L’ Europe, de l’Atlantique à l’Oural

L’Ukraine est au cœur de l’actualité. Mais ce qui se passe en Ukraine a des répercussions au-delà de ses frontières, en Europe et pour l’Europe. Un billet de Jean-François Kesler.

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Pour le général de Gaulle, l’Europe s’étendait de l’Atlantique à l’Oural. Ce qui est d’ailleurs conforme à la géographie et à l’histoire. A la géographie : il suffit de regarder une carte. A l’histoire: l’Europe est née de la chrétienté médiévale, que nos « euroligarques » le veuillent ou qu’ils ne le veuillent pas. Pour les historiens, qu’ils soient croyants ou non, l’Europe, c’est l’Europe des cathédrales. La Russie a été christianisée beaucoup  plus tardivement que l’Italie ou la France, mais pas plus tardivement que la Scandinavie.

Au contraire, qu’on le veuille ou non, la Turquie n’appartient pas à l’Europe, même si elle a tenu sous son joug, pendant plusieurs siècles, les peuples de l’Europe du Sud-Est, et notamment les Grecs. La Turquie est beaucoup plus asiatique que la Russie, ses racines ne sont pas européennes et sa culture ne participe pas à la culture européenne. Son brillant passé chrétien, de près d’un millénaire et demi, a été largement éradiqué.

Mais que serait la littérature européenne, sans Dostoïevski, sans Tolstoï, sans Tchékhov, sans Pouchkine, sans Pasternak, sans Soljenitsyne!
Et de même pour la musique ou la peinture.

Comme en écho à de Gaulle, Michaël Gorbatchev a évoqué la « maison commune » des Européens. Malheureusement, et pour les Russes et pour les Européens, Michaël Gorbatchev a chuté. Malheureusement, après le règne calamiteux de Boris Eltsine, Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir.

Mais il faut savoir que dans  la population russe, Gorbatchev (que, pour ma part, j’ai admiré et que j’admire toujours) est plutôt détesté,et que, au contraire, Poutine est plutôt populaire. Ce qui en dit long sur l’état d’esprit des Russes. Car enfin, c’est Gorbatchev  qui a mis fin au système soviétique. Et aussi à l’Empire soviétique.

Cependant, souvenons-nous que beaucoup de  Français ont eu du  mal à accepter la décolonisation. Je me souviens avoir déjeuné à Moscou en 1990 avec le dernier ministre de l’Éducation nationale d’URSS.  Il acceptait toutes les réformes intérieures possibles et imaginables, même la privatisation des chemins de fer. Mais il ne pouvait envisager l’indépendance des Pays baltes. Il m’avait rappelé ces hommes politiques et ses hauts fonctionnaires qui ne pouvaient envisager l’indépendance de l’Algérie. A cette différence près que l’indépendance des États baltes s’est réalisée sans effusion de sang.

Concluons:
1°) Saluons la révolution ukrainienne et aidons le peuple ukrainien, qui s’est débarrassé d’une tyrannie incapable et corrompue. Cependant, oeuvrons pour que l’Ukraine ne soit pas un mur de Berlin, mais un tait d’union. Je n’oublie d’ailleurs pas que la Crimée n’est pas ukrainienne depuis si longtemps : elle y a été rattachée au moment où je suis devenu majeur.
2°) Reprenons la politique russe de Charles de Gaulle, voire de François Mitterrand, qui n’excluait pas la solidarité occidentale, mais qui était autonome.
3°) Sachons qu’une association étroite de l’Union européenne avec la Russie est absolument indispensable.

Jean-François Kesler

 

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