Catholicisme, les 7 familles

Contrairement à certains hommes politiques, Vincent Soulage tient ses promesses. Dans le prolongement de son précédent article sur la fracture au sein du catholicisme, voici un rapide panorama des 7 familles qui le composent (selon lui). Tout en gardant à l’esprit le caractère mouvant et intégré de la sphère catholique, précise le blogueur.

Courants 2014 sans légende

Mon précédent article a suscité de nombreuses réactions, et j’en suis heureux. Avec des accords mais aussi de nombreuses objections. La plus fréquente est l’accusation de vouloir diviser les catholiques. On retrouve là un conflit presque aussi vieux que la sociologie religieuse. Doit-on considérer le catholicisme comme un ensemble cohérent et unifié (lire les ouvrages de références d’Émile Poulat) ? Ou plutôt comme un espace de pluralisme (voir les travaux pionniers de Jean-Marie Donegani) ?

Une sphère intégrée

Je m’inscris résolument dans la seconde vision, en considérant que le catholicisme est traversé par des courants[1], que je désigne ici comme des « familles » puisqu’ils sont 7[2]. Il s’agit bien sûr d’idéaux-types au sens sociologiques, c’est-à-dire de figure forcément caricaturale. Individuellement, il est rare que nous correspondions parfaitement à un idéal-type et certains se considérerons à cheval sur plusieurs identités. Cela n’infirme pas le schéma global dont le but est d’aider à comprendre la réalité.

Mais surtout, il ne faut surestimer les divisions au sein du catholicisme qui forme malgré tout une sphère intégrée (dont j’ai voulu rendre compte graphiquement par un cercle violet). Ainsi, les individus peuvent circuler entre les familles tout en restant pleinement membres d’une même communauté catholique. Parallèlement et malgré les tensions qui existent, l’ensemble de ces familles sait trouver des occasions de rencontres.

Les exemples en sont nombreux, des JMJ aux États généraux du christianisme, et surtout dans la vie paroissiale[3]. Si les échanges peuvent être difficiles ou même vifs, la Foi partagée par les catholiques permet la rencontre. Il n’y a pas d’équivalents dans la sphère sociale et encore moins politique.

Tripartition plutôt que bipolarisation

Le reproche inverse m’a été fait par Darth Manu dans un article long certes, mais très intéressant et approfondi, et avec lequel je suis largement en accord. S’appuyant sur les réflexions de l’intellectuel marxiste Antonio Gramsci, il conteste la bipolarisation du catholicisme pour considérer qu’il faut ajouter un troisième pôle, celui des partisans du statu quo.

Si je ne partage tous leurs arguments (de Darth Manu et de Gramsci), la typologie que je veux présenter aujourd’hui reprend effectivement 3 pôles. Une fracture fondamentale existe entre catholiques d’ouverture (en bleu dans le schéma) et d’identité (en jaune/orange), chacun divisés en plusieurs familles aux caractères assez affirmés. Mais il faut leur ajouter un ensemble plus flou (en vert) constitué de catholiques à l’implication ecclésiale plus réduite et qui subissent l’influence des deux autres.

Courants 2014

Le catholicisme d’ouverture (bleu)

La première famille, la plus importante, est celle des militants. Ils ont en commun une ouverture sur la société, sa modernité, une attention au pauvres (dans une définition très large). Ils s’y investissent, en choisissant de préférence les mouvements confessionnels (scoutisme, mouvement d’action catholique – de la JOC au MCC -, Semaines sociales…) sans oublier d’être présents dans les paroisses, quand ils le peuvent. Ils se font moins critiques d’une Église à laquelle ils continuent d’appartenir et qu’il faut maintenir. S’ils constituent toujours l’aile gauche du catholicisme (ce qui n’implique pas qu’ils soient tous politiquement à gauche), leur stratégie d’enfouissement évolue vers une réaffirmation (discrète) de l’identité catholique. Par exemple, le CCFD a renoncé à changer de nom pour Terres solidaire (qui reste un sur-nom).

J’ai choisi de les distinguer des contestataires, installés à l’extrême gauche. Ils continuent à se revendiquer chrétiens ou catholiques, mais adoptent une posture très critique à l’égard de l’institution et surtout de Rome (en cela, ils sont l’exact pendant des restitutionnistes). Cela ne les empêche pas de continuer à participer éventuellement à la vie de l’Église et d’avoir des engagements sociaux (mais pas toujours dans un cadre confessionnel). Ils s’expriment dans quelques revues (Golias, Témoignage Chrétien) et associations (Fédération des Parvis, CCBF…) au recrutement vieillissant.

Le catholicisme d’identité (jaune/orange)

Le terme savant de « restitutionnistes » désigne les courants (très) conservateurs. Leur nom vient de leur volonté de restituer, de redonner aux institutions chrétiennes une capacité d’emprise, l’influence sur la société. Leurs structures sont puissantes à l’étranger : Communion et libération, Opus Dei, Légionnaires du Christ… Ce courant est plus dispersé en France mais se retrouve dans les mouvements anti-IVG, les associations familiales catholiques, les lecteurs de Famille chrétienne, autour des frères de Saint-Jean (les petits gris)… La défense de la vie sous toutes ses formes et de la famille, cellule de base de la société, semble être leur priorité, comme ils l’ont prouvé en se mobilisant très largement contre le mariage homosexuel. Ils se considèrent particulièrement en phase avec la théologie conservatrice développée sous le pontificat de Jean-Paul II, s’inscrivent dans son projet de nouvelle évangélisation, et applaudissent à toute condamnation des conceptions ouvertes. Ils sont beaucoup plus réticents à l’égard du pape François, surtout sur les questions pastorales. Leur recrutement est assez marqué socialement, ce qui leur permet de disposer de ressources importantes (financières ou par le nombre de séminaristes).

Il faut bien les distinguer des charismatiques, qui représentent une forme nouvelle de religiosité tournée vers une piété extravertie et visible. Ces mouvements brouillent le clivage tradition/modernité en mêlant affirmation identitaire, innovation liturgique & communautaire, et conservatisme social (proche des positions épiscopales). L’institution, d’abord réticente, les reconnait et les aide à s’assagir. Les groupes les plus importants, l’Emmanuel ou le Chemin Neuf, se voient même confier des missions d’Église. Leur succès est réel auprès de certaines populations a priori éloignées de l’Église traditionnelle (jeunes, migrants) mais ils ne sont pas toujours accueillants envers d’autres formes de religiosité. La place accordée à la prière au détriment de l’action complique le dialogue avec les militants.

 

J’ajoute ici un groupe particulier, celui des intégristes (en rouge). Ils ne ressortent pas vraiment du catholicisme d’identité mais sont les survivants d’un courant plus ancien, l’intransigeantisme. Comme ce nom l’indique, ils refusent de transiger avec la modernité et donc rejettent l’évolution de l’Église depuis le concile Vatican II. Derrière la figure tutélaire de Mgr Lefebvre, ils se sont progressivement organisé en église parallèle (avec ses prêtres, séminaires, lieux de culte, mouvements de jeunes…) ce qui a conduit à une rupture avec Rome (schisme en 1988). Mais tous ne l’ont pas alors suivi et divers procédés permettent de maintenir ou de réintégrer dans l’Église catholique romaine certains groupes désignés comme « traditionalistes » (par exemple L’Institut du Christ Roi souverain prêtre). Mais tous ont en commun la revendication (en partie satisfaite) de la messe en latin et des positions politiques proches de l’extrême-droite.

Des masses sous influence (vert)

Comme dans toute organisation, il existe dans le catholicisme un centre, que j’ai dénommé les « observants ». Ils forment à la fois une sorte de marais à l’identité peu affirmée, subissant les influences des autres courants, et le groupe qui (sou)tient l’édifice. C’est la grande masse des fidèles, pratiquants réguliers ou plus occasionnels, parfois engagés dans des activités paroissiales, et attaché à une institution qu’ils peuvent à l’occasion critiquer. Ils forment la « clientèle » des organismes liés à l’Église : lecteurs de La Croix et Prions en Église, parents du catéchisme, donateurs au Secours Catholique et au CCFD.

Ils sont à distinguer des catholiques culturels pour lesquels le catholicisme n’est plus qu’une vague identité, affirmée aux sondeurs mais sans consistance. Ils fréquentent l’Église pour les rites de passage (baptême, mariage, obsèques) mais le contenu de la foi leur échappe de plus en plus. L’Église catholique n’est plus pour eux qu’une référence, un cadre culturel dont les valeurs sont respectées, parfois transmises. Ces catholiques sociologiques sont majoritairement à droite, bien qu’on trouve aussi à gauche des militants sécularisés mais d’origine chrétienne (par exemple dans l’altermondialisme). Ils taisent voire cachent leur appartenance religieuse (ténue), ce qui ne les empêche pas d’être en contact avec des institutions liées à l’Église. Ainsi, j’ai découvert dans mon entourage militant des lecteurs de La Vie (suite à ma présence dans un article) dont je ne soupçonnais pas l’identité.

 

 

Cette typologie est appuyée sur les travaux récents de spécialistes du religieux mais reste une vision personnelle et peut bien sûr être discutée. Elle est d’autant plus réductrice qu’il faudrait de très nombreuses pages pour faire une véritable description de chaque famille. Je me suis contenté ici de donner quelques pistes que chacun pourra compléter avec des lecteurs plus approfondie (je donnerai des références dans un prochain article). Donc merci aux lecteurs d’être indulgents.

 

 

[1] C’est d’ailleurs l’origine de cet article : le CCFD m’avait demandé de présenter, dans le cadre d’une formation de ses salariés, une cartographie des courants dans l’Église.

[2] Dans un ouvrage Les Catholiques (Grasset) de 2008, Henri Tincq parlait de « tribus ».

[3] Même si on doit de plus en plus relativiser la pluralisme des paroisses qui tendent à se typer, surtout en zone urbaine.

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13 réflexions au sujet de « Catholicisme, les 7 familles »

  1. Très intéressant mais il faudrait affiner les axes qui ne me semblent pas vraiment pertinents. Et cela change les choses dans la compréhension des groupes et la répartition des masses. On peut en parler si vous le souhaitez.

  2. Intéressant billet, que je trouve extrêmement respectueux des différentes familles présentées, ce qui ne va pas de soi quand on peut lire ici et là les invectives que se lancent des frères qui voient plus ce qui les séparé que ce qui les unit. Bravo donc.

    Dans ce portrait des familles manque je trouve un groupe plus récent, difficile certes à « placer » sur un graphique, peut être encore peu significatif en terme de nombre, mais qui peut représenter une évolution très intéressante de deux des familles parmi les plus éloignées, évolution en forme de rapprochement. Je ne sais si vous avez entendu parler du livre de Gaultier Bes, Nos Limites, (ou des positions d’un Patrice de Plunkett par exemple, et des « chrétiens indignés ») mais il a la particularité de montrer l’évolution de catholiques qu’on aurait pu considérer comme « de droite » et qui tendent à se rapprocher socialement et politiquement (au sens noble du terme) de positions qu’on pourrait classer plus à gauche : critique de la société de consommation, du libéralisme, de la répartition des richesses, du mépris des plus faibles, du désastre écologique etc etc… Il me semble qu’il s’agit là d’une tendance de fond, peut être encore un peu jeune, mais qu’il convient de suivre avec attention.

  3. Comme les autres commentaires je dirais qu’il s’agit là d’une analyse très intéressante.Merci ! Mais comme vous le dites vous-mêmes, elle est réductrice et pourrait être (largement) rediscutée.

    Je pense en particulier à quelques expressions à l’emporte-pièce, au minimum excessive (la « théologie conservatrice » de Jean-Paul II….) et à quelques raccourcis : les charismatiques qui ne penseraient qu’à prier « au détriment de l’action », les méfiances qu’entretiendraient les « restitutionnistes » avec le pape François (c’est complètement faux, à mon avis)…
    D’ailleurs la distinction entre « restitutionniste » et « charismatique » me paraît très surfaite, étant donné la porosité de cette frontière.

    Enfin il est évident que les termes employés sont fortement connotés. Parler d’un côté « d’intégrisme » et de l’autre de « catholicisme d’ouverture » est tout de même une tournure pour le moins orientée…

  4. Pour préciser un peu, je trouve que votre modélisation sociologique est excellente pour la distinction intégralisme/culturalisme, mais beaucoup moins pour la distinction ouverture/identité, car elle me laisse un arrière-goût de simplisme. A l’exception bien sûr des quelques extrêmes, il me semble que la plupart des catholiques (y compris ceux que vous appelez « d’identité ») ne sont pas sourds à la modernité et au dialogue avec elle. Le problème c’est que derrière ces mots « ouverture », « modernité », il peut y avoir tellement de choses différentes. Dialoguer avec la modernité, ça peut être aussi bien discuter de l’IVG sur facebook avec un athée que remplacer le credo par un chant cul-cul la praline…

    Quand au débat séculaire sur la défense des pauvres/de la vie, chacun sait que c’est la même chose, que l’Eglise ne fait pas de distinction. Relire à ce sujet Caritas in veritate. Certains donnent la priorité aux pauvres, et d’autres aux questions sociétales. On sait que les deux sont importantes ? pas de quoi s’écharper, en particulier en sous-entendant comme vous le faites que les catholiques ‘d’identité’ ne se soucient pas des pauvres et ne pensent qu’à se goinfrer de fric en travaillant le dimanche dans un système ultra-libéral (alors qu’un magazine que vous placez comme restitutionniste, Famille Chrétienne, n’a cessé de critiquer l’ouverture du travail le dimanche), ce qui vous expose inévitablement à entendre que les catholiques « d’ouverture » ne pensent qu’aux pauvres au détriment de la prière, de la foi, et des questions sociétales…

  5. Les questions qu’il serait intéressant d’analyser sont : ces familles peuvent-elles trouver des points de rencontre afin de faire évoluer positivement une Eglise en crise ? Quels sont les groupes actuellement les plus influents auprès de la hiérarchie catholique ? Le catholicisme identitaire, culturel ou sous influence ne sont-ils pas en train d’étouffer le catholicisme militant d’ouverture ?
    Car toutes ces distinctions ne sont utiles que si elles permettent une analyse approfondie de la crise du catholicisme, elles ne peuvent en rester à une simple description. combien de personnes ces différents groupes rassemblent-ils ? Quel sera l’avenir de l’Eglise ? Quelle est l’influence de la spiritualité catholique sur l’évolution de l’Eglise ? La spiritualité qui s’adapte parfaitement à la démocratie augmente-elle et dans quelle proportion au détriment de l’organisation hiérarchique conformiste voire monarchique ? car il y a des tensions entre les groupes, des rivalités qui ne sont pas à négliger et qui expliquent des positions de forces ou de faiblesses qui orientent l’avenir de l’Eglise… Voilà ce qu’il serait important de savoir…

  6. Pourquoi voir des clivages là où il y en a pas? Concernant les militants, l’Eglise ne souhaite pas des militants mais des témoins. Ce genre d’articles alimentent des divisions qui n’existent pas (Il faut tout simplement admettre les différentes sensibilités). Et où se situer si l’on s’engage au CCFD tout en étant proche de la mouvance charismatique? (Cela est mon cas et je ne suis pas une exception!). De plus, je ne suis pas sûr que les traditionalistes apprécient d’être assimilés aux intégristes (les premiers sont bel et bien intégrés dans l’Eglise « post-Vatican II » alors que les seconds sont des schismatiques). Concernant les charismatiques, l’auteur montre qu’il les connais très mal! Ces derniers associent sans ambiguïté la prière à l’action. Pour reprendre les 2 exemples cités, l’auteur sait-il d’où est issu le Chemin Neuf? C’est une communauté œcuménique de spiritualité ignatienne fondée par un jésuite. Cette communauté est de ce fait très proche de CVX (Communauté de Vie chrétienne) où l’on retrouve des chrétiens de diverses sensibilités. De plus, CVX fait partie de la collégialité du CCFD. Concernant l’Emmanuel, cette communauté a fondé FIDESCO, association similaire à la DCC. De plus, FIDESCO avait demandé d’intégrer la collégialité du CCFD, il y a quelques années. Cher Vincent Soulage, vous remarquerez que votre analyse est truffée d’erreurs! De plus, l’Eglise s’inscrit bien dans une tradition et parler de modernité pour l’Eglise n’a aucun sens. Pour info, la revue Golias et la CCBF sont des dérives… Revoyer votre copie!

  7. Cette typologie est assez précise, et l’observation est assez bonne. Vous avez bien analysé les différentes familles, mais il y a une lecture très idéologique. On a l’impression de voir dans votre analyse : Les bons (les courants d’ouverture) faces à l’axe du mal (les courants d’identités. Vous ne faites pas assez état des passerelles et relations existantes entre les uns et le autres. C’est encore une vision avec une typologie conservateur/ progressiste, un peu dépassée, en tout cas très politique. Pour ma part, je me suis retrouvé dans le courant du Catholicisme d’identité, mais votre vision est réductrice. Notamment vous avez une méconnaissance du renouveau charismatique. Je fréquente pour ma part des groupes de prière charismatiques et l’Emmanuel, j’ai participé à des sessions du chemin neuf, et je ne retrouve pas ce manque d’accueil et d’enfermement dont vous parlez. Vous ne devez pas connaitre les formations Zachée de l’Emmanuel sur la doctrine de l’Eglise, ni Fidesco. D’autre part je dois dire qu’étant proche du Renouveau, je fréquente également la communauté Saint Jean et suis un lecteur de Famille Chrétienne. Il n’y a pas vraiment de frontière délimité entre restitutionnisme et renouveau : Le pélé de l’Ile Bouchard est animé par les AFC, Famille Chrétienne, l’Emmanuel, et les Frères de St-Jean à titre d’exemple. Enfin il ne faut trop caricaturer, j’ai fréquenté pour ma part un groupe de jeune pros sur Orléans où l’on retrouvait à la fois des membres du Renouveau, des personnes au profil  » très Famille Chrétienne », des membres du MCC ou de CVX, des engagés au secours Catho ou Saint Vincent de Paul. Dans une ambiance conviviale et fraternelle et sans division entre nous, l’unité de l’Eglise était présente. J’ai fait pas mal de sorties samu social quand j’étais étudiant, donc on a l’impression que vous caricaturez trop. On peu être « Chacha », fréquenter les messes classiques ou tradi et avoir ses meilleurs amis au MCC ! La division entre Chrétiens de gauche et de droite c’est dépassé ! Seul compte l’Unité en Christ, notre Seigneur et Notre Sauveur.
    Je prie pour vous
    Fraternellement
    Bruno M.

  8. Cher Vincent,
    votre analyse est tout à fait intéressante et, observant la vie catholiques depuis de nombreuses années, étant egalement catho pratiquant, je suis globalement d’accord avec vous sur les différentes sensibilités exposées.
    J’apporterais cependant quelques remarques :
    – J’aurais plutôt remplacé « les militants » par « les militants sociaux » ou encore « les militants progessistes » (ils sont un peu les deux….).
    – J’aurais renommé les « restitutionnistes » en « néo-classiques ».
    – Les groupes religieux cités comme exemple dans les restitutionnistes ne me paraissent pas très représentatifs de cette sensibilité (légionnaires du Christ…).
    _ Enfin, je pense qu’il faut souligner une porosité important entre les charismatiques et les restitutionnistes (personnellement je me situe un peu dans ces deux groupes).
    Le plus important: nous sommes tous frères en Christ.
    J’aurais plaisir à continuer avec vous cette discussion.
    Frédéric D.

    • Merci de votre commentaire. Le choix d’une étiquette est toujours discutable, et vos propositions sont pertinentes. Mais j’ai repris les termes proposés par Philippe Portier, donc je m’abrite derrière cet éminent politologue.
      De même, je vous rejoint sur la porosité importante, et qui n’est pas qu’entre charismatiques et restitutionnistes. Pour ces derniers, la situation française a ceci de particulier que les grands mouvements mondiaux y sont peu implantés (légionnaires du Christ, Opus Dei) et qu’on a plutôt à faire à des groupes locaux (AFC, communauté Saint Martin, Frères de St Jean, lecteurs de Famille chrétienne…).
      A votre disposition pour continuer les échanges féconds.

      • Je note effectivement votre éclaircissement sur la spécificité française en matière de mouvements présents dans le courant restitutionniste.
        j’aimerais cependant apporter un dernier éclairage sur ce courant vis à vis du pape François: celui-ci me prait très aimé et respecté aussi bien du journal Famille chrétienne que des prètres assez « classiques » ou charismatiques que j’ai l’occasion d’écouter régulièrement dans leurs homélies.
        En fait, notre pape me parait assez consensuel, aussi bien auprès des milieux progressifs que des milieux plus traditionnels (les intégristes semblent quand même davantage critiques). Sans doute les aspects sociaux importants de sa personne, doublés de sa constance sur la doctrine de l’Eglise en matière de respect de la vie par exemple, explique cela.
        les personnalités différentes successives, peut être complémentaires, de nos derniers papes sont frappantes; sans doute, l’oeuvre de l’Esprit…
        votre point de vue sur la question m’intésserait mais peut être dois je prendre le temps de « creuser » la lecture de votre intéressant blog.

      • Tout d’abord, on est progressiste et pas progressif (on n’est pas des rockers 🙂 )
        Plus sérieusement, je vous rejoind complètement sur le positionnement consenssuel du pape actuel. Au moins en apparence. Ce qu’il dit peut séduire (ou interpeller) tous les courants. D’ou sa capacité à rassembler.
        Mais, et c’est le plus encourageant, il semble mettre cette capacité consenssuelle au service d’un désir profond de faire évoluer les positions. Cela reste timide pour certains, mais on voit bien que c’est encore trop pour d’autres. Il nous faut être très attentif à l’évolution, très incertaine, de ce sourd affrontement.

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