On ne peut pas accepter qu’un évêque invite Le Pen

Session de réflexion au reposoir, 2009


La politique, une bonne nouvelle, session « Engagement et vie personnelle » au Reposoir, 2009. [pour les curieux, au second plan, ce sont mes enfants]


L’engagement politique des jeunes est en train de devenir un marronnier de la rentrée. L’an dernier, la polémique nous avait opposé à l’abbé Grosjean et à ses propos particulièrement réducteurs, considérant que tous les jeunes (bons) catholiques soutenaient la Manif pour Tous. Cette année, c’est de Toulon que vient l’évènement (révélé par La Vie), quand une association para-diocésaine invite la petite-fille Le Pen.

Doit-on vraiment être surpris que ce soit le très conservateur Mgr Rey qui soit le premier à briser le cordon sanitaire que l’épiscopat français avait de fait établi face au FN ? Vincent Soulage revient sur ce paradoxe : les catholiques d’ouverture ferment la porte au FN tandis que les tenants d’un catholicisme identitaire sont de plus en plus réceptifs à l’extrême-droite.

Le mois d’aout est propice aux rassemblements, y compris à ceux qui s’adressent aux jeunes catholiques soucieux de s’engager dans la vie sociale et/ou politique. Et dans ce domaine, comme dans beaucoup, on voit s’opposer les deux pôles du catholicisme, l’identité et l’ouverture (comme je l’avais expliqué à l’automne dernier).

Encore le clivage ouverture / identité

C’est derrière l’association « La politique une bonne nouvelle » (PBN) que se retrouve la grande majorité des mouvements catholiques d’ouverture[1]. Les années paires est organisé une grande université d’été au centre jésuite de La Baume-les-Aix (j’ai suivi la première en 1996). Les années impaires, une session plus réduite au Reposoir (en Haute-Savoie, j’ai organisée la première en 2011) permet à des gens plus avancés dans la vie de relire leurs engagements, en famille le cas échéant. Le programme (autour de « Chrétiens dans les débats politiques d’aujourd’hui ») est centré sur des échanges entre participants, pas sur des enseignements venus d’en haut.

Du côté des tenants de l’identité, c’est (encore une fois) au diocèse de Toulon que revient l’initiative, avec son observatoire socio-politique. Pour sa 5ème université d’été à la Sainte-Baume (heureuse homonymie, dont je ne peux croire qu’elle est eu seulement due au hasard), il a comme partenaire le très conservateur hebdo Famille Chrétienne et l’association Liberté Politique (nouveau nom de la Fondation de Service Politique, bien connue pour son insertion au cœur du conservatisme catholique[2]). A observer la liste des intervenants, S Renucci[3] fait vraiment figure d’alibi de gauche pour équilibrer face à la venue de M Maréchal-Le Pen.

Par cette invitation, l’évêque de Toulon Mgr Rey a pris la responsabilité de couper le cordon sanitaire qui séparait le FN des catholiques (comme l’expliquait Jean-Louis Schlegel sur France Inter ce jeudi 27 aout au matin). Que toute une frange du catholicisme soit proche de l’extrême-droite, c’est une permanence historique. Mais depuis longtemps l’épiscopat s’était soigneusement tenu à distance d’un parti aux valeurs bien peu évangéliques. Pourtant, après avoir longtemps résisté aux sirènes lepénistes, les catholiques pratiquants (jeunes comme moins jeunes) votent en nombre croissant pour le FN, à l’instar de l’ensemble de la société française. Il faut donc bien se l’avouer, la stratégie de dédiabolisation du FN a réussi.

Islamophobie et conservatisme social, le ticket gagnant

En virant le vieux patriarche, la fille Le Pen continue à faire croire qu’elle est fréquentable. Et électoralement, son discours attire, malheureusement (comme dans beaucoup d’autres pays européens). Pourtant, derrière les précautions oratoires des leaders, on voit bien que le terreau du FN (au moins de ses militants) reste celui d’une France hyper-conservatrice, raciste et homophobe ; les dérapages de ses candidats locaux le prouvent régulièrement. Et c’est justement en jouant sur ce double ressort, islamophobie et conservatisme social, que le FN arrive à séduire un électorat catholique.

Les débats autour des questions sociétales (mariage homosexuel, euthanasie, GPA…) ont bien montré que les catholiques sont bien plus prudents (ou conservateurs, selon le point de vue) que les non-croyants, et ce par-delà leurs opinions politiques. Le pouvoir socialiste n’a pas été très doué pour permettre sur ces sujets le vrai débat de société qu’elles nécessitaient, ni même pour afficher clairement ses intentions. C’est ce qui a fait le lit de LMPT et alimente les rumeurs parfois délirantes qui agitent la cathosphère/droitosphère.

Appel de Valeurs Actuelles : Touche pas à mon église !

Parallèlement, il n’est pas facile d’accepter que notre confession soit devenue minoritaire en France tout en restant globalement mal-aimé dans les médias (alors qu’on prend plus de précautions avec l’Islam ou le judaïsme). La cohabitation inter-religieuse pourrait se passer sereinement si certains, à droite, n’agitaient pas des chiffons rouges comme la récente pétition ridicule refusant qu’on transforme les églises en mosquées[4] (personne ne le veut à de très rares exceptions).

Ces maladresses rejoignent malheureusement le discours sur les « points non négociables » qui font des sujets sociétaux les critères quasi-exclusifs du choix politique des catholiques. Cette logique, bien vue à Rome (au moins jusqu’à l’élection de François), délaisse la doctrine sociale (sans doute considérée trop à gauche) et conduit à couper mécaniquement les catholiques du camp de la transformation sociale.

Le cordon sanitaire est brisé

Bref, droite comme gauche poussent les catholiques conservateurs dans les bras du FN justement au moment où celui-ci police son discours. Jeter des ponts avec le FN était jadis le fait de groupes marginaux du catholicisme ; la tentation de l’extrême-droite l’atteint désormais en son cœur. Sans doute la position de Mgr Rey, qui fait du FN un interlocuteur valable, est-elle minoritaire dans l’épiscopat, mais on peut être sûr que jamais les évêques ne désavoueront l’un des leurs. Surtout que ce serait inutile tant le très individualiste Mgr Rey a déjà prouvé, par le passé, son désintérêt pour la collégialité épiscopale[5]. Au moins la CEF s’est-elle désolidarisée de l’initiative par le biais d’une déclaration à l’AFP [6].

Une partie des catholiques apprécieront ce choix. Notamment parmi les jeunes pratiquants, qui apparaissent comme très à droite (dixit J-L Schlegel). Mais nous sommes également nombreux à en être choqués et à continuer à considérer qu’on ne dialogue pas avec l’extrême-droite, on la combat. A l’exemple de notre ami Philippe Clanché qui a déjà réagit avec vivacité et pertinence, ou du communiqué de Témoignage Chrétien. Les échanges de commentaires sur l’article de La Vie (accès réservé aux abonnés) reflètent bien cette polarisation qui marque les catholiques comme le reste de la société.

Et je me prends à rêver d’une évolution à l’italienne, ou les héritiers du communisme, du socialisme démocratique et de la démocratie chrétienne arrivent à se réunir face à l’alliance de la droite ultralibérale et des ex-fascistes. Bref un bloc PCF-PS-écolo-Modem (ce qui s’est fait par exemple à Lille) versus Sarkozy-Le Pen. Mais est-ce bien réaliste ?

[1] Je rappelle que derrière ce terme désigne un ensemble de mouvements qui sont loin d’être tous de gauche. La session est ainsi co-organisée avec les réseaux jésuites (RIJ, CERAS) mais aussi JOC, Mission de France, CCFD, Fondacio, MCC, Scouts et Guides de France…

[2] Même Le Figaro le dit : http://www.lefigaro.fr/politique/2010/11/01/01002-20101101ARTFIG00514-les-conservateurs-catholiques-veulent-peser-en-2012.php

[3] Qui n’est d’ailleurs plus au PS depuis longtemps contrairement à ce qu’indique le programme.

[4] Lancée par le très droitier Valeurs actuelles, l’appel est notamment signé par Nicolas Sarkozy, Eric Zemmour et Alain Finkelkraut.

[5] La création même de l’observatoire socio-politique, piloté uniquement depuis son diocèse et avec des positions bien à lui, montre la dimension personnelle de son action.

[6] Selon le Secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France (CEF), Vincent Neymon, l’université d’été de la Sainte-Baume « ne saurait engager l’ensemble des évêques de France » (27 août 2015).

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45 réflexions au sujet de « On ne peut pas accepter qu’un évêque invite Le Pen »

  1. Je ne pense pas être d’accord avec une seule proposition du FN mais ce parti politique a une légalité et des élus qui contribuent à la gestion des collectivités. Dans ces conditions il me semble qu’il vaut mieux les « affronter » que les ignorer ou les diaboliser et je ne vois, ni mal, ni danger à ce que des débats s’instaurent et il ne faut pas prendre les chrétiens pour des crétins ou des gogos qui tomberont dans les bras du FN sous prétexte qu’is rencontreront des membres de ce parti. Par ailleurs, il me parait important de noter que ni la diabolisation, ni le cordon sanitaire ont servi à quoique que ce soit. Leur programme est mauvais débattons en.

    • Je comprend très bien votre position, et je pourrai la rejoindre si l’invitation ne venait pas de l’institution catholique elle-même. Que le FN soit invité dans les médias est normal compte-tenu de ses scores électoraux, et il faut lui apporter la contradiction. Mais qu’un évêque l’invite (car c’est bien lui à travers l’OSP) est le signal d’une normalisation, d’une sorte de légitimation, alors qu’au contraire on s’échine à expliquer aux catholiques qu’il ne faut pas voter FN.

  2. A toute la droite qui nous accuserai d’être intolérant en refusant de dialoguer avec le FN, je rappellerai que la JOC avait en 1974 été la cible de propos violent lorsqu’elle avait invité G Marchais à un rassemblement. Et cette collaboration (extrêmement rare) entre chrétiens et communistes n’a jamais été bien vue par la hiérarchie. (et je ne fait aucun rapprochement entre PCF et FN)

  3. En postulant qu’il y ait intention côté évêché de dialogue, comment ce dernier peut se réaliser avec lebattage autour de cette manifestation, avec mise en relation d’une chef de file frontiste « seule » face à des catholiques venus à cette Université d’été ?
    Sacrément assymétrique…

    • Je conclue de votre commentaire lapidaire que pour vous, la gauche signifie la destruction ? Je vais donc être charitable et prier pour que votre prochain commentaire soit plus consistant voire plus intelligent.

      • Conclusion: si je comprend bien à la table des chrétiens de droite on ne bouffe pas si on n’a pas dit le benedicite et on ne sort pas de table sans avoir récité les grâces ! Merci petit Jésus !

      • Je ne sais pas qui a inventé les concepts de chrétiens de gauche et les chrétiens de droite (je suppose encore les médias!). En tous cas, je trouve ça absurde! Nous sommes tous chrétiens avant tout malgré les diverses sensibilités aussi respectables les unes que les autres. Le Christ nous demande pas d’être de gauche et de droite car cela ne signifie rien pour lui mais d’aimer Dieu de tout son être et de tout son cœur et d’aimer son prochain comme soi-même.
        Sinon, le bénédicité est une louange pour les biens que Dieu nous offre.

    • Grâce à Dieu, l’Eglise est représentée par des individus, parmi et au-delà des dénominations et des systèmes humains. Ces personnes constituent le Corps du Christ. Et Il est indestructible.

  4. 1. Je ne suis pas choqué que MMLP soit conviée (dans le cadre d’une table ronde, non d’une formation, ou d’une prise de parole sans débat de type meeting). ET je suis heureux que la CEF ait, non pas pris ses distances (Olivier Ribadeau-Dumas n’a pas l’air choqué par l’initiative), mais marqué que c’est une initiative d’un groupe local qui ne marque pas un virage politique de l’Eglise.

    2. Je suis choqué en revanche d’un article dont l’auteur se contente de jeter l’anathème sur tout ce qui n’est pas lui, et rêve en conclusion à un monde encore plus polarisé. La politique à l’italienne, rêve des croyants ?

    3. Un bloc PCF-PS-écolo-Modem ? Mais ouvrez-les yeux ! Les écolos des Verts sont en train de faire sécession de ceux qui ont capturé l’écologie au service d’une idéologie d’extrême-gauche, dont je vous rappelle qu’elle a été reçu les mêmes condamnations que sa soeur ennemie.

    4. « On ne dialogue pas avec… on la combat » ? Si la méthode de combat politique que vous proposez est l’anathème et non une lutte qui nourrit l’intelligence, votre combat est vide, car vous utilisez les mêmes armes que l’adversaire.

    5. Votre scission entre d’ouverture et d’identité est stérile. Qui promeut aujourd’hui la DSE ? Quelques jésuites ? Non, la communauté de l’Emmanuel, pas franchement classée à gauche, avec les parcours Zachée.

  5. apprendre à dialoguer, je pense que c’est éviter de s’excommunier a priori. Ainsi, on peut considérer les valeurs qui poussent des cathos à voter FN (faute de mieux sûrement) comme l’attention au plus fragile (l’embryon, l’enfant avec une filiation artificielle…), l’attachement à la transmission (exemple la foi est toujours reçue, c’est un  »ils m’ont dit l’avoir vu ressuscité »)…on peut considérer toutes ces valeurs comme pertinentes, bonnes, chrétiennes

    De même, on peut considérer des valeurs « de gauche » comme la fraternité (ce qui permet à la fragilité d’exister), l’attention aux inégalités (pauvre, rejeté…), à la nature (écolos)…toutes ces valeurs comme pertinentes, bonnes, chrétiennes

    L’enseignement de Laudato sii (pape François!!!!), c’est je crois justement de nous montrer que tout est lié, que la foi porte une extrême cohérence pour appréhender les misères du monde, il parle d’une écologie intégrale (du pillage des pays pauvres à la beauté de la famille comme lieu privilégié d’exercice de la gratuité).

    Aussi je regrette que certains voient dans le réfugié une menace, et je regrette de même que d’autres laissent ressortir la même haine dans l’expression  »cordon sanitaire autour du FN » (point Godwin, on traite l’autre de fasciste et l’affaire est réglée!!!)

    Bref, c’est beau de voir l’engagement de chacun au service de la cité, avoir des éléments plus prononcés selon la sensibilité de chacun. Mais s’il vous plaît, notamment dans ce blog, évitez l’excommunication facile et l’affrontement droite-gauche si rassurant comme schéma de pensée.

    en udp, miel sur vos têtes (cantique des cantiques je crois…j’aime bien comme bénédiction)

  6. Vincent Soulage, Vous tombez toujours dans les mêmes vices par votre création de clivages au sein du catholicisme français. Mgr Rey n’est pas du tout un conservateur et je peux que vous inviter à découvrir le travail de fond fait par l’OSP du diocèse de Toulon et notamment sur les questions économiques. Inviter Marion Maréchal-Le Pen, ce n’est pas adhérer à ses idées mais se donner la possibilité du dialogue. Fuir la possibilité d’un échange n’est pas la solution, non plus! Mgr Rey a dit:

    « Le FN, qu’on le veuille ou non, fait partie du paysage politique français, surtout dans le sud de la France. Ce parti représente 30 % de l’électorat français, et à Fréjus, il dirige la ville. On ne peut pas ignorer cette réalité. Il faut créer un dialogue, un débat, duquel le FN n’est pas exclu. L’Église n’est pas là pour rassembler des gens qui pensent comme elle. Nous invitons souvent, à l’OSP, des gens qui ne sont pas chrétiens. J’inviterai sans problème une personnalité d’extrême gauche! » Mgr Dominique Rey, évêque du Diocèse de Fréjus-Toulon.

    Donc si l’année prochaine, il invite Jean-Luc Mélanchon ou Pierre Laurent, vous le traiterez de gauchiste ou de marxiste et de conservateur repenti? Vous ne trouvez pas que vous tombez dans l’absurde?

  7. Ping : Maréchal… vous voilà ! | René Poujol

  8. Bon, je reconnais volontiers le ton polémique de ma réaction épidermique. Mais il reste que j’ai une divergence profonde avec plusieurs des commentateurs : comme je l’ai dit en conclusion (et merci à René Poujol de me soutenir), on ne dialogue pas avec le FN.

    Certes ce parti est légal et il est normal qu’il participe au débat démocratique, par ex dans les médias. Mais quand un lieu comme l’OSP invite MMLP, on lui donne de fait une légitimité (au moins aux yeux des catholiques) et on en fait un parti comme les autres.
    Or, ma culture politique m’a appris que l’extrême-droite n’est pas un courant comme les autres (d’où le « cordon sanitaire »). Malgré ses précautions oratoires, il reste profondément antidémocratique. Sa présence dans le champ politique a une part de perversité car on vote moins pour ce qu’il dit que pour ce qu’il est (un parti protestataire, anti-système et xénophobe) [NB : on peut faire le même reproches à certains groupes d’extrême-gauche]

    C’est une conviction forte, et je regrette que certains y voient un anathème. Après, oui, hurler au fascisme ne suffit bien sûr pas et il faut bien sûr se poser la question : comment lutter contre ces idées ? Par un travail de fond (et d’intelligence) comme l’a expliqué Philippe Clanché. En cela, nos articles sont, je pense complémentaires. Et tous nous y sommes invités.
    C’est dans le cadre de cette lutte contre l’extrême-droite qui contamine la droite que j’espère une réunion de tous ceux qui refusent le repli sur soi et veulent un progrès social, par delà le clivage classique droite/gauche et la complexité de la situation politique hexagonale (la référence à l’Italie méritait une longue explication).

    Quand à Mgr Rey, je ne le connais que via son personnage publique et ses positions & déclarations qui le classe, selon tous les observateurs, parmi les évêques les plus conservateurs. Cette invitation est donc un désaccord de plus que j’ai avec lui. Et ma réaction est d’autant plus vive qu’elle s’inscrit dans le mouvement plus large de rapprochement entre une partie de la droite et le FN (selon les thèses de Buisson).
    Cette divergence est aussi une des preuves que l’Eglise catholique n’est pas un monde de bisounours mais qu’elle est traversé par des tensions, des clivages, qui ne peuvent être surmontés que si on accepte de les reconnaître. D’ailleurs, une fois encore, je rappelle que les termes « ouverture » et « identité » (qui ne sont pas de moi) ne sont pas des jugements de valeurs, mais la désignation de ce qui est la priorité de chaque pôle (voir mes articles de l’an dernier).

    Et (pour finir sur une petite provocation), j’attend de voir l’OSP invité des responsables d’extrême-gauche ou des défenseurs des études de genre.

    • Je suis aussi si condamne sans concession le FN mais je m’interroge aussi sur ce qui fait que ce parti prenne tant d’importance même auprès de catholiques. C’est pour ça que la fuite en avant n’est pas bonne. Ce sont ausdi à des partis comme le vôtre et les Républicains à se remettre sérieusement en question car à leur égard, l’Eglise a aussi des choses à dire.
      Concernant, Mgr Rey,il fait un travail d’évangélisation comme on ne le vois ailleurs.

    • « on ne dialogue pas avec le FN » Lol ou sont passé donc la paix l’amour la tolérance l’ouverture chrétienne ? C’est quoi la différence entre vous et Staline ou Robespierre ? (j’ai éviter le Godwin notez bien) Entre vous et les inquisiteurs officiels des médias et autres associations antiracistes ? Ne pas dialoguer avec les nazis encore c’est parfaitement normal (étant donné que ceux ci refusent le dialogue et font vraiment l’apologie de la haine et de la violence sans compter les millions de victimes que leur idéologie a causé) mais avec le FN c’est indigne d’une démocratie libérale digne de ce nom Si vous penser que le FN ne peut que mener au fascisme je vous répondrais dans ce cas que le socialisme ne peut que mener au socialisme réel de sinistre mémoire et que derrière chaque croyant se cache un bigot qui croit encore que la terre est plate et que le soleil tourne autour de la terre (tout ceci est pourtant dans vos textes me semble il)

      • Pour quelqu’un qui se plaint de l’intolérance, vous vous situez surtout dans l’invective. Je vous répondrai qu’on ne dialogue pas avec les extrêmes parce que leurs interventions politiques ne sont pas de l’ordre du discours raisonné mais de l’invective, et trop souvent de la haine. On ne peut pas échanger avec l’extrême-gauche quand elle s’enferre dans une haine de classe ; pas plus avec l’extrême-droite, même quand elle essaie de camoufler sa haine de race. Dans une démocratie, c’est mon droit le plus absolu de refuser de dialoguer avec eux dans des espaces privés (je ne parle pas des médias tout public).
        Quand au socialisme, l’histoire a montré qu’ils ont pu être des adversaires particulièrement vigoureux du stalinisme.

  9. Je crois aux vertus du dialogue mais, pardonne moi, la « couleur » écrasante des participants aux rencontres de la Sainte-Baume, depuis des années, est à la restauration d’une chrétienté. Je ne vois guère où est le pluralisme à inviter Marion Méréchal le Pen. Si l’Eglise et les chrétiens ont des questions à poser au FN je ne suis pas sûr qu’elles aient le plus de chances de jaillir de ce rassemblement qui partage avec elle une même sensibilité. Alors oui, j’entends bien que c’est là une initiative locale, mais à ce point médiatisée que nul n’en ignore et que, comme je souligne sur mon blogue, (renepoujol.fr) la compréhension qui en restera sera moins une volonté se dialogue qu’une banalisation.

    • Bien d’accord : on a mal mesuré que le public de la Sainte Baume est en fait déjà acquis aux positions de Mgr Rey. Et que le dialogue revendiqué est en réalité limité par un entre-soi de fait.

  10. le problème des cathos de gauche c’est qu’ils sont bien plus de gauche que cathos et ce blog ne fait que le démontrer Les memes discours, les memes mots que les médias de gauche traditionnel (cordon sanitaire contre le FN racisme islamophobie) Et encore et toujours les memes arguments éculés les memes tartes a la crème (le dialogue la paix l’amour l’ouverture contre la fermeture la guerre l’intolérance) Insinuez vous que les juifs français et les chrétiens d’orient (mais aussi les français lambda qui ont le seul tort d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment) sont intolérants et ne dialogue pas puisqu’ils sont victimes de la fameuse religion de paix et d’amour (la encore je n’ai jamais entendu un musulman pratiquant parler ainsi de sa religion mais sans doute estce mes ignoblespréjugés racistes qui m’empêchent de voir la vérité vérité de gauche bien entendu Vous critiquez la droite conservatrice mais vous avez encore plus de morgue et de certitudes qu’eux (un petit conseil écoutez vous parler relisez vous et surtout prenez bien le temps de réflechir après avoir fait cela)

    • J’apprécie qu’au moins vous soyez lucide sur vous-même et vos préjugés racistes. Vous semblez l’être beaucoup moins sur le FN. A moins que vous ne cautionnez son discours et ses discours qui font de l’étranger (surtout de couleur) l’origine de tous les maux de la France. Les évêques eux ne s’y trompent pas (et ils sont loin d’être tous des rouges).

  11. Alors là ! pour le coup ça cause ! Les LE PEN doivent jubiler… Je ne suis en rien surpris par l’initiative de Rey, comme ses confrères de Bayonne ou de Luçon, il est coutumier de ce genre de provocations. Pas de chance, aux dernières nouvelles, il parait que la Marion Maréchal refuserait l’invitation. Bon ! au moins ça va faire causer, même à la table de chrétiens de gauche. Rey , nous a habitué à la provoc que ce soit sur les francs maçons, sur le téléthon ou le mariage pour tous..(Voyez ce qu’en dit le trombinoscope de Golias).On pourrait dresser la liste de tous ces « fous de Dieu » parfois exotiques sur bien des aspects, qui font de certains diocèses des carrefours de la réaction, avec les petits gris, les ensoutanés de la communauté St Martin, les vierges consacrées, la confrérie des pénitents noirs, avec des prêtres et des séminaristes refusés dans d’autres diocèses…ces sinistres ministres du culte partagent tous avec REY les mêmes idées sur l’Eglise, la famille…Et l’évêque de Toulon sait cuisiner la langue de buis.
    La venue des élections va animer les débats et on n’a pas fini d’être surpris des prises de positions des uns et des autres…Une petite consolation: pour l’instant, l’épiscopat de France
    ne s’engage pas dans ce marigot …

    jules BARBU

    • Elle a tellement refusé que le débat a déjà eu lieu, avec elle. Mais manifestement la réalité vous importe moins que votre délire.

    • Merci Jules de cette position certes engagés, mais que (sans surprise) je partage.Les tensions existent dans le catholicisme français, et vouloir en rendre compte n’est pas stérile (ce dont on m’accuse souvent) mais utile car il nous faut assumer nos conflits pour les dépasser (un jour).

    • Et personne n’en est mort ! Mais peut-être est-ce parce que c’est distribué par un cynique grossiste encarté au FN (le cas a existé rappelez-vous).

  12. Pour le jubilé, le pape François tend une main aux lefebvristes
    Le Saint-Siège a publié mardi 1er septembre une lettre du pape François sur la célébration de l’Année sainte de la miséricorde, précisant l’obtention de l’indulgence jubilaire

    • Ce n’est pas évident. Dans la même indulgence il est question de pardon pour l’avortement. Il me semble au contraire que c’est très finement joué à quelques semaines du synode sur la famille.

  13. Je soutiens résolument les prises de position de Vincent Soulage et de René Poujol et celles de tant d’autres. Il faut savoir se démarquer idées qui sont incompatibles avec nos valeurs et l’Evangile. Merci à eux !

    • Juste un merci, peut-être un peu tardif. Cette polémique montre bien que tous les catholiques ne sont pas sur la même longueur d’onde.

  14. Vous m’avez bien fait rire quand même (bien que le sens de l’humour n’est visiblement pas ce qui vous caractérise) avec votre liste de mouvements « qui ne sont pas tous de gauche » :les réseaux jésuites (RIJ, CERAS) mais aussi JOC, Mission de France, CCFD, Fondacio, MCC, Scouts et Guides de France! Ben si, justement ils le sont tous!

    • Vos préjugés sont également source d’hilarité. L’expérience personnelle autant que les études de sociologie montrent bien que les membres de Fondacio, du MCC ou des SGdF sont loin d’être tous de gauche (sauf si on veut compter tout ce qui est à gauche de Sarkozy).

    • Ces mouvements d’Eglise n’ont pas à être de gauche ou de droite mais être temoins du Christ. De plus le fondement de la gauche était l’anticléricalisme.

      • Cela dépend du sens qu’on met derrière l’expression « de gauche ». Certes, les mouvements chrétiens ne prennent plus de positions partisanes, à de rares exceptions, et c’est le plus souvent heureux.
        Mais on peut constater que les militants de certains mouvements ont une proximité politique avec un camp ou l’autre. Dans ce sens, on peut dire que Famille Chrétienne est un hebdo chrétien de droite, et que la JOC est de gauche (pas mal de ses responsables sont également électeurs voire militants de partis de gauche). Même si la variété règne partout.
        La notion de « chrétiens de gauche » a eu une existence historique bien établie, et même revendiqué puisqu’il s’agissait d’obtenir qu’il ne soit pas interdit à un catholique de voter pour un parti socialiste. L’interdiction est levée officiellement en 1971 seulement, à une époque ou l’anticléricalisme de la gauche s’est très fortement atténué.
        Elle n’est plus vraiment opératoire aujourd’hui, c’est pourquoi je propose les termes d’ouverture et d’identité. Tout en étant conscient qu’ils ne sont pas pleinement satisfaisant, ils sont utiles pour bien comprendre la réalité.

      • J’entends bien votre argument et merci pour la précision historique. Cependant, que telles ou telles personnes votent pour un parti politique, particulièrement, cela n’engage pas pour autant la totalité d’un mouvement dans un parti. De plus, souvent prétendre que tel mouvement ou revue catholique soit de gauche ou de droite est généralement un point de vue extérieur. Et nous savons aussi que les notions de gauche et de droite sont devenues obsolètes car ces 2 alternatives soutiennent et oeuvrent pour les mêmes politiques économiques. De plus, l’Eglise condamne tout autant des positions prises à gauche comme à droite comme elle le fait aussi pour le FN. Être chrétien c’est suivre le Christ pour annoncer sa Parole et avoir sa vision sur l’homme, c’est à dire comme un frère.

  15. « On ne peut pas accepter qu’un évêque invite Le Pen » titre l ‘article.

    En effet la création des « Le Pen  » ne fait sans doute pas partie du plan de Dieu.

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