Libre de le dire ?

A l’issue du Synode National à Sète, l’Église protestante unie de France (EPUdF) adoptait dimanche 17 mai un texte de 4 pages, “Bénir”, ouvrant la possibilité de bénédictions liturgiques aux couples de même sexe. Dès le lendemain, le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) décidait de condamner la décision de ce Synode, via un communiqué, ainsi que dans des interviews données à la presse. Une attitude qui a laissé Pierre Collas, chrétien évangélique, dans la tristesse et l’interrogation sur sa liberté d’opinion.

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Fermer la porte au dialogue

Ce qui frappe en premier lieu dans ce communiqué, ce sont des mots très forts. En réaction au Synode, le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) parlait de “décision consternante”, de “choix contestables”, de condamnation “sans équivoque”.

Dans une interview sur Phare FM reprenant la même trame que le communiqué, le président du CNEF Étienne Lhermenault parlait même de “facilité”, de “faire peu de cas” de la Bible et de la grâce, autant de manières de donner l’impression que ce texte du Synode avait été adopté à la légère, sans se rendre compte des enjeux. Une petite phrase semblait destinée à faire mouche, prête à être reprise dans les titres d’articles: “promouvoir une grâce à bon marché”. C’est un magnifique oxymore puisque la grâce, les protestants le savent bien, est gratuite.

La fin du communiqué laisse quant à elle un goût amer. “ La décision de l’Église Protestante Unie marquera de façon négative les relations qu’elle entretient avec les protestants évangéliques et compliquera aussi ses relations avec les autres Églises.” Cette phrase ne ressemble-t-elle pas un peu trop à celles que l’on utilise quand on cherche à manipuler par la culpabilisation ?

Et n’est-il pas paradoxal de dire que l’EPUdF aurait dû écouter ses frères évangéliques et en même temps quelques lignes plus haut sous-entendre qu’elle s’était laissée aller à “simplement suivre les tendances de la société” ?

Le texte du Synode, “Bénir”, est plus large que la seule question de la bénédiction des couples de mêmes sexes mariés. Le CNEF rappelle brièvement que l’EPUdF a fait tout un travail sur le concept de bénédiction, mais le balayant d’une seule phrase, écrit : “Faire de la bénédiction un simple accompagnement de la volonté des personnes demandeuses au lieu d’en faire une occasion pastorale de découverte, avec elles de la volonté de Dieu.”

Je me suis donc décidé à aller lire ce texte du Synode, pour vérifier de mes yeux qu’il se fourvoyait dans une telle perversion du message biblique, probablement excusable en partie par la précipitation qui lui avait donné naissance. C’était loin d’être une mauvaise idée, puisqu’à la différence des relecteurs du CNEF, j’y ai découvert un texte tout en dialogue et plein de précaution, très enrichissant en effet sur le geste de bénédiction, mais aussi capable d’affirmer des convictions fortes.

Je me suis dit alors que c’était peut être le CNEF qui avait lu un peu vite, puisque je trouvais que l’un des amendements répondait très précisément à l’accusation de ces derniers :

“2.1. En nous redisant l’amour de Dieu manifesté en Jésus‐Christ, la grâce de Dieu signifiée par la bénédiction nous décentre de nous‐mêmes et nous libère de tout souci d’autojustification. Elle nous appelle à laisser cet amour transformer nos vies pour les mettre au diapason de l’Évangile. Ainsi, selon les textes bibliques, la bénédiction est à la fois accueil, promesse et envoi ; ne retenir qu’un seul des trois pôles ne rendrait pas compte du mouvement même de la bénédiction.”

Depuis lors, je suis travaillé par la question suivante : comment donc le CNEF peut-il se permettre de condamner en 24h un travail dans la continuité d’une démarche sur les gestes initiée en 1999, et qui est passé par un temps de consultation de 18 mois durant lequel les 500 paroisses de l’EPUdF ont pu prier, lire les textes bibliques, débattre, et chercher le discernement de l’Esprit Saint de la même façon que l’auraient fait des Églises évangéliques ? (Ceux que cela intéresse pourront aussi retrouver ce texte de Frédéric Rognon, rapporteur au Synode, sur les enjeux et l’élaboration du texte final)

Tous les éléments mentionnés ci-dessus m’inquiètent quant à la capacité de dialogue du CNEF, cet organe se voulant représentatif d’une partie du protestantisme. Par leur violence, la déformation et le dénigrement affiché, ils contreviennent aux propres principes déontologiques du CNEF (notamment “l’interdiction de toute démarche qui viserait à discréditer le travail d’une Eglise ou d’une œuvre” ). Mais il semblerait que ces principes ne s’appliquent qu’entre ses membres, et l’EPUdF n’en fait pas partie.

Quel dialogue au sein du CNEF ?

Une autre question m’effraie encore plus: au nom de qui parle le CNEF ? Si je suis membre d’une association partenaire du CNEF, si je fréquente des églises qui lui sont affiliées, le CNEF représente-t-il ma voix ?

Le communiqué mettait aussi en exergue cette phrase : “ Tous les protestants n’approuvent pas cette décision.” Suivant l’exemple, selon ses propos, des premiers Réformateurs, le CNEF se tenait de rappeler qu’il représente 70% des évangéliques représentant 70% des protestants en France. A certains moments, suivant les formulations on aurait presque l’impression qu’il peut s’exprimer au nom de tous les évangéliques.

Cette question de la représentativité du CNEF est en elle-même floue, tout comme le CNEF n’est pas l’équivalent évangélique de l’EPUdF. Le CNEF se situe à un autre niveau, tout comme la Fédération protestante de France, dont l’EPUdF est membre, (et qui elle n’a publié aucun communiqué). Leur rôle est de rassembler les unions et fédérations d’églises ensemble, le CNEF se présentant comme une plateforme commune pour les unions d’Églises les représentant dans certains débats publics. Ces unions d’églises, des fois les Églises elles-mêmes étant souveraines pour décider de leur doctrine, le CNEF n’a en réalité aucune autorité pour déterminer une juste position que tous les évangéliques devraient suivre. Acceptent-elles cette prise de position en ces termes ?

Suis-je “libre de le dire” ?

Ainsi quand le CNEF déclare que l’homosexualité est une pratique “condamnée sans équivoque par la Bible”, au nom de qui parle-t-il ? Certainement pas au nom de tous les théologiens protestants, pas même au nom de toutes les églises évangéliques. Il exprime peut-être une voix majoritaire en France, mais n’offre pas particulièrement de débat pour que puisse s’exprimer un véritable dialogue sur la position des évangéliques vis-à-vis de l’homosexualité.

En tant que protestant évangélique qui ne considère pas l’homosexualité comme un péché, je base moi aussi mes convictions sur les textes bibliques. J’espère avoir un droit d’expression au sein de ce Conseil, lui qui en janvier avait lancé une grande opération de communication “Libre de le dire” pour défendre la liberté de parole dans une société laïque.

Libre de le dire, même à l’Église ? Le CNEF soutient-il donc comme il le promet mon droit d’exprimer paisiblement même en son sein une autre position, sans que je risque les mêmes condamnations immédiates que l’EPUdF ?

Quelle cohérence gardons-nous ?

Ma dernière interrogation porte sur le témoignage que nous laissons : si le CNEF se défend bien d’être homophobe, pourquoi ne se donne-t-il pas les moyens d’agir contre ce mal qui ronge nos églises avec au moins autant de motivation que celle qu’il a mise à dénoncer “la Théologie de la prospérité” ?

Le CNEF soutient que ses Églises ont le souci d’accueillir toutes les personnes, sans pour autant cautionner leurs actes, mais nous aimerions voir des avancées concrètes pour l’accueil inconditionnel dans nos Églises. Quels engagements ont été pris ? Quel accueil est pratiqué concrètement ? Car en l’absence de témoignage, ce sont trop souvent les actes d’homophobie qui marquent plus les esprits.

Une autre pensée sera peut-être utile pour l’avenir. Face à la critique trop entendue que ceux qui font évoluer leur Église cèdent au libéralisme, aux tendances de la société, et voient leurs rangs se vider, il faut se rappeler aussi l’importance de la cohérence. Si nous gardons le même niveau de dialogue, si nous ne montrons que fermeture face aux sujets qui intéressent notre monde, il est possible que nos Églises aussi se vident, et les premiers à partir seront les jeunes, qui ne comprendront pas pourquoi nous ne pratiquons pas l’amour, l’accueil et l’écoute que nous prêchons.

En attendant, il est probablement sage que toutes les associations et Églises membres du CNEF se posent aussi la question de ce qu’elles laissent dire en leur nom.

Pierre Collas

Le texte du synode

Le communiqué de presse du CNEF

Les principes déontologiques du CNEF

Le texte de Frédéric Rognon

Campagne Libre de le dire

Le livret sur la théologie de la prospérité

 

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30 réflexions au sujet de « Libre de le dire ? »

  1. Quel dommage de rester dans une contestation stérile en ne développant pas vos arguments sur la bénédiction et la bénédiction de couple de même sexe.
    Peut être auriez vous pu éclairer les responsables du CNEF.

    • Je ne comprends pas bien votre commentaire. Pierre est dans la remise en cause d’une réaction (que l’on peut appeler contestation) du CNEF. Pour avoir les arguments sur la bénédiction et la bénédiction de couples de même sexe, ils se trouvent dans le texte du synode (en lien plusieurs fois dans l’article…). Ce blogueur ne prétend à aucun moment refaire le travail de plusieurs années réalisées sur ce sujet par l’EPUdF (encore heureux).

  2. Je comprends votre ressentiment et votre souffrance. Le communiqué auquel vous faites référence omet totalement ce passage du texte voté par le Synode de Sète : « Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie.» Bref : il laisse la liberté à chacun de bénir ou de ne pas bénir. La prise de position du CNEF équivaut donc à imposer sa vision de l’homosexualité, au nom de SA lecture des Ecritures, à l’ensemble des protestants.

    Nous trouverions, je pense, les mêmes oppositions dans le monde catholique si d’aventure le Synode romain sur la famille qui se tiendra en octobre prochain ouvrait à l’idée d’une possible bénédiction des couples de même sexe. Hypothèse peu probable. Même si les observateurs ont noté dans une récente interview à la Croix du cardinal Barbarin, suite au référendum Irlandais, une double évolution. Pour la première fois, à ma connaissance, il parle de « couple homosexuel » là où l’institution catholique prétendait imposer les termes aussi saugrenus qu’humiliants de « paire » ou de « duo » (une paire d’homosexuels…) et il reconnait accepter aujourd’hui de bénir les personnes homosexuelles vivant en couple sans pour autant bénir leur union… Avancée timide, certes, mais c’est mieux que rien !

    Si vous et nous pouvons avancer de concert sur ces questions, c’est peut-être en popularisant la réflexion faite autour d’autres lectures possibles des Ecritures concernant ces questions de l’homosexualité. Dans un ouvrage récent, tout à fait passionnant : Qui sont les catholiques aujourd’hui (DDB), le sociologue Yann Raison du Cleuziou, évoque le développement actuel des prises de parole « sauvages » ou simplement libres de croyants, notamment au travers de blogues comme à la Table des chrétiens de gauche. Pour lui ce type d’initiatives répond à une volonté d’ «Elargir le pensable des catholiques afin d’ouvrir les possibles». Remplaçons « catholiques » par chrétiens… La réflexion me semble pertinente !

  3. Merci pour votre partage, la diversité de pensée n’est parfois guère possible au sein du monde évangélique. Le chrétien authentique n’est plus celui qui a une relation personnelle avec Dieu, mais celui qui pense un peu la même chose que le sommet et surtout pour ces questions indiscutables.
    Je regrette hélas que l’homosexualité soit un sujet si important dans nos églises et je renvoie au documentaire d’ARTE « tu ne seras pas gay » tout au moins les 20 premières minutes qui montre l’ampleur de la catastrophe en terme d’amour, d’accueil des homosexuels. Mais il est vrai que pourtant presqu’ancien dans une église si un contact homosexuel m’avait demandé de venir à l’église, je l’aurais invité non pas dans mon église mais dans une église protestante. Par contre un coureur, un adultérin, je sais que j’aurais pu l’inviter sans heurts…

    Cherchez l’erreur…

  4. bonjour,
    vous dites « En tant que protestant évangélique qui ne considère pas l’homosexualité comme un péché, je base moi aussi mes convictions sur les textes bibliques »? J’aimerais bien que vous m’expliquiez.

    • Et bien monsieur ou madame nesuferit, toujours aussi courageusement anonyme… Jésus n’a pas dit que les homosexuels sont des pécheurs. C’est cela se fonder sur les textes bibliques. Ou plus exactement se fonder sur un ou deux versets de l’ancien testament pour condamner les homosexuels, c’est faire une lecture intégriste de la Parole, (cf. ce qu’en dit le pasteur Marc Pernot) ce qui ne peut que mener l’Humanité qu’à la catastrophe, et accessoirement à la disparition du christianisme.
      Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, a dit Jésus….

      • Bonjour patrick. Vous avez raison. Il n’est écrit nulle part dans la Bible que Jésus a dit : « les homosexuels sont des pécheurs ». Mais comment affirmer, comme vous le faites ensuite, que quelque chose qui n’est pas écrit dans la Bible constitue un fondement …biblique ? A contrario, j’affirme, Bible à l’appui, que tous les hommes sont des pécheurs et donc les homosexuels aussi…
        Par ailleurs, ma question était de savoir si la relation homosexuelle est un péché et non de savoir si nous devons juger ou condamner les hommes qui la pratique, car les chrétiens savent que cela appartient à Christ.
        L’amour du prochain, n’est-ce pas aussi ne pas encourager le pécheur dans son péché ? Mais pour cela, il faut savoir ce qui est un péché.
        Je réitère donc ma question à l’auteur de ce blog : vous dites « En tant que protestant évangélique qui ne considère pas l’homosexualité comme un péché, je base moi aussi mes convictions sur les textes bibliques ». Pouvez-vous m’expliquer ?

      • Une définition du péché ? En voici une :
        http://www.croire.com/Definitions/Mots-de-la-foi/Peche/Une-courte-definition-du-peche-originel
        Nulle part il n’est question d’homosexualité. Mais là où vous avez raison, c’est que les homosexuel(le)s sont des pêcheurs comme tout être humain, parce qu’ils sont humains tout simplement, et non pas en raison de leur orientation sexuelle. Et je réaffirme, comme l’auteur de l’article, que l’homosexualité n’est pas un péché.

      • Je livre aussi à votre réflexion ces propos du Cardinal Barbarin, recueillis par La Croix : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Mgr-Barbarin-L-Eglise-n-essaye-pas-de-faire-passer-un-discours-a-toute-force-sur-le-mariage-2015-05-25-1315916
        En particulier ceci : « Dans toute personne, il y a des choses bonnes. Chez les couples homosexuels que je connais, il y a des aspects que j’admire : leur combat, leur foi, leur générosité. Je ne conteste pas non plus qu’il y ait entre eux des gestes de charité et de bonté. Certains sont également d’extraordinaires messagers de Jésus. »

      • Bonjour Patrick,
        Je lis aussi et surtout ceci dans cette interview qui répond directement à ma question : « À la fois, certains [homosexuels] voient que ce qu’ils vivent n’est pas conforme à la parole de Dieu, et en même temps, ils se présentent à l’Église tels qu’ils sont, vivant leur engagement l’un à l’égard de l’autre dans la sincérité. Je ne conteste pas cela, pas plus que l’authenticité de leur désir, mais je leur dis qu’il y a plus de vie et de vérité dans la parole de Dieu que dans leurs désirs. » Interview conclue par « Lorsque l’on me demande une bénédiction, je ne bénis pas les unions mais j’accorde la bénédiction à chaque personne, individuellement. Nous prions ensemble pour que le Seigneur fasse son travail dans les cœurs, et que chacun distingue la volonté de Dieu, et non la sienne. »
        La relation homosexuelle est ici décrite comme un des comportements de l’âme pécheresse et cela est bien conforme à la définition du péché que vous proposez et à d’autres passages de la Bible tirés du nouveau testament : romains 1:24-27, 1 corinthiens 6:9-10 et jude 1:7-8.
        Les homosexuels sont des pécheurs comme les autres qui peuvent, par la grâce de Dieu, recevoir, eux aussi, le Salut. Une fois convertis, la sanctification qui en découlera les détourneront des comportements passés qui étaient contraires à la volonté de Dieu.

        .

    • Bonjour, je comprends très bien votre question, et c’est vrai que je me suis bien gardé de rentrer dans ce débat dans l’article pour ne pas m’écarter du propos.
      Pour avoir essayé de mettre en forme une réponse complète depuis quelques jours je me rends compte que cela ne demande pas seulement de répondre à quelques versets mais aussi d’expliquer ma définition du péché, mon rapport au texte biblique et comment je justifie que je suis encore dans une lecture « protestante évangélique ».

      Bref, je suppose que vous m’excuserez si je fais une réponse à grands traits.
      Si je me base uniquement sur les quelques versets qui abordent directement la pratique de l’homosexualité, donc dans le Lévitique, Deutéronome, ainsi que les versets de Paul dans Romains, 1 Corinthiens et 1 Timothée, je ne ferai pas de détour. Le lévitique l’interdit et Paul la condamne. On remarque aussi qu’il n’y a pas beaucoup de nuance. On ne donne pas de détail, on ne parle pas de couple, et même l’homosexualité féminine n’est envisagée que dans Romains.
      On sait la distance que les israelites ont pu prendre avec cette loi, ne serait-ce que du temps du Christ, et encore plus celle du christianisme par la suite.
      Paul quant à lui y voit une forme d’immoralité insupportable, l’énumère dans des listes au côté d’autres comportements immoraux, et l’associe strictement à la débauche et à l’idée de se laisser conduire par le désir. Je peux m’associer à l’avis de Paul la débauche, sur les passions de la chair (en étant bien d’accord sur le sens de cette expression qui ne se résume pas à notre désir sexuel) qui nous éloignent de Dieu, mais je ne peux pas considérer que c’est suffisant pour englober toute forme d’homosexualité. Paul n’envisage pas de couple qui pourrait désirer prendre un engagement de la même manière qu’un couple hétérosexuel, on ne parle jamais d’amour homosexuel… bref c’est incomplet. Et cela me heurterait d’appliquer la même méthode de jugement à l’ensemble des pratiques hétérosexuelles.

      Pour moi donc il n’y a pas de condamnation « sans équivoque », il y a ce que dit le texte et tout ce qu’il ne dit pas. Il me reste ensuite à me poser la question de ce qui est péché pour moi et là je suppose vu votre question que vous avez probablement fait un chemin similaire. J’appelle péché tout ce qui peut me séparer de Dieu et de la grâce, et en lisant les évangiles, je reviens toujours à ce commandement double qui résume toute la loi: « Aime ton Dieu de toute ta force, aime ton prochain comme toi même ». J’aime aussi voir dans le sermon sur la montagne une mise en application concrète de cette logique, et notamment l’idée qu’on reconnaît un arbre à son fruit. De ma faible expérience, c’est une méthode qui marche toujours.
      Reste donc d’éprouver le texte dans ma vie pour me faire mes réponses.
      Ce qu’on entend souvent dans les Eglises, c’est que l’homosexualité serait un amour narcissique, qu’on rechercherait ce qui nous ressemble et donc à aimer un autre soi, ce qui empêche réellement d’aimer le prochain. Ce n’est pas ce dont je suis témoin. J’ai vu des couples homosexuels tout aussi divers, équilibrés, dans une volonté de stabilité et dans la recherche de la différence que les couples hétérosexuels. Notamment dans les couples chrétiens que j’ai pu rencontrer, je n’ai pas vu moins d’amour, moins de diversité qu’ailleurs, j’ai vu de bons fruits.
      Pas parfait non plus, des gens toujours aussi pécheurs que les autres mais à peu près dans la moyenne.

      Et j’avoue que ça m’intéresse de savoir ce que vous en pensez.

  5. Bonjour Pierre,
    Permettez moi de vous dire, sans aucune intention de vous offensez, que votre « rapport à la Bible » est des plus dangereux. Je présente ici la même remarque que pour Patrick, votre principe argumentaire étant similaire : comment affirmer, comme vous le faites, que quelque chose qui n’est pas écrit dans la Bible constitue un fondement …biblique ? En effet votre « analyse » des textes bibliques en question est parsemé des remarques suivantes : « On remarque aussi qu’il n’y a pas beaucoup de nuance. On ne donne pas de détail, on ne parle pas de couple » ; « mais je ne peux pas considérer que c’est suffisant » ; « on ne parle jamais d’amour homosexuel… bref c’est incomplet » ; « il y a ce que dit le texte et tout ce qu’il ne dit pas ». C’est ici le risque d’aller au-delà de ce que dit la Bible, malgré l’avertissement de ses antépénultièmes versets. Vous dites encore « et même l’homosexualité féminine n’est envisagée que dans Romains » : …auriez-vous aussi la tentation de retrancher en plus de celle d’ajouter ?
    Pourtant vous comprenez clairement le sens des versets en admettant :  » je ne ferai pas de détour. Le lévitique l’interdit et Paul la condamne. » Gardons-nous en effet des « détours » et tenons-nous en à ce que dit la Bible.
    Par ailleurs j’ai une analyse un peu différente du péché. Vous dites : »’j’appelle péché tout ce qui peut me séparer de Dieu et de la grâce ». Je pense que la Bible nous apprend que le péché est la conséquence de la séparation d’avec Dieu suite à la désobéissance d’Adam. Ce qui fait de l’homme un pécheur par nature (psaume 51:7, romains 5:12).
    Votre analyse de la Bible faite, il ne vous reste que votre expérience pour tenter d’infirmer ce que vous avez pourtant compris des versets en question. Non que je veuille la remettre la cause ou la juger différemment de ce que vous en dites, mais qu’elle ne constitue pas un fondement biblique.
    Je ne partage pas non plus l’argument que l’on vous oppose dans les églises pour la même raison.
    Concernant « les différentes formes d’homosexualité » et le couple, puisque c’est cela que vous entendez par là, je préfère me référer aux versets de la genèse sur la création de la femme et la bénédiction d’Adam et Eve. Allez-vous me dire là aussi que Dieu a oublié de parler du couple homosexuel ? Est-ce un oubli ou un silence ?
    Le fait qu’il existe de l’amour entre deux personnes de même sexe n’est pas un argument opposable, car il existe aussi entre deux personnes qui commettent l’adultère par exemple. Dirions-nous que l’adultère n’est pas un péché ?
    Je vous soutiens dans votre lutte contre l’homophobie et pour l’amour de votre prochain, mais cela ne devrait pas vous détourner de l’ensemble de la Parole de Dieu et de vous priver, vous et ceux qui vous écoutent, de ce que Dieu a préparé à ceux qui l’aiment. C’est une responsabilité.
    Fraternellement.

  6. Le devoir du chrétien n’est pas de condamner les homosexuels, que cela soit clair une fois pour toute. Comme je l’ai déjà dit, le chrétien sait que le jugement appartient à Christ. Le devoir du chrétien est d’annoncer la Parole de Dieu (1 pierre 2:9). Toute la Parole. Notre Bible est ainsi construite de deux parties, appelées Ancien et Nouveau Testaments. Dans les grandes lignes, l’AT présente la Loi qui condamne, le NT la Grâce qui sauve. Cette définition ne souffre pas des passages anticipant la Grâce dans l ‘AT (psaumes, ésaïe, …) ni des rappels de la Loi dans le NT (comme le premier chapitre de romains dont nous parlons). La Loi apporte la connaissance du péché (romains 3:20) et sa condamnation (elle est appelée ministère de la condamnation en 2 corinthiens 3:9). Cette connaissance du péché par la Loi est un préalable au Salut par la Grâce. Galates 3:24 : « Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. »
    La relation homosexuelle est clairement condamnée en lévitique 18:22, 18 :29 et 20:13. Cette condamnation est reprise dans le NT dans les versets cités dans mes autres messages et tout au long de la Bible (de genèse à apocalypse) concernant le jugement de sodome et gomorrhe. Elle est condamnée au même titre que les autres comportements découlant de la séparation spirituelle d’avec Dieu. Les homosexuels, par leur pratique de la relation homosexuelle notamment, sont ainsi condamnés par Dieu, au même titre que tout le genre humain, puisque tous les hommes sont pécheurs d’une manière ou d’une autre.
    L’attitude qui cherche à masquer ou à relativiser la condamnation pourtant clairement établie par la Parole de Dieu, (sous des prétextes quels qu’ils soient : évolution des mœurs, contexte, différentes formes d’homosexualité, amour sentimental ou « faux-amour du prochain ») n’est pas une attitude chrétienne. L’attitude chrétienne consiste à annoncer toute la Parole de Dieu. Aussi bien dans la condamnation que dans la Grâce (ici est le véritable amour du prochain, dans la Vérité de la Parole de Dieu). Car c’est la connaissance du péché (la Loi) qui mène au Salut (la Grâce). Comment donc ne pas aborder la condamnation si l’on veut pouvoir annoncer la Grâce ? Comment peut-on recevoir notre Sauveur quand on ignore qu’on est perdu ? C’est seulement quand le cœur est contrit par la connaissance du péché (psaume 51), que l’on peut poser la question : « que faut-il que je fasse pour être sauvé ? ». Et qu’ensuite vient la réponse : « crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (actes 16:30-31). 
    Reconnaître l’homosexualité comme un péché est donc une nécessité chrétienne. D’abord parce que c’est la Parole de Dieu. Ensuite parce que la « complaisance » du chrétien, qui invite à le nier, prive, de fait, le pécheur de l’espérance de la Grâce.

    • Cher nesuferit,

      j’ai un peu de mal à vous reconnaitre entre vos deux derniers commentaires, le premier étant capable de faire la part des choses et de me répondre distinctement point par point alors le second est un résumé de doctrine évangélique intransigeant reposant sur beaucoup de présupposés qui laissent peu de place à la discussion.

      Je pense qu’effectivement mon rapport au texte biblique vous gêne. Je considère que si je veux accepter la Bible dans sa totalité, sans en retrancher ou ajouter un seul verset, il me faut pouvoir l’interpréter, la contextualiser, autoriser des lectures symboliques, politiques, et non forcément littéralistes, tout d’abord parce que c’était le sens dans lequel écrivaient les auteurs, des hommes, pêcheurs et imparfaits, comme nous. Une lecture littéraliste qui transformerait tous les versets en lois atemporelles ne ferait que créer des incohérences dans le texte.
      Pour être honnête, je n’utilise pas non plus l’expression Parole de Dieu pour désigner la Bible. Je me base plutôt sur l’introduction de l’Evangile de Jean qui dit que la Parole de Dieu s’est faite homme en Christ, ou les versets qui disent que cette parole est vivante, ou celles qui disent qu’elle sort de la bouche de ceux que Dieu envoie. Que la Bible est donc parole de Dieu quand elle s’incarne dans nos vies et nos voix. L’enfermer dans un texte, dans une seule lecture, dans des certitudes dont je n’aurais pas le droit de douter, ce serait pour moi nier l’infinité de Dieu.

      En effet nous ne sommes pas d’accord sur la question du péché, et sur quelques définitions de doctrine, ça ne m’empêche pas de croire en la condamnation et la grâce et la nécessité d’annoncer l’Evangile à mon prochain.

      Mais je tique un peu plus sur ce que vous dites de l’amour. Vous avez répondu à un argument que je n’avais pas donné sur l’amour dans les couples. Vous parlez d’un faux-amour du prochain que je ne définis pas trop et d’un véritable amour du prochain, qui est, si j’ai bien compris, d’être dans la Vérité, c’est à dire lui annoncer la condamnation et le besoin de la grâce. Est-ce que vous limitez l’amour à cela?

      • bonsoir Pierre, quand vous écrivez : »un résumé de doctrine évangélique intransigeant reposant sur beaucoup de présupposés » Pouvez-vous argumentez sur « la doctrine » et « les présupposés » s’il vous plait ?

      • « Je pense qu’effectivement mon rapport au texte biblique vous gêne. Je considère que si je veux accepter la Bible dans sa totalité, sans en retrancher ou ajouter un seul verset, il me faut pouvoir l’interpréter, la contextualiser, autoriser des lectures symboliques, politiques, et non forcément littéralistes, tout d’abord parce que c’était le sens dans lequel écrivaient les auteurs, des hommes, pêcheurs et imparfaits, comme nous. […] L’enfermer dans un texte, dans une seule lecture, dans des certitudes dont je n’aurais pas le droit de douter, ce serait pour moi nier l’infinité de Dieu. »
        Ce qui est gênant pour un chrétien, c’est de s’appuyez sur des moyens humains et non sur la foi.

      • « sachant tout d’abord vous-mêmes qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être un objet d’interprétation particulière, car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » 2 pierre 1:20

  7. Bonjour Pierre et merci pour cet échange.
    Nous sommes d’accord concernant la définition de la Parole de Dieu. Il s’agit de Christ. Quand j’ai écrit : « Le devoir du chrétien est d’annoncer la Parole de Dieu », j’ai pris soin de préciser la référence 1 pierre 2-9 à laquelle il fallait se référer, précisément : « Mais vous êtes la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte, le peuple acquis afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » Et plus largement pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté (1 pierre 2:6-10) : « C’est pourquoi il est dit dans l’Ecriture : Voici, je mets en Sion la maîtresse pierre du coin, élue et précieuse; et celui qui croira en elle, ne sera point confus. Elle est donc précieuse pour vous qui croyez; mais par rapport aux rebelles, [il est dit] : La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, est devenue la maîtresse pierre du coin, une pierre d’achoppement, et une pierre de scandale. Lesquels heurtent contre la Parole, et sont rebelles; à quoi aussi ils ont été destinés. Mais vous êtes la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte, le peuple acquis; afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière; vous qui autrefois n’étiez point son peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu; vous qui n’aviez point obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde. »
    Là où je ne suis plus d’accord avec vous c’est quand vous dites : « Je considère que si je veux accepter la Bible dans sa totalité, sans en retrancher ou ajouter un seul verset, il me faut pouvoir l’interpréter, la contextualiser, autoriser des lectures symboliques, politiques, et non forcément littéralistes, tout d’abord parce que c’était le sens dans lequel écrivaient les auteurs, des hommes, pêcheurs et imparfaits, comme nous. […] L’enfermer dans un texte, dans une seule lecture, dans des certitudes dont je n’aurais pas le droit de douter, ce serait pour moi nier l’infinité de Dieu. »  Je trouve votre propos intrinsèquement contradictoire pour ne pas dire plus car cela me blesse profondément car j. J’ose citer les versets suivants, sans provocation et confiant en la puissance de Christ : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu » (2 timothée 3:16) ; « Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? » (matthieu 14:31). Et concernant la manière d’aborder le texte qui conditionne la connaissance, je vous invite à relire tout le deuxième chapitre de 1 corinthiens. Peut-être, vous indiquera-t-il un chemin ?
    Il est dommage que vous considériez mon deuxième commentaire comme « un résumé de doctrine évangélique intransigeant reposant sur beaucoup de présupposés qui laissent peu de place à la discussion. » Je pose effectivement trois postulats (appuyés toutefois par les références bibliques correspondantes) afin d’en venir aux questions qui en découlent concernant notre sujet :« Comment donc ne pas aborder la condamnation si l’on veut pouvoir annoncer la Grâce ? Comment peut-on recevoir notre Sauveur quand on ignore qu’on est perdu ? » Auxquelles j’aurais pu ajouter : et pourquoi le ministère de repentance de Jean Baptiste préparant la venue de Christ ? Ce sont des questions, cela reste ouvert. Même si j’imagine que la conclusion que j’en tire qui ne vous satisfait pas, car il est vrai que je remets là clairement en cause votre attitude. Mais à ceux qui ont Christ, en eux est l’espérance. Le message du Seigneur que j’ai tenté d’apporter ici se retrouve aussi dans 2 corinthiens 7:8-10.
    Enfin vous dites : « Vous parlez d’un faux-amour du prochain que je ne définis pas trop et d’un véritable amour du prochain, qui est, si j’ai bien compris, d’être dans la Vérité, c’est à dire lui annoncer la condamnation et le besoin de la grâce. Est-ce que vous limitez l’amour à cela? »
    Je parle du prétexte de l’amour du prochain pour ne pas voir que Dieu condamne l’homosexualité. Je l’ai nommé faux-amour et ensuite complaisance. La Vérité est que Dieu la condamne et que Christ fait Grâce au pêcheur. C’est cette Parole d’amour que le chrétien doit annoncer. L’Amour et la Vérité sont inséparables. Christ est Amour. Christ est la Vérité. Christ est tout (colossiens 3:11). Nous possédons tout en Lui (2 corinthiens 6:10). De quelles limites parlez-vous ?

  8. « Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre coeur, puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. » 1 pierre 1:22-23

  9. Je souhaite aussi répondre à la remarque de Patrick : « ce qui ne peut que mener l’Humanité qu’à la catastrophe, et accessoirement à la disparition du christianisme ». Le monde va à la catastrophe, cela est une certitude confirmée par Jésus-Christ dans les Evangiles et dans bien d’autres passages de la Bible (quand on croit qu’Elle est inspirée par Dieu). Pour la disparition du « christianisme », je vous rassure. Le christianisme teinté d’humanisme annonçant un autre Christ et participant de la catastrophe, conformément aux mêmes prophéties, disparaîtra lors du jugement aussi sûrement que le chrétien vivra éternellement. Car il n’est pas la doctrine de Christ pour le chrétien : « Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas » (jean 18:36). Certains chrétiens cherchent à ramener Christ dans le monde pour le sauver alors que la doctrine de Christ consiste, par le Saint-Esprit présent dans le chrétien, à ramener à Lui les brebis perdues dans le monde, avant le jugement pour les sauver. Elle ne consiste pas à établir sur terre aujourd’hui le royaume de Dieu, mais à sauver les brebis égarées. Christ est venu pour sauver Ses brebis de l’esprit du monde et de la catastrophe à venir (qui arrive par le jugement de Dieu) : « C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi; […] Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » Et ce n’est pas en confortant le pécheur dans le péché ou en prêchant l’établissement d’un pseudo royaume sur terre aujourd’hui (par le moyen d’une philosophie christo-humaniste entre autre) que les chrétiens peuvent en témoigner et pratiquer le véritable amour du prochain. Bien au contraire.
    Je ne suis partisan ni de gauche ni de droite. Je relève juste l’oxymore : le chrétien appartient uniquement à Dieu (jean 10:1-30). Il ne peut être politisé ou appartenir à une quelconque philosophie ou pensée du monde sans pervertir ce qui vient de Dieu. Par la sanctification du Saint-Esprit en lui, le chrétien tend à être à Christ tout entier, selon la Grâce de Dieu, ou alors il reste charnel ou même il n’a jamais été. «Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit.» (jean 3:8)

  10. C’est avec grand intérêt que je lis les échanges ci-dessus…. Avec étonnement aussi, teinté de quelques chose de l’ordre du constat navrant….
    N’étant ni protestant, ni catho, ni chrétien, qu’est ce que je fais donc chez vous ?
    Il se fait que Jésus est mon Maitre en humanité et que son message pour les hommes de bonne volonté, je l’ai adopté. Et il faut dire qu’il en faut de la bonne volonté pour être témoin neutre de vos incessantes querelles boutiquières, à propre de….. quasi tout ce qui existe….
    Alors donc c’est (encore et toujours) ça les religions ?
    Que « le Père de Jésus » m’en préserve !
    Je ne regrette pas d’avoir quitté il y a plus de 20 ans….

    il a :
    – les gens qui aiment et vivent dans la Nouveauté permanente de la Parole de Jésus, qui « renouvelle la face de la terre » (et donc « le monde ancien s’en est allé », les vieilles bibles aussi…)
    – les gens qui ressemblent aux docteurs et autres grands prêtres du temps de Jésus et qui adoraient les textes, sans forcément aimer les hommes et les femmes. Et l’adoration du texte pour le texte …. on sait où cela mène toujours…. aux intégrismes entre-autres…

    Ce que je lis ici me rappelle étrangement les incessants débats de jour comme du nuit à propos du matérialisme dialectique et de matérialisme historique qui constituent le fondement théorique du communisme… C’est tout pareil dans les comportements et les échanges. Chacun y va de sa petite citation hors contexte et vogue la galère !

    Amusant ? non ?

    • « Voici déjà, bien-aimés, la seconde lettre que je vous écris. Dans l’une et dans l’autre je cherche à éveiller par des avertissements votre saine intelligence, afin que vous vous souveniez des choses annoncées d’avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur, enseigné par vos apôtres, sachant avant tout que, dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant: Où est la promesse de son avènement? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création. Ils veulent ignorer, en effet, que des cieux existèrent autrefois par la parole de Dieu, de même qu’une terre tirée de l’eau et formée au moyen de l’eau, et que par ces choses le monde d’alors périt, submergé par l’eau, tandis que, par la même parole, les cieux et la terre d’à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies. Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » 2 pierre 3:1-9

      • Merci de votre réponse (enfin si on peut appeler cela répondre)
        Elle me confirme la catégorie à laquelle vous appartenez.
        Je suppose que je dois m’attendre aux châtiments célestes !

      • Vous voyez que le Seigneur Jésus-Christ est juste, car Il juge, et, si vous avez lu jusqu’au bout, qu’Il est miséricordieux, car Il fait grâce. Sans Son sacrifice nous étions perdus. Il nous a aimé en premier. Je vous invite à le croire comme un petit enfant.

  11. A Alainx, plus vous répondrez à nesuferit, plus il vous répondra… D’ailleurs il le fera sans doute même si vous ne lui répondez pas, comme vous avez pu le constater plus haut. Je tiens à vous rassurer, cette personne n’est en rien représentative de « A la table des chrétiens de gauche ». Et la lecture littérale, intégriste, de la Bible me pose autant problème qu’à vous.
    Cordialement.

    • Patrick vous dites : « plus vous répondrez à nesuferit, plus il vous répondra… D’ailleurs il le fera sans doute même si vous ne lui répondez pas, comme vous avez pu le constater plus haut. »
      Je passe sur les insinuations sachant que le serviteur n’est pas plus que son Seigneur (mathieu 10). Si j’interviens, je le fais pour ceux, notamment homosexuels, qui, venant juste d’être appelés par le Seigneur, tomberait sur l’esprit mondain, celui qui place l’humanité avec un grand « h » au dessus de la souveraineté de Dieu (et dont l’origine est en genèse 3:1-5), insufflé à cette table qui se définit chrétienne. S’ils sont appelés, ils savent que Dieu hait le pécheur (la doctrine qui dit que Dieu n’aime pas le péché mais qu’il aime le pécheur est anti-biblique. Lui faire dire qu’Il aime une personne qu’Il condamnera à l’enfer est insensé à moins de nier aussi l’enfer et le jugement, et donc la Bible elle-même) et que l’amour de Dieu s’est déjà manifesté en eux par leur repentance et dans la foi qu’il leur est donnée de connaître leur Seigneur Jésus, le Christ qui les a sauvés par Son sacrifice. Qu’ils restent ferme dans leur foi nouvelle sachant que le Dieu de paix les sanctifiera Lui-même tout entiers (1 thessaloniciens 5:23). Je le fais aussi pour les homosexuels et pour tous ceux qui n’ont pas encore été appelés en espérant que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité.
      Quand à « ma lecture littérale » de la Bible et autres connotations sur ce sujet, je passe aussi sur les adjectifs accusateurs construits par la pensée humaine pour escamoter la souveraineté de Dieu aux yeux des incrédules, pour la même raison évoquée au début de ce message. Je sais que les passages de la Bible se comprennent selon le contexte (scripturaire et non spéculatif) où ils sont placés et aussi selon le contenu de l’ensemble de la Bible et que pour l’instant, aucun des intervenants n’a pu démontrer, par des arguments tirés du texte, ce qui viendrait contredire les passages que j’ai cités. En d’autres termes, s’il y a une autre lecture que celle que j’en ai faite, qu’ils montrent donc quelle est cette lecture puisqu’ils le prétendent mais qu’ils ne le justifient pas, à ce jour, par des éléments tirés du texte lui-même. Ou alors, qu’ils admettent simplement que leurs arguments n’ont pas de fondement biblique, bien qu’ayant proclamé le contraire.
      « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne oeuvre » (2 timothée 3:16-17). Enfin, il est aussi une lecture qui se laisse se révéler et qui ne dépend que de l’appartenance à Christ, comme le sarment dépend du Cep. Je parle de la révélation spirituelle contenue dans la Bible qui fait dire à l’apôtre Paul : »Or nous avons reçu, non point l’esprit de ce monde, mais l’Esprit qui est de Dieu : afin que nous connaissions les choses qui nous ont été données de Dieu; lesquelles aussi nous proposons, non point avec les paroles que la sagesse humaine enseigne, mais avec celles qu’enseigne le Saint-Esprit, appropriant les choses spirituelles à ceux qui sont spirituels. Or l’homme animal ne comprend point les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont une folie; et il ne peut même les entendre, parce qu’elles se discernent spirituellement. Mais l’homme spirituel discerne toutes choses, et il n’est jugé de personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour le pouvoir instruire? mais nous, nous avons connu la pensée de Christ. » (1 corinthiens chapitre 2). Il n’est pas question ici de s’enorgueillir du don gratuit de Dieu, ni de se laisser enfler par la connaissance. L’apôtre Pierre nous dit bien qu’à la foi il faut ajouter la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l’amour fraternel et à l’amour fraternel la charité. La charité, on le comprendra, est le fruit spirituel d’un long cheminement en Christ. La charité selon Dieu est un renoncement (jean 15:13). Il n’est pas ce sentiment humain décrété par l’homme lui-même et mis en avant dans certaines interventions de ce blog, pour contrecarrer la Parole de Dieu.

      « Dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité », « car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du coeur. »

  12. excusez qqs fautes dues à un clavier parfois capricieux :
    « être IN » = être dans le vent, être à la page
    mais qu’est ce qui vole avec le vent, quand on est dans le vent ??? les feuilles mortes, pas les vivantes !!!

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