bien y regarder, Dieu, lui, il ne cause pas. Jusqu’à ce jour ni moi ni personne d’autres n’a entendu le son de sa voix. C’est à se demander si ce mythe existe ? Par contre tous ceux qui croient en son existence, et ils sont légions, ne se privent pas de le faire parler. Et même de parler en son nom, pour ceux qui sont investis de prétendus pouvoirs de parler à sa place. Tout ça ressemble un peu à ceux qui font tourner les tables et font ainsi parler les morts.
    Plus simplement : Si nous voulons éviter l’installation de crises majeures, d’où peuvent surgir de nouveaux Hitler,Staline, Mao ou ben Laden porteurs de haine et de barbarie, il nous faut d’urgence instaurer de nouveaux rapports humains de SOLIDARITE.
    Je ne crois plus en cette divinité qui serait sensée détenir les clefs de notre salut et qui malgré les prières de toutes sortes de ses différents adeptes reste sourde aux suppliques. C’est aux hommes et aux femmes de ce temps d’arrêter cette loi de la jungle qui n’engendre que chaos et violences et le destruction de notre environnement.
    Qui va se lever dans cette humanité déboussolée pour mobiliser hommes et femmes par lesquels viendrait le salut …Un président, un leader politique, un leader religieux, in inconnu qui sera crédible et soulèvera l’enthousiasme de ce temps ?
    Notre génération marche les yeux bandés. Pour l’instant je ne perçois pas les prémices d’un renouveau; mais l’espoir demeure et si une nouvelle humanité solidaire et harmonieuse est toujours possible, FAISONS-LA ! et ELLE SE FERA !
    Mais ce que je dis là et rien c’est peut-être la même chose ! J.BARBU

    • Dieu  » ne vous a jamais causé  » .. pourtant Dieu communique avec qui veut bien l’entendre ? De fait votre affirmation : ni aux autres… qu’en savez vous puisque vous semblez malentendant à sa Parole ! Encore que : Vous » ne croyez plus en cette divinité .. ( j’en déduis que ce ne fut donc pas toujours le cas ? )  Le verbe croire est impropre même s’il est du langage courant – le verbe croire sous entend le doute – hors je vous l’assure il n’y a pas de doute Dieu est, j’en suis témoin… comme des légions d’Humains depuis le premier il y a des millions d’années qui déjà inhuma ses morts et les confia à plus Haut. Donc selon vous il faut instaurer des nouveaux rapports sociaux …. Mais ils existent ce sont ceux que vous réfutez… et ce sont justement tout ceux qui les réfutent dans leur cœur qui sont coupables d’ignominies, parce que Dieu Lui n’a jamais dit à personne d’aller assassiner même il a ordonné tout le contraire. J’espère que vous retrouverez le chemin de la Foi afin que vous ne marchiez plus les yeux bandés qui vous empêche de voir cette humanité solidaire et harmonieuse dont vous rêvez

    • « Qui va se lever » dites-vous ? Je continue à croire qu’il s’est déjà levé et que son nom est Jésus…

  4. Ce Dieu assassin qui court toujours, ce n’est pas un blasphème perpétré par Charlie !
    C’est précisément celui au nom duquel les islamistes continuent de donner la mort. Ne vous trompez pas de cible. Charlie n’impose aucun dogme, ne revêt aucune sacralité. Il continue sur sa ligne impertinente, tout simplement.

    • François Hollande a prononcé de très beaux mots lors de son allocution en hommage aux victimes aux Invalides : « un Dieu qu’ils ont trahi ».
      Même si François Hollande est éloigné du fait religieux, son expression est juste contrairement à la caricature de Riss qui repose sur un faux concept, celui du « dieu assassin ».
      A ce sujet je vous propose la lecture de cet article d’un historien des religions et spécialiste de l’histoire de l’iconographie religieuse et qui explique que Riss est plus violent que les anticléricaux du passé (et faut-il rappeler que Wolinski n’était pas d’accord avec cette ligne dure…) : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Une-de-Charlie-Hebdo-un-dessin-tres-equivoque-estime-Francois-Boespflug-2016-01-05-1400201

    • mais nous ne nous trompons pas de cible, d’ailleurs vous constaterez qu’aucun magazine oriental n’a fait sa couverture avec Christ à poil en train de sodomiser un petit nègre, alors osons le dire quand on pousse trop l’arrogance il ne faut pas s’étonner à prendre une bonne claque, et moi qui ne suis pas un veau et qu’on ne mène pas par le bout du nez je vous le dis charlie c’est un torchon puant.

  5. Une belle réaction pertinente et mesurée. Plus que moi en tous cas. Il y a des fois ou j’ai trouvé les dessins de Charlie amusants ou pertinents (à commencer par celle après les attentats). Mais cette fois, c’est raté, et aujourd’hui non plus, je ne suis pas Charlie.
    Je sais d’expérience que se faire tirer dessus ne fait changer les gens. Charlie n’échappe pas à la règle et reste égal à lui-même : un brin d’anarchisme (et une dose de people) et plus antireligieux que défenseur de la laïcité.
    Dans ce dessin, comme dans d’autres hier, aujourd’hui et demain, Charlie abuse et profère une critique aveugle du religieux qui fait l’économie d’une analyse sérieuse. Ce n’est sans doute pas cela qui fera avancer le « vivre ensemble ». Il participe à tentation de certains d’ériger en dogme leur critique antireligieuse (comme le dit bien Patrick).
    Mais Charlie doit-il être sérieux ? être pris au sérieux ? pas forcément, d’autant que leurs outrances peuvent amuser aussi des gens que j’apprécie. Alors puissent-ils continuer en paix tant qu’ils (et qu’on) me laissent aussi le droit de les critiquer

    • Mettre les points sur les « i ». Alerte. Oui, beaucoup s’enflamment à propos de la une actuelle de Charlie-hebdo, et – je pèse les mots – la prennent pour cible, se hâtant d’ y voir l’expression de l’idée fixe qu’ils se font de l’ « esprit-Charlie »: antireligieux, profanateur, nihiliste. A cela il faut opposer, à nouveau, un peu de réflexion, et de l’argument. Riss exprime pas, dans ce dessin, sa conception de dieu. L’intérêt d’un dessin – caricature ou pas – est de donner à voir quelque chose, de faire saillir des traits caractéristiques d’un être, d’une situation, d’une pensée. Riss nous donne à voir et concrétise l’idée d’un dieu qui, dans l’esprit de certains, est supposé leur commander de semer la mort, de refuser le droit de vivre à ceux dont l’idée de dieu diffère de la leur, voire à ceux que cette idée indiffère. Cette idée, cette représentation court depuis longtemps; elle court toujours. On est fondé à penser que cette représentation d’un dieu de mort est, pour le moins, « inadéquate ». Le problème, qui, encore une fois, n’est pas, on le sait bien, d’aujourd’hui, est que dieu est le nom d’un inconnu et d’un inconnaissable, et que, du coup, il peut servir à justifier tout et son contraire, le meilleur comme le pire. Alors je propose de prendre ce dessin comme une occasion de s’interroger sur une responsabilité bien particulière à laquelle nul n’échappe, au fond : si, et quand on prononce le nom de dieu, c’est pour quoi dire et pour quoi faire ?

      • Ah bon, finalement Riss fait de la nouvelle évangélisation sans le savoir… Désolé, je ne vois pas en quoi ce dessinateur a fait avancer la connaissance de Dieu ou du fait religieux. Riss est un athée militant tout en pensant être laïque. C’est l’origine de tous les malentendus.

      • Habile, votre réponse, et rusée ! Merci de lire simplement ce que j’ai écrit : je ne fais pas de Riss un évangélisateur sans le savoir – l’expression a d’ailleurs quelque chose de douteux. J’ai écrit : son dessin donne à voir la représentation que certains se font de leur dieu, à savoir un dieu qui leur commanderait de semer la mort. Et voilà pour ce que fait le dessinateur. Maintenant que faisons-nous de ce dessin ? Je pose ici la question de la responsabilité de celui qui regarde, de celui qui lit etc. Responsabilité du sens, en quelque manière, au pluriel – puisqu’il serait imprudent de revendiquer la possession Cela exige autre chose que le soupçon ou la répétition d’opinions figées qui dispensent de réfléchir. En l’occurence, ici, si je nomme dieu, c’est en quel sens ? Si j’agis en invoquant, c’est pour faire quoi ? En régime laïque, on a le droit d’être un athée militant. Opposez-lui les arguments solides d’un croyant convaincu. La laïcité c’est un régime juridico-politique qui se fonde sur la légitimité de la pluralité, et qui préserve et garantit la possibilité de la discussion. C’est un pari sur l’intelligence des gens, leur capacité de réfléchir..

      • Réponse habile de Patrick Picque ! Libre à lui de penser que Riss fait de la nouvelle évangélisation sans le savoir – encore que l’expression est douteuse. P. Picque interprète ironiquement une des intentions « possibles » du dessinateur. Sur les sens de son dessin, chacun prend la responsabilité d’une interprétation, et là la palette est extrêmement variée. Mais le dessin lui-même, que donne-t-il à voir ? Un dieu de mort, celui qui court toujours dans la tête de ceux qui ont agi en janvier et en novembre 2015. Maintenant, nous autres, si et lorsque que nous parlons de dieu, c’est en quel sens, et c’est pour agir de quelle manière ? Ce sont des questions que nous avons la liberté de nous poser à partir de ce dessin, c’est-à-dire choisir de porter le sujet dans la perspective d’une réflexion, et de le sortir de l’invective, de l’accusation, du soupçon. La laïcité est un régime politico-juridique fondée sur un principe somme toute philosophique : la pluralité des pensées est légitime, et indépassable. La laïcité consiste à garantir, à entretenir cette pluralité, et, s’il le faut à combattre pour la maintenir. Dans un tel régime on a parfaitement le droit d’exprimer le point d’un athée militant. Ne vous en plaignez pas : cela vous permet d’y opposer les arguments solides d’un croyant convaincu. Rien n’interdit, d’ailleurs, de militer pour le dialogue…

  6. Si nous voulons tous réussir à vivre ensemble, il y a cette petite règle d’ or, qui consiste à ne pas faire à autrui ce que l’ on ne voudrait pas que l’ on nous fasse à nous-mêmes. Les Charlie veulent se marrer. Juste ce marrer. OK. Mais, quand ils trouvent que Jésus, ce philosophe de gauche, choisi comme modèle à imiter par beaucoup, exemplaire en ses comportements, n’ est rien, ni personne, quedal, qu’il compte pour du beurre, seraient-ils contents qu’on les oblige à étudier cette vie là, qu’on leur mette sous le nez, et sous les yeux, chaque jour, des dessins de chrétiens fervents, bigots, voire radicaux, sur des unes de journaux, et autres affiches, en un mot en faisant du prosélytisme acharné pour le christianisme , est-ce-que çà leur ferait plaisir ? Les Charlie sont des militants de l’ athéisme, en se disant des militants de la laïcité. Les musulmans ont vu leur Dieu trahi, et les croyants convaincus, dans chaque autorisée par la laïcité, ne sont pas des terroristes, mais ils se sentent terrorisés par les dessins outranciers de ceux qui, en simples gamins qu’ils sont, n’ entendent pas les leçons, qui peut-être auraient été comprises par ceux qui sont tombés sous les rafales. Ils auraient peut-être besoin de grandir un peu, un tout petit peu.

    • Excusez moi il fallait lire…….  » les croyants convaincus, dans chaque RELIGION autorisée par la laïcité, ….. »

    •  » Les Charlie sont des militants de l’ athéisme, en se disant des militants de la laïcité  » écrivez-vous ! ….. bof… ce sont des surtout couillons. mais quelque part je leur en veux parce qu’il me paraissait tellement naturel que la Foi n’est pas intellectuel, mais amour et que ainsi  » heureux le simple d’esprit le royaume des cieux lui appartiendra  » ce verset qui me semblait contenir tout l’amour de Dieu et bien je leur en veux et à tous ceux qui leur ressemble parce qu’ils m’ont fait découvrir que ce n’était pas vrai, le royaume des cieux n’appartiendra pas aux simples d’esprit…

      • il n’appartiendra pas aux simples d’esprit parce qu’ils n’en veulent pas

  7. Je suis quand même frappé de la proximité des arguments entre musulmans et catholiques… la seule différence, et elle compte bien sûr, c’est le niveau de la réaction. Moi je suis athée, mais travaille dans une organisation catholique, personne, je dis bien personne, n’a réagi au dessin de Charlie, ni à celui-ci, ni aux autres. J’ai tendance à penser que si votre foi se trouve bousculée par un dessin 2 ou 3 fois par an d’un journal relativement peu lu, hé bien votre foi n’est pas bien solide… Je rajouterai même que si ce dessin vous choque plus que les milliers de morts dus aux guerres, aux catastrophes ou plus que les millions de pauvres, si ca vous choque plus que les inégalités qui s’aggravent sans fin (qui provoquent bien moins d’articles)… je me demande bien à quoi sert votre foi, je veux dire à quoi sert votre foi à l’humanité ? La réponse, je la connais en partie puisque je les côtoie ces catholiques qui agissent (mais ne passent pas leur temps à s’offusquer…). Désolé du sarcasme sous-jacent mais j’avoue que ces débats commencent à me courir, et en tant qu’athée, ca me donne envie de blasphémer, alors que je n’en ai pas spécialement envie à la base.

    • Eh bien ça fait causer dans le poste cette histoire… Je partage entièrement cette analyse
      de Xénomorf et au grand dam de ceux qui s’offusquent de ces caricatures, comme je l’ai dit plus avant: Dieu ne m’a jamais causé…Mais je suis très malentendant…C’est un effet de l’âge …J.B.

    • Xenomorf, je ne suis pas choquée, ni offensée du tout, ni bouleversée. Ce n’ est pas çà. Etant dans les actifs aussi, je suis juste embêtée d’ entendre depuis quelques mois certains croyants convaincus ( ce peut être une foi de charbonnier, il n’ y a bien sûr aucun souci avec celà ) certains croyants , qui puissent, à cause de la défense du petit libre-arbitre de quelques libres penseurs, qui puissent donc déraper et dériver vers le front national.

    • @ Xenomorf :Où voyez-vous que je suis choqué dans ma foi ? Qu’est-ce qui vous permet de classer les catholiques en deux catégories, ceux qui croient et ceux qui agissent. Vieille question traitée par Jacques ; « de même que le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte. »
      Qui êtes-vous pour envisager que je ne suis pas choqué par les inégalités ou autres drames humains ? Lisez-donc davantage ce blog et ce que j’y écris ou le mien, cela vous évitera de donner dans le jugement facile et surtout erroné, comme celui de Riss sur les religions finalement…

  8. Juste, là, pour dire que, si j’ai répondu deux fois à Patrick Pique, c’est que je croyais que la première réponse avait disparu à la suite d’une erreur de manip ! Merci de m’en excuser.

    • @ Labey Gildas : une réponse habile et rusée, dites-vous ? Il le faut bien lorsqu’on est comme la brebis au milieu des loups…

  9. A M; Pique : vous avez parfaitement raison, je fais à dessein une généralisation abusive, d’autant que je suis bien placé pour savoir que les cathos s’engagent beaucoup, et en silence bien souvent. Je trouve juste dommage que le curseur soit de plus en plus déplacé, en raison de la susceptibilité d’une minorité. Les horreurs proférées par le Cardinal Sarah sont bien plus dommageables à mon sens pour l’idée de Dieu que 2 ou 3 dessins par an. En outre, d’un point de vue « intellectuel », la France est un des rares pays à s’autoriser cette liberté (ou ces stupidités, ça dépend du point de vue bien sûr), et il me semble que ce n’est pas une mauvaise chose.

  10. Ping : Soutenons l’observatoire de la laïcité | A la table des chrétiens de gauche

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