Minoritaire et alors ?

5208908-directional-signs
Comment définir la gauche et la droite ? Question toujours d’actualité pour hier, aujourd’hui et demain. Ce texte, publié sur le blogue de l’auteur, nous a semblé suffisamment intéressant pour que nous lui demandions l’autorisation de le publier sur notre site. Ce qu’il a accepté volontiers. Le voici : 

La gauche , la droite. comment les définir ?Deux concepts controversés que certains réfutent ou nient prétendant dépasser le clivage droite gauche ou que celui-ci n’existe pas. Cependant, il a une réalité opératoire ne serait ce que par le fait que les gens s’y réfèrent. de même que les associations , les partis politiques et les penseurs. Il agirait même donc si il n’avait pas de réalité concrète dans ce cas. Mais peut-on définir des éléments différenciant la gauche de la droite ?

Tout d’abord, on note qu’il existe une droite et une gauche dans la majorité des pays (non seulement en Europe mais aussi au Japon, en Inde, dans le monde arabe, en Turquie ou en Amérique du Nord et en Océanie). Ce concept né sous la révolution française ne semble donc pas limité géographiquement et est opératoire pour une majorité de français qui se classent politiquement selon un axe gauche-droite. De plus, les forces se disant ni de gauche ni de droite finissent par se classer sur cet axe politique (globalement à droite sauf pour les écologistes).

Une première ligne de fracture semble être justement le rapport à la politique. On peut définir la gauche comme une mystique de la politique. La gauche croit en la capacité de l’action politique collective à changer le monde et à trouver créer des sociétés meilleures là où la droite ne croit pas au collectif (libéralisme) ou croit à un collectif défini comme non politique (national ou religieux ou les deux). Il existe donc une gauche se définissant comme un peuple de gauche (avec des rituels comme le premier mai et des éléments comme le peuple de gauche ).Il existe une histoire en partie mythique de la gauche différente selon chaque pays mais se référant à des concepts communs ( deux exemples (http://www.dailymotion.com/video/xr9cw9_clip-de-campagne-npa-pour-les-elections-legislatives-2012_news et https://www.youtube.com/watch?v=6Oi2Bebu_g8). Celle-ci s’appuie aussi sur des chants ou des grands moments ainsi que des figures partagées. La droite ne se définit pas comme telle (très peu de partis de droite se définissent comme de droite et ils n’ont pas de références communes). Si vous rencontrez un parti  qui n’est ni de droite ni de gauche , c’est à priori un parti de droite (les écolos étant l’exception confirmant la règle). La gauche veut donc dépasser les frontières nationales et religieuses ( les manifestants de la place Taksim chantent bella ciao https://www.youtube.com/watch?v=QZfu_qagC7c ) en créant une fraternité humaine sur la base de valeurs politiques partagées alors que la droite n’y croit pas.

Une seconde ligne de fracture est pour sa part le rapport à la nature humaine. Pour schématiser, la droite croit qu’il existe des normes naturelles et que tous doivent s’y conformer car celle-ci définissent des essences (particulièrement vrai dans le cas de la vision homme-femme mais est aussi vrai pour une partie de la droite dans la vision d’ethnies ayant des qualités et des défauts « naturelles ») ou dans l’idée de choses qui existeront toujours (l’inégalité selon des amis de droite). Même la droite libérale y croit (via le marché). . A l’inverse, pour la gauche ces normes sont construites et doivent être remises en question quand elles sont des facteurs d’oppression et de domination ou encore d’aliénation. Ceci n’étant pas incompatible avec le concept de nature (chez les écologistes notamment) mais en comprenant la nature comme un système en évolution et non pas figé. Enfin, cette vision est aussi liée à une foi qui fut très forte (mais qui s’affaiblit) de la gauche dans la capacité de l’humanité à progresser sur le long terme et à une volonté d’une frange de la gauche de lutter contre tout ce qui est vu comme aliénant la liberté de l’individu (dont d’ailleurs le libéralisme économique mais aussi des notions comme l’autorité).

Enfin, la dernière ligne de fracture est celle de l’égalité. La gauche croit en l’égalité entre les êtres humains et considère les inégalités comme mauvaises et à abolir ou comme permises à condition d’être très clairement justifiées et bornées (Théorie de la justice de Rawles). Au contraire, la droite a une vision du monde hiérarchique (droite légitimiste), se bornant à l’égalité en droit (libéraux) ou encore carrément inégalitaire d’une manière « dure » (fascisme ou nazisme). C’est sur ce critère d’égalité » que le libéralisme s’est scindé entre deux figures comme Benjamin Constant et Tocqueville (le premier de droite, le second de gauche). C’est cette valeur cardinale de la gauche qui permet d’expliquer pourquoi le fascisme et le nazisme ne sont pas de gauche en dépit de leur croyance forte en l’action politique et de leur volonté de détruire les anciennes normes enserrant les individus. Car leur ordre nouveau est quand à lui fondamentalement inégalitaire en son essence même alors que la valeur cardinale de la gauche est l’égalité entre tous et d’une certaine manière la volonté d’extension permanente de l’idéal démocratique.Voilà mes critères.

N’hésitez pas à les critiquer ou à les remettre en question dans les commentaires 🙂

 

 

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s