Attention danger

attention dangerAttention, danger. Une philosophe devait intervenir lors d’une formation pour une centaine de personnes sur le thème « Prendre soin de l’autre ». Elle était prévue pour cette journée organisée par la Conférence des évêques pour ses quelques responsables diocésains de la pastorale familiale. Mais ça n’allait pas : elle a étudié le genre. Alors il fallait agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Église. Le bien de tous. A la suite de pétitions, de courriers, (de plus ?), tout est rentré dans l’ordre : les laïcs de l’Eglise catholique de France ont ramené l’évêque et son équipe nationale à la raison. Ils ont désinvité madame.

Attention, danger. Pour leur préparation au baptême, le Service national de la catéchèse va organiser une rencontre de tous les catéchumènes avec des personnes athées. Sauf que l’un d’entre eux ne croit vraiment pas en Dieu et n’a aucune intention de changer. Ça ne va pas. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Attention, danger. Comme chaque année, l’Université catholique de Lyon propose à ses élèves inscrits dans son cursus Relations entre les religions, un cours avec l’intervention d’un imam. Or cet homme est très clairement musulman, sans l’ombre d’un doute. Ce n’est pas un lieu pour son prosélytisme. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques. C’est une université catholique qui dépend donc de l’Eglise catholique de France. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Attention, danger. Régulièrement, le Secours Catholique mène avec ses animateurs spécialisés des séminaires de travail. Prochainement ce sera un sur les Roms, avec des témoignages. Pourtant, certains sont clairement… Roms. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques, puisque le Secours Catholique est un mouvement d’Eglise. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Attention, danger. Le Mouvement chrétien des cadres et dirigeants souhaite inviter un élu socialiste pour débattre avec un élu de l’UMP à l’occasion des municipales et des européennes, pour voir les programmes de l’un et l’autre sur leur vision économique. Allons bon, ce membre du PS a annoncé être pour le mariage pour tous il y a plusieurs mois. Sûrement des chrétiens ne peuvent pas recevoir cet homme. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques, puisque le MCC est un mouvement d’Eglise. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Le premier exemple est vrai et peut se résumer autrement : des personnes ont estimé avoir droit de regard sur le programme d’une rencontre privée d’un organisme de l’Eglise catholique. Qu’est-ce qui, aujourd’hui, empêchent les quatre suivants de devenir une réalité ?

« Cette décision nous a été dictée par la sagesse. Les conditions du dialogue ne sont pas réunies » explique Mgr Brunin, à l’origine de la décision, dans La Croix. « Les organisateurs de la formation comptent remplacer l’intervention de la philosophe – dont l’épiscopat rappelle par ailleurs la qualité des travaux sur la sollicitude et le soutien – par une réflexion sur la question du « dialogue dans l’Église ». La question pourrait également être abordée lors de la prochaine assemblée plénière de l’épiscopat, prévue à Lourdes du 8 au 11 avril », conclut le journaliste Loup Besmond de Senneville.

Ça tombe bien : le dialogue, c’était le thème d’une petite rencontre de l’Université d’été de l’Assomption l’été dernier. On n’était pas un mille et un cent (comme le nombre de signataires de la « supplique » à Mgr Pontier), mais nous étions, aussi, l’Eglise. L’expertise tirée de ces journées de formation et de prière, sont, messieurs les évêques, à votre disposition en ligne. Je suis sûre que tous les participants se feraient un plaisir de vous rencontrer si vous vouliez mettre à profit leur expérience. Eux ne feront que se proposer. Non s’imposer.

Résolution de carême

Alors que faire ? L’envie est forte de succomber à la colère. La colère est déjà là (que dis-je, la rage qui tord les tripes!). Mais voilà, c’est carême. Et si ça ne l’était pas, j’aurais trouvé une autre excuse. Un autre moyen pour dire très clairement : non, votre beigitude de salon ne fera pas pâlir les couleurs flamboyantes de la confiance que je porte aux pasteurs de mon Église. Leurs réactions dans cette histoire me renvoient à mon incapacité à hurler aussi fort que les instigateurs de cette « supplique ».

Alors ma résolution de carême (en plus de moins manger de desserts) : je vais envoyer un petit mot court au Conseil famille et société. Pour leur dire qu’aujourd’hui et tout le temps à l’avenir, comme c’était le cas avant, j’ai confiance dans leur choix. Une confiance vers laquelle ils pourront se tourner quand le doute les envahira face à une prochaine « supplique ». Quand la manœuvre de terreur prochaine se révèlera.

Vous pensez que c’est simple ? Pourtant, si je suis fâchée contre ceux qui estiment qu’ils peuvent terroriser mes pasteurs, je ne suis pas débordante de joie face à la décision qui a suivi.

Destinataires : communication@cef.fr ; Monique.Baujard@cef.fr

Chers membres du Conseil Famille et Société,

Je vous écris suite à l’annulation de la venue de la philosophe Fabienne Brugère. Je tiens à vous faire part de mon soutien : vous avez fait un choix, et je le respecte, même si je déplore que vous ayez eu à le faire.
Je tiens à vous faire part de ma confiance : vous êtes mes pasteurs, et si vous estimez qu’une personne peut enrichir une rencontre, vous avez aussi mon soutien même si je reste silencieuse.
Croyez en vous, n’oubliez pas cette missive dématérialisée. Gardez-là dans votre esprit quand une prochaine supplique viendra à l’avenir.

En union de prière
Lepetitchose

Si une envie de faire de même vous prenait, n’hésitez pas. Peut-être ne serons-nous qu’une poignée. Mais ne voudriez-vous pas qu’un inconnu vous témoigne de la sollicitude, le jour où vous serez au milieu d’une tempête ?

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26 réflexions au sujet de « Attention danger »

  1. j’ai sursauté très violemment en lisant cette info dans La Croix, d’une part en lisant comment cette annulation avait été obtenue, d’autre part en lisant le commentaire de l’Evêque à l’origine de cette décision. Décision prise car, contrairement au Pape François, il ne pensait pas que nous soyons capables de recevoir ce genre de « formation », sans « imprimatur » préalable, semble-t-il !

  2. Eh bien non ! personnellement je déplore que la parole des femmes soit toujours éternellement depuis St Paul, confisquée dans cette Eglise masculine, alors que nous savons bien qu’il y avait des femmes apôtres… Je fais donc davantage confiance à la République pour faire avancer les choses et force est de reconnaître qu’elles avancent malgré l’immobilisme des catholiques… Mais plus grave encore, confisquer la parole des femmes c’est confisquer 50 % de la Parole divine dès lors comment la hiérarchie peut-elle affirmer qu’elle est au service de Dieu, elle n’est qu’au service de la rome impériale riche et bourgeoise…

  3. Je trouve cet article un peu exagéré, certainement lié au mouvement de colère bien expliqué dans le texte. En effet, ce n’est pas parce qu’elle a étudié le genre que la supplique a été lancé et qu’in fine la philosophe fut désinvité, c’est surtout pour ses positions idéologiques sur certains points qui vont directement à l’encontre des positions de l’Eglise. Nier le fait que les personnes soient unes, c’est les compartimenter en petites boites qu’on pourrait choisir à sa guise. Hors, choisir une personne comme formateur pour une session de formation, c’est de la part de ses organisateurs reconnaître d’une part son expertise dans son domaine propre (ce qui n’est pas ici en cause), d’autre part être en accord avec elle, au moins dans le domaine traité. Hors, ses positions, même en matière de care, impliquent une certaine vision de l’homme, de la femme, et du genre qui posent problème. Le fait qu’elle ait étudié le genre n’a aucun rapport.
    On parle bien de formation, pas de simple de dialogue.
    De plus, il est tout à fait légitime d’envoyer son avis à ses pasteurs, surtout lorsqu’il s’agit d’inquiétudes. C’est aussi leur rôle d’enseigner et de diriger, donc leur faire connaître nos besoins en matière d’enseignement ou nos craintes, c’est leur permettre d’y répondre.
    Et pour répondre au commentaire de Jobinette, il me semble qu’il y a complète disproportion, la parole des femmes n’est pas éternellement confisquée. Les deux saintes Thérèse, sainte Catherine de Sienne et sainte Hildegarde en sont quelques exemples forts, la multitude des saintes canonisées (dont celles des 5 premiers siècles…) en sont un autre tout aussi fort.
    Quand à la Rome impériale et bourgeoise, c’est absurde. Le pape François, un bourgeois ou un empereur? Un peu de raison.
    De plus, Lepetitchose, je propose humblement que si vous êtes en désaccord avec une supplique ou une pétition à l’avenir, vous en fassiez une autre dans l’autre sens, avec au moins autant d’arguments et que vous activiez votre réseau (ce site inclus, bien sûr). C’est assez facile à faire avec tous les moyens qu’on a sur internet, et si c’est fait proprement, cela permet d’être force de proposition, et de ne pas se mordre les doigts après avec la situation imposée alors qu’on a rien pu faire contre à temps.
    Je vous souhaite de retrouver la paix, puisque c’est un fruit de l’Esprit.
    Choshow

    • Cher Choshow, je ne me fais aucune illusion sur le pourquoi la supplique est partie. J’étais très en colère sur le fait même que des personnes ont estimé qu’une supplique devait partir et la manière dont elle a été faite. J’étais en colère non sur le fond mais sur la forme : sommes-nous donc si en « décommunication » dans l’Eglise qu’il n’y avait pas d’autres moyens pour entrer en dialogue avec les organisateurs de cette journée pour qu’il faille passer par ce mode d’expression ?
      Sur la forme et non le fond, pour moi, cette façon d’agir implique une non-confiance dans les organisateurs qui sont un évêque et des laïcs missionnés par la Conférence des évêques. Si l’on n’a plus confiance en eux, qui restent-ils ?…

      Il est tout à fait légitime d’envoyer son avis à ses pasteurs : reste la manière et c’est celle-ci qui me tracassait.
      Oh non cher Choshow : je ne ferai pas de supplique à mes pasteurs, je ne jouerai pas à qui à la plus grosse. C’est bien pour ça que j’ai préféré, malgré ma colère et mon désaccord dans leur décision, exprimer ma confiance dans mes pasteurs. Et c’est d’ailleurs cela qui a redonné de la voix à la paix en moi, quelques minutes après la colère qui l’avait submergé, car elle ne m’avait point quittée.

      • Et bien, si c’est la forme de la supplique qui pose problème (et je dois bien avouer qu’ici la forme m’avait également un peu dérangé) et sans chercher à qui fera le plus, il existe d’autres formes (dont le courrier, le mail et la visite directe, et certainement d’autres) qui permettent de donner également son avis qui diffère de celui de la-dite première supplique.
        Et je suis d’accord sur la confiance, avec ce bémol près: on peut avoir confiance sans accorder en permanence un confiance aveugle irréfléchie. C’est d’ailleurs ce qui permet de concilier le fait que nos pasteurs et ceux qu’ils délèguent ne sont finalement que des êtres finis, pécheurs comme nous tous, et qu’ils ont le droit de se tromper. Leur faire parvenir notre avis permet de leur donner plus d’éléments à disposition pour prendre leurs décisions et donc d’avoir un avis encore plus éclairé puisque prenant en compte un plus large panel d’avis et d’opinions.
        En ce qui concerne la « décommunication », comme à chaque fois qu’il y a une hiérarchie à plusieurs étages, plus l’écart est grand (évêque, prêtres, fidèles), plus le risque de se sentir en « décommunication » est fort. D’où l’intérêt des démarches collectives. Même si je vous rejoins en ce que cette supplique contient un certain côté dérangeant. Et sans aller jusqu’à une non-confiance, c’est plus à une confiance limitée dans un choix ponctuel que l’on a affaire ici (rien n’empêchant d’ailleurs que pour certains d’entre eux, la confiance tende vers zéro, mais ça, c’est plutôt une affaire de secret des coeurs…)
        Pour finir, et sans vouloir juger personne, au cours de la longue histoire de l’Eglise, il y a eu pas mal de pasteurs qui étaient de grands pécheurs et qui ont fait beaucoup de dégâts, donc il ne faudrait pas a priori avaliser toutes les décisions de ses pasteurs sans réflexion. La vertu de prudence me semble bienvenue, ainsi que celle de bienveillance. Quant à la correction fraternelle, laissons-la à nos évêques! Ils ne sont pas non plus tout le temps d’accord entre eux sur tout!

      • N’existe-t-il pas de saines colères, de ces colères décapantes, qui ne sont pas humiliantes mais qui rappellent à ceux vers lesquelles elles sont dirigées leurs engagements, leurs missions et parfois leurs erreurs, c’est les respecter aussi de leur dire.

      • Je suis d’accord avec vous : le carême ne justifie pas de renoncer à dire quand on estime un inacceptable, il existe de saines colères. Et après ? Une fois la colère dite, une fois la décision dénoncée ? Il ne sort, à mes yeux, rien de constructif à dire ce que tous les éditorialistes de la presse chrétienne ont dit avant moi (et mieux)(et avec raison). Je ne suis pas éditorialiste. J’ai eu envie d’aller au-delà de ça, de me soucier de cette communion dont parle Mgr Brunin et de la manière de lutter efficacement contre les extrémistes : en combattant leur venin et non les conséquences de leur empoisonnement.

      • La question me semble plus de s’interroger sur l’imprégnation de ce venin voire de la résurgence de ce venin qui fait que les évêques (certains évêques!!) prétendent à cette occasion que les chrétiens français ne sont pas assez murs pour accepter un dialogue franc et fraternel. Je pense qu’en disant ça ils utilisent, ils s’approprient les idées de quelques extrémistes car avaient ils besoin de se saisir de ces idées? ne pouvaient ils les balayer comme anecdotiques et dérisoires, au nom de leurs convictions? Non ils ont préféré s’en servir pour faire une analyse partiale de la situation. C’est dans ce sens que je pense que certains sont eux mêmes convaincus de ces idées extrêmes……et que la parole de quelques « divans bruns » leur permet de les légitimer pour museler des débats. c’est dans ce sens qu’ils sont dans l’erreur et qu’il faut leur dire. Ce sont ces schémas de pensée qu’il faut dénoncer et appeler au dialogue, à la connaissance, à la confrontation des idées plutôt qu’au repliement et au silence. Foi en l’intelligence de l’homme, à son discernement dans la confrontation des idées, voila ma foi et pas en celle qui bâillonne et qu’il faudrait cautionner venant d’un évêque.

    • Le problème n’est pas la position des évêques en la matière. Ils ont tout à fait le droit de revenir sur une position qui leur parait mauvaise. Le PROBLEME, c’est que ce sont des groupuscules d’extrême droite (Le Salon Beige, Civitas entre autre) qui ont fait plier la CEF. Et ça, c’est très grave…

      • Mais il y a des germes de vérités partout non? Enfin, c’est ce qu’on dit. Si ce sont des groupes d’extrême droite qui mettent en avant des arguments qui paraissent valides pour la CEF… alors pourquoi pas? Si leurs méthodes ne sont pas toujours appréciables, les arguments le sont parfois en revanche.
        Peu importe qui annonce la vérité, si elle finit par être entendue, non?
        Et la gêne exprimée par la supplique dépassait certainement le cadre strict de ceux qui l’ont signé. On pouvait être d’accord sur le fond sans l’être sur la forme, et être d’accord d’avance avec la décision finale du retrait de la personne.
        J’ai du mal avec cette idée que si ce sont certaines personnes qui sont à l’origine de quelque chose (un changement ici), c’est forcément grave. Voire dans le cas présent très grave.

      • Si cela est très grave ! tout simplement parce que ce n’est pas le Christianisme de supprimer le débat : le christianisme libère la parole et les conscience en leur faisant confiance…
        L’extrême droite impose un certain ordre social d’en haut auquel il faut obéir, cela n’a donc rien à voir avec le christianisme, c’est de la politique autoritariste de chrétiens de castes et non de foi, c’est pourquoi c’est également très grave de la part d’évêques qui prennent alors une position plus politique et non chrétienne… C’est une aberration et un scandale contraire à l’esprit et au souffle de Vatican II !

      • Il y a des germes de vérité partout, mais ce qui compte pour nous chrétiens ce n’est pas une parcelle de vérité, c’est la Vérité. Lorsque des officines comme le Salon Beige ou Civitas expriment un petit germe de vérité (ce qui, en l’occurrence, reste à démonter), elles n’en demeurent pas moins des puissances maléfiques qu’il est important de démasquer et de combattre. Dés lors lorsque nos évêques subissent leur diktat il est plutôt sain que des chrétiens expriment leur désaccord.

      • C’est en effet le débat qui crée les conditions de la « tente de la rencontre » avec le Seigneur dans la recherche de la Vérité profonde de chaque être. Le supprimer c’est infantiliser et déresponsabiliser les personnes : comment dans ces conditions peut-on se prétendre attractif auprès des jeunes et des marges ? Actuellement, les catholiques ne recrutent que des clones d’eux-mêmes, c’est cela la mission à laquelle nous invite le Pape François pendant le carême 2014 ?

      • Je ne sais pas à quoi fait référence cette tente de la rencontre… mais le débat n’est pas la seule voie pour conduire vers la Vérité. En l’occurence, et comme je l’ai répété, la formation, la Tradition chrétienne, avoir « étudié, médité, assimilé le corpus de la Tradition chrétienne » y mène aussi, et vouloir débattre sans passer par cette case-là, c’est s’y prendre à l’envers.
        Les nouveaux catholiques ne me semblent pas du tout des clones des précédents. Les endroits où il y a de nouveaux catholiques, il y a des dynamiques qui sont loin du clonage.
        Et les conditions pour être attractif auprès des jeunes et des marges, il suffit de regarder là où ça marche. C’est à dire que les missionnaires soient des saints, ni plus ni moins. Des âmes de prière qui débordent ce qu’elles reçoivent du Christ sur les autres. Fournir authentiquement et en vérité ce qu’enseigne la Tradition de l’Eglise, ça attire bien plus surement les jeunes et les marges que des débats stériles. Les trésors (sprituels, savoirs, culturels, littéraires…) de l’Eglise sont immenses, c’est d’eux que les jeunes ont soifs. Pas de débats puérils (en mode alcooliques anonymes) et sans matière comme on leur propose trop souvent (à la pasto. par exemple, pour y avoir été récemment encore) où chacun dit se qu’il pense, repart sans rien avoir appris et où chacun dit sa vérité sans chercher la Vérité.
        Je ne suis encore une fois pas contre le débat, mais simplement pour le replacer au bon endroit. Prenez le youcat, expliquez-le aux jeunes, je vous assure que vous serez impressionnés: 1) de l’intérêt suscité par ce résumé synthétique des positions de l’Eglise 2) de la capacité d’ouverture aux questionnements (et aux débats) qu’il peut susciter 3) de la bonne volonté que les jeunes montreront devant une position qui a le mérite d’être nette et claire, dense et concise.
        Là, puisée dans la prière, vous aurez des résultats authentiques. Et vous aurez vos débats qui découleront naturellement. Chacun avec son originalité propre.
        Bien sûr, il existe d’autres formules, mais celle-ci est extrêmement efficace. Essayez vous serez bluffés.

  4. Le carême justifie-t-il la renonciation à dire l’inacceptable? justifie-t-il de ne pas dénoncer l’erreur? justifie-t-il que la vérité ne soit pas dite? Votre position m’est incompréhensible. Période de carême ou non je refuse que des évêques prétendent que les catholiques français sont immatures et se soumettent aux pressions de quelques extrémistes qui seraient eux matures???

  5. Votre position, M. Sauzet, me parait un peu… monolithique.
    Je suis assez jeune et j’ai donc un regard lié à celui de ma génération (et aussi un peu immature), et quand je vois de jeunes chrétiens de mon âge disposant d’un bagage par bien trop léger aussi bien en culture chrétienne qu’en connaissance des enseignements de l’Eglise, ou même sur des questions qui me paraissent au coeur de la foi comme les dogmes (en commençant par le credo), je ne peux m’empêcher de penser qu’au sein de l’Eglise, un nombre important de chrétiens n’est pas aujourd’hui assez mûr pour être fraternel et franc tout en défendant la vérité. Je précise au passage qu’il y a dans l’exercice de la prudence une certaine maturité à trouver, et que choisir le bon mode de discussion (un dialogue ouvert comme le parvis des gentils par exemple) peut faire partie des éléments qui font que les bonnes conditions pour un dialogue sain sont présentes. De plus, chacun reçoit des charismes différents, et tout le monde n’est pas appelé au dialogue et à l’argumentation (ce qui rappelle un peu saint Paul à l’aréopage…) si ce n’est dans bien des cas par l’exemple de vie.
    L’appel au dialogue et à la confrontation des idées doit, me semble-t-il, suivre une authentique recherche de la connaissance et des positions de l’Eglise. La prière, la formation et la réflexion dans le silence doivent précéder l’annonce. Et dans une session de formation, installer la confrontation des idées, c’est un peu mettre la charrue avant les boeufs.
    Ce qui dérange ici, c’est bien plus la forme de la supplique (alors que d’autres solutions existent pour signaler son inquiétude à ses supérieurs) et le choix d’une personne controversée pour faire une formation (alors qu’on se doit d’être en accord jusqu’à un certain point avec les formateurs que l’on choisit pour tenir un discours cohérent) plus que la question de la maturité des fidèles ou la question du dialogue.
    Fidèles qui, encore une fois, sont tous à un endroit différent dans leur vie spirituel, et donc pour une partie d’entre eux (mais je ne présage aucunement de combien parmi eux, ce n’est pas de mon ressort; mais en ce qui concerne les jeunes et les non pratiquants, j’ai eu maintes occasions de constater ces manques) pas assez mûrs pour un dialogue en vérité et en toute connaissance de l’avis de l’Eglise (par trop souvent ignoré par les catholiques en premier, la catéchèse à l’école me l’a montré de façon assez incisive… venant de la part des catéchètes)
    Je suis désolé de faire de ce fil de discussion une sorte de champ de bataille où la colère s’exprime, je souhaite juste apporter quelques éléments pour y voir un peu plus clair. D’ailleurs, je suis d’accord avec le principe de saine ou juste colère si celle-ci a un objet juste (ici la recherche de la vérité), une intention droite (pour que la vérité triomphe, pour la gloire de Dieu, pour la conversion des pécheurs… mais non pour montrer qu’on a raison ou qu’on sait mieux que les autres) et une réaction mesurée (là où on pêche souvent en matière de colère, ici ça peut être l’expression de façon courtoise de son désaccord comme avec un message rempli de bienveillance). Mais je ne comprends pas très bien ce qui est entendu par « venin » des « extrémistes » ou « idées extrêmes » ou encore « manoeuvre de terreur ». Mais ce fil de discussion n’est pas forcément le meilleur lieu pour en parler.

    • Cher Monsieur, il est toujours troublant pour moi de constater à bientôt 60 ans combien je suis plus optimiste en la jeunesse et sa maturité que les jeunes eux mêmes. Que ce soit dans le domaine religieux, culturel, intellectuel je reste persuadé que la confrontation est ce qui nous permet de nous forger une opinion et que tout ce qui cache une partie de cette vérité est une tentative d’endoctrinement; Mais j’ai effectivement des vieux reste de « Montessorien », où rien ne remplace l’expérience personnelle et la confrontation à sa propre capacité à comprendre le monde, à l’expérimenter dans une vision positive des capacités et ceci depuis le plus jeune age du petit enfant. Alors pour moi ce site n’est absolument pas un « champ de bataille » mais un lieu de confrontation d’idées et d’opinions d’où peut naître une sagesse commune. Lorsque je vous dis cela c’est sans colère aucune, simplement une tentative d’explicitation de ma pensée et ceci au risque de choquer où de ne pas être compris. Le « venin » c’est la façon imagée de nommer ce qui est insufflé par quelques uns et qui gagne le corps entier. Un groupe extrémiste ( allez voir le site du « salon beige » car on y comprend comprend vite les positions développées et les alliances avec l’extrême droite) envoie un peu de son attitude de rejet de cette femme philosophe et laisse agir….la conférence des évêques de France (peut être peu sure de ses propres valeurs) en fait toute une affaire….. »chrétiens immatures, non capacités à comprendre les positions de François.. et excluent cette femme. Ces extrémistes n’ont même pas eu besoin d’en faire plus que cela et le venin a fait son effet. La question qui me taraude alors est pourquoi tant de faiblesse, pourquoi tant de renoncement? Ou bien ces idées là étaient elle déjà présentes chez ces prélats et ce petit déclencheur a suffit……..Restons poil à gratter pour ne pas accepter des dérives dangereuses. Le message du Christ est simple à comprendre mais difficile à mettre en pratique; tout le monde est appelé à débattre si on l’écoute avec respect…quoi que vous en pensiez.. Et chez le plus petit d’entre nous, chez le plus immature, chez le moins instruit, il existe une étincelle de divinité qui n’attend que d’être mis à jour.

      • L’information contradictoire est un devoir qui incombe à tous car il forme la conscience : si l’information reste unilatérale, elle n’est plus de l’information elle est endoctrinement, c’est une évidence c’est pourquoi on ne peut être d’accord avec les termes de la lettre à envoyer rédigée par Petitchose… Mais si l’épiscopat a cédé c’est que les intégristes comme les charismatiques paient le denier du culte avec une très grande rigueur et qu’actuellement il ne peut se passer de cette manne sûre, il faut rester réaliste, peut être même les a-t-on menacé de le supprimer carrément, personnellement cela ne m’étonnerait pas du tout, c’est bien dans leurs méthodes !

  6. J’avais démarré un commentaire un peu long, mais tombant depuis sur cet article: http://www.france-catholique.fr/Approfondir-et-debattre.html et dans la mesure où il reprend en termes clairs le fond de ma pensée, je suis content de pouvoir le partager: il y a un temps pour approfondir, et un pour débattre.
    Je ne connais pas la méthode « Montessorienne », mais ce système en deux temps: j’approfondis et je prie d’un côté, je dispute et je confronte de l’autre, offre à mes yeux une position équilibrée qui impose le va et vient de l’un à l’autre. Je ne demande pas à refuser l’expérience personnelle, bien au contraire, je suis pour, mais en son temps. Il y a les temps de formation pour se ressourcer et se retrouver, et les temps de dialogues et ou de disputes (courtoises, bien sûr!) pour éprouver ses positions au feu de celles des autres.
    Quant à sonder le coeur de l’épiscocat sur le pourquoi la marche arrière, l’explication avancée par monseigneur Brunin me satisfait. Je comprends qu’elle ne satisfasse pas tout le monde.
    Et petit dernier mot sur le commentaire de Jobinette: réduire le retrait de la philosophe du programme pour une question d’argent me semble hasardeux, et je suis preneur de tout lien renvoyant vers une menace de la part des deux milieux cités de cesser le denier du culte. Ceux qui ne le donnait pas ne vont pas moins le donner, et ceux qui le donnent ne vont pas cesser pour si peu. Et si vous avez un lien renvoyant vers les sommes effectivement données selon que les chapelles aient des charismatiques ou des intégristes, je serais preneur de ce genre d’informations.

  7. Le christianisme libère la parole en faisant confiance, mais dans une vision responsable.
    Il ne me semble pas responsable au sein de formation qui permettent de former les esprits de tout de suite mettre le débat. Il y a un temps pour la formation, un pour le débat.
    La position de fond (repousser le dialogue à une situation qui sera plus favorable, c’est à dire en dehors d’une séance de formation par exemple) est donc tout à fait en accord avec une position prudentielle et peu importe qui mène à prendre cette décision si celle-ci est juste.
    Ceux qui veulent débattre peuvent tout à fait inviter des personnes avec qui elles sont en désaccord dans le cadre d’un dialogue (chaque chose est alors à sa place).
    L’esprit et le souffle de Vatican II, je ne sais pas ce que c’est. Mais les textes de Vatican II, on peut les lire, et ils n’ont rien contre la responsabilité et la formation responsable.
    Quant à la Vérité, tout entière, bien vaniteux serait le chrétien qui croirait la détenir tout entier, aussi longtemps qu’il n’est pas parfaitement uni au Christ. On chemine vers celle-ci.
    Et diaboliser le Salon Beige ou Civitas, c’est à dire refuser tout dialogue avec eux au nom de ce que ce seraient des puissances maléfiques qu’il ne faudrait pas écouter, refuser le dialogue avec eux qui sont nos frères chrétiens, ça ne me semble pas très dans l’esprit de l’Eglise.
    Et comme je le disais dans un précédent billet, il y a un temps pour approfondir, un temps pour débattre. Je cite l’article auquel je fais référence:  » il ne faudrait pas confondre les domaines ou se tromper dans l’économie du temps. Il y a des moments pour débattre, il y en a d’autres pour approfondir ses propres convictions, surtout si elles se ressourcent à la grande tradition chrétienne. Au surplus, il serait vain de débattre si, au préalable, on n’avait pas soi-même étudié, médité, assimilé le corpus de la Tradition chrétienne, notamment là où il devrait être le plus sollicité aujourd’hui. Celui de l’anthropologie, dans ses racines bibliques et ses développements spéculatifs au cours des siècles. Reste à déterminer le temps de l’approfondissement et le temps de la confrontation. »
    Ca résume ma pensée en ce qui concerne la décision prise par les évêques.

    • Ah non, pas du tout!
      Simplement, le bon ordre pour faire les choses, c’est d’abord se former, ensuite débattre. Un temps pour se poser, creuser, approfondir, prier. Un autre pour aller à la rencontre de l’autre, débattre, discuter, cheminer ensemble.
      Je suis pour le débat, et pour qu’il soit mis à sa juste place, dans un cadre propice.
      Je suis contre l’exclusivisme du débat, si on ne fait que ça. Le débat pour le débat, ça ne mène qu’à du verbiage inutile. Le débat est un moyen pas un but en soi. Et c’est un moyen très utile et très bon!

  8. Mais pour vous « former et approfondir » vous vous fiez donc essentiellement à la parole des théologiens ?
    Et pour prier, à celle de la prière communautaire ?

    • Pour se former et approfondir, vous avez dans la longue Tradition de l’Eglise de nombreuses personnes reconnues pour la qualité de leur travaux: les docteurs (saint Thomas d’Aquin et sainte Thérèse d’Avlia par exemple), les saints à travers leur vie exemplaire (connaitre la vie de son saint patron est une excellente chose), les pères de l’Eglise (saint Bonaventure ou saint Augustin), ou encore les textes du Magistère (encycliques, catéchisme de l’Eglise catholique)… vous avez un vaste choix et vous trouverez, selon votre goût propre de quoi répondre à vos aspirations personnelles! Bien au-delà de ceux qu’on peut qualifier de théologiens.
      Quant à la prière, vous avez celle que le Christ a enseigné, les psaumes, celles composées par les saints, ou encore d’autres formes très diverses qui se complètent et ont toutes leur place, comme les prières très courtes (type: Merci mon Dieu), les prières personnelles qui viennent du fond du coeur, les prières en groupe, les adorations, la liturgie des heures ou la messe… Là encore, pour adorer, glorifier, remercier, demander ou louer, vous avez des trésors très divers!
      Je me fie un peu à tout ça, la Tradition, le Magistère, le Saint-Esprit aident à s’y retrouver, et écoutez aussi ce que vous dit votre coeur! Rien n’enlève le discernement intérieur!

  9. Lundi 31 mars à 14 h nous avons eu l’honneur d’avoir la même conférence à Bordeaux qui a eu lieu, de Madame Fabienne Brugères, philosophe, à destination des professeurs de l’Enseignement Catholique, en stage en session nationale. C’est effectivement une personne exceptionnelle par la rigueur de son enseignement, extrêmement brillante. Elle nous a fait une analyse de la Parabole du Bon Samaritain Luc X 29-37 remarquable…
    Cela prouve à la fois l’exceptionnelle ouverture de l’Enseignement Catholique bordelais ainsi que du Cardinal Ricard, j’ai retrouvé, après de longs mois de gêne provoquée par les manifs tapageuses, la joie d’être catholique…

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