De ces fièvres qui nous couchent à celles qui nous relèvent

Bernard Devert était devant sa télé il y a quelques semaines, devant l’émission Mots croisés. Elle lui a inspiré une réflexion sur l’importance des mots, ce rapport au verbe… et au Verbe. 

L’actualité est pour le moins enfiévrée.

L’émission de ce lundi 21 octobre au soir sur une grande chaîne nationale, Mots croisés, est bien nommée : des acteurs politiques – plutôt de premier plan – cherchant moins à se rencontrer sur des idées que de croiser le fer en essayant de faire mouche avec des formules occultant parfois le creux des propositions.

Cette fièvre est le signal d’un corps social, malade ; les politiques sauront-ils le soigner ? L’un d’eux croit avoir trouvé le remède, l’isolement ; la cause de nos maux serait la lèpre venue d’ailleurs.

Quand le verbe déserte la bienveillance pour participer à la stigmatisation, alors se fait jour le ‘dur’, compagnon de la mort, oubliant que, seul, le fragile est compagnon de la vie.

Le fragile est le contraire de la faiblesse, pour être l’expression d’une puissance traversée, non point occultée mais dominée.

Au cours de l’émission, je n’ai pu m’empêcher de faire mémoire du récit de la tentation. « Jésus est poussé, emmené par l’Esprit », alors que certains de ses acteurs politiques étaient conduits par la recherche d’être premiers.

La parole enfiévrée des ‘diabolos’ de tous les temps et dans toutes les situations est de faire croire qu’ils peuvent donner ce qui est attendu pour autant qu’on leur cède le pouvoir.

Au diable, les fossoyeurs du bien commun. Au diable, ces constructeurs de murailles refusant les libres espaces témoignant de la confiance. L’autre ne peut être entendu comme un danger mais une bénédiction.

Au Verbe qui s’est fait chair s’opposent les bateleurs de l’inessentiel qui encombrent le corps social jusqu’à l’enfiévrer.

Dans ce corps qui a mal, ne relevons-nous pas par cette fièvre les signes d’une défense contre ces maux destructeurs, aggravés par des mots qui n’ont d’autre perspective que d’inquiéter, de séduire et d’instrumentaliser le désenchantement ?

Invités par l’Esprit, la mission n’est-elle pas d’offrir un autrement. Une espérance qui déjà traverse bien des réalités sociales. L’urgence est de savoir la lire pour faire entrevoir un monde plus ressuscité qu’on ne le pense.

Réveillons-nous, la guérison ne vient pas d’un ailleurs, elle naît d’un chemin d’intériorité.

Bernard Devert

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Une réflexion au sujet de « De ces fièvres qui nous couchent à celles qui nous relèvent »

  1. Certes, certes, mais qui est le plus à blâmer : les concepteurs de l’émission ou bien les politiques qui se livrent à ce jeu. En un mot les tentateurs ou les « tentés ». Il y a une phrase du Notre Père plus ou moins bien traduite qui parle de cela. Je pense pour ma part que la presse est marquée par un véritable péché originel : la recherche inexorable et inextinguible de l’audience. C’est au 19° siècle que cela a commencé. C’est lorsque le fait divers – c’est à dire une forme particulière de voyeurisme – a été inventé que la presse « grand public » a vu le jour. Pour ne pas tomber dans les multiples pièges de l’audience, il faut une force de caractère peu commune.

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