L’Eglise et le mariage gay : une défaite à la Pyrrhus ?

Manif pour tous 13 janvier. Photo Ericwaltr

Manif pour tous 13 janvier. Photo Ericwaltr

Le mariage pour tous étant voté, le «bilan» du combat mené par l’Eglise se trouve désormais sous les projecteurs… des médias et de ses propres fidèles. Nous publions ici le texte de René Poujol posté mardi sur son blog. 

La «devinette» du jour pourrait être la suivante : combien de temps devrons-nous attendre, à l’issue du vote de la loi Taubira par l’Assemblée, pour voir surgir le premier commentaire sur la «défaite» de l’Eglise catholique et ses conséquences ? La Conférence des évêques de France, qu’on le regrette, qu’on s’en réjouisse… ou qu’on s’en tienne au simple constat, avait pris fait et cause contre le projet de loi gouvernemental. Et l’Assemblée à tranché : c’est oui au mariage pour tous. Il reste, bien sûr, d’autres étapes à franchir : le Sénat puis un éventuel recours devant le Conseil constitutionnel. Mais pour l’heure, au regard du vote enregistré en première lecture, il y a bien défaite pour la hiérarchie catholique comme, plus généralement, pour toutes celles et ceux  – dont je suis – qui se sont mobilisés, jusqu’à descendre dans la rue, pour contester le bien fondé de cette «réforme de civilisation» et les conditions dans lequelles le pouvoir a confisqué le débat, au motif qu’il avait déjà été tranché lors de la présidentielle.

Pour le gouvernement, l’honneur est sauf, mais la victoire limitée.

Mais on peut se demander si ce n’est pas une «défaite à la Pyrrhus» au regard du coût de la victoire pour le gouvernement et sa majorité. Car enfin, si mobilisation il n’y avait pas eu dans le pays (1), nous aurions à ce jour, outre le mariage pour tous et le droit à l’adoption : la suppression des mots père et mère dans l’ensemble du Code civil, et, selon toute vraisemblance, l’ouverture de la PMA aux couples de même sexe, que le parti socialiste n’avait pas renoncé à rajouter, par voie d’amendement, au texte gouvernemental.

Or, non seulement ces deux dispositions ont disparu, mais on peut imaginer que le Président de la République y regardera à deux fois avant de demander au Parlement de se prononcer sur la PMA pour les couples de même sexe (2), comme sans doute de trop bousculer les dispositions de la loi Léonetti sur la fin de vie. Le gouvernement peut se prévaloir de n’avoir pas cédé face à la rue, sur l’engagement du candidat socialiste à la présidentielle. L’honneur est sauf !

L’idée d’écologie humaine fait une percée dans l’opinion.

Mais l’essentiel du bilan est ailleurs. La victoire idéologique à laquelle la gauche libertaire et la plupart des médias pensaient être parvenus, favorable, dans la foulée du mariage gay, à l’ouverture aux couples de même sexe de toutes les techniques de procréation assistée (PMA et GPA) est désormais ébranlée, remise en question. Et les rangs de la gauche ne sont pas épargnés comme le Nouvel Observateur a bien du le reconnaître (3).

L’idée d’écologie humaine, comme refus de la manipulation et de la marchandisation du vivant, semble avoir fait sa percée dans l’opinion, même si certains ont contesté qu’elle fasse partie du débat, au seul stade du marage pour tous. Au-delà des dérobades, des faux-procès et des outrances langagières, un débat essentiel s’est engagé… sans doute pour longtemps. Et ce n’est pas le moindre paradoxe d’entendre certains regretter à haute voix que, contrairement aux pays voisins où le mariage gay a été reçu pour ce qu’il prétendait être : une loi de progrès, les Français aient perdu tant de temps à la disputatio et à la délibération démocratique. Comme si ce n’était pas là l’essence même d’une démarche citoyenne.

Quelles conséquences pour l’Eglise catholique ?

L’Eglise catholique, nous dit-on, va payer chèrement son engagement et partant, renforcer  son divorce d’avec la société. Est-ce aussi simple ? Sur la loi Taubira, la Conférence des évêques aurait-elle renoncé à prendre position que son silence ne lui eut sans doute valu aucune gratitude particulière. Mieux : aurait elle apporté son soutien au projet gouvernemental que l’on aurait parlé de «reddition».

Dès lors, autant rester droit dans ses mules ! Et se réjouir, à l’occasion, de lire dans un magazine qui ne passe pas pour calotin : «L’engagement des religieux dans ce conflit si moderne ne s’explique pas d’abord par biblisme ou par naturalisme, mais parce qu’ils font partie, avec d’autres, des derniers défenseurs des faibles et des sans-voix pénalisés par ce social-individualisme en vogue : ils ne sont pas, sur l’homoparenté, en contradiction avec leur propos sur les Roms, les sans-logis, les vieux ou les malades, mais dans la même logique, qui fut longtemps celle de la gauche.» (4) Un ange passe ! Hors du monde catholique lui-même, il se pourrait que la prise de position de l’Eglise, au fond prévisible, soit sur le moyen terme d’un impact négatif limité. (5)

Les vrais dégâts pour l’Eglise : la division des catholiques.

Non, les vrais dégâts – car je pense que dégâts il y a eu – c’est parmi les fidèles qu’ils se sont produits. Le reproche le plus souvent adressé aux évêques est de n’avoir pas ouvert le débat au sein de l’Eglise alors même qu’ils y appelaient dans la société. Mais la requête est ambiguë. Un débat sur quoi ? Sur l’homosexualité ? Ce n’était pas l’objet du projet gouvernemental et ce n’est pas sur cette question que les évêques demandaient l’ouverture d’Etats généraux.

Un débat sur la loi Taubira, alors ? Mais pour quoi faire ? Prendre acte de la diversité des sensibilités parmi les catholiques et en conclure à l’impossibilité pour l’épiscopat d’adopter, sur le sujet, une position collégiale ? Mais outre que cette pratique «démocratique» n’a pas cours dans l’Eglise, les évêques pouvaient-ils réellement «faire silence» sur ce projet de loi ? C’eut été entériner sans broncher ce que beaucoup, même parmi les non-chrétiens, analysent comme une «rupture» lourde de conséquences dans notre conception du mariage et de la filiation. Et sans doute prendre le risque de laisser tel ou tel évêque exprimer librement des opinions qui, pour le coup, eussent fait basculer l’image du catholicisme français dans une radicalité extrême. Et par contre-coup, inciter d’autres «frères dans l’épiscopat» à prendre à leur tour la parole pour faire entendre leur différence. Une belle cacophonie en vérité !

L’expression d’un pluralisme de convictions, spontanée et légitime parmi les fidèles, était tout simplement impensable du côté de leurs pasteurs. Mais cette distorsion même s’est avérée lourde de conséquences. Nombre de catholiques, favorables au projet gouvernemental, n’ont pas compris l’engagement univoque de l’épiscopat qui sonnait comme un désavœu. Au-delà, beaucoup ont mal vécu les appels à manifester ou à signer des pétitions, relayés sans nuance dans certaines paroisses. Dès lors le positionnement de la hiérarchie a, de fait, contribué à durcir les «échanges», déjà tendus, entre ceux qui prenaient fait et cause pour le projet Taubira et ceux qui estimaient devoir le dénoncer… au nom du même Evangile. Des fractures se sont produites, qui seront sans doute longues à réduire. Un paradoxe lorsqu’on connaît le souci obsessionnel des évêques, vécu parfois jusqu’à l’immobilisme, de ne pas «diviser le peuple chrétien.» Sauf qu’en l’occurrence, la source de la divisions était… le projet de loi lui-même !

Sur l’homosexualité, il y a urgence à ouvrir la réflexion et le débat. 

Si l’opportunité d’un débat, intra-ecclésial, sur la loi Taubira peut prêter à controverse, il n’en reste pas moins que, sur la question de l’homosexualité cette fois, l’Eglise catholique se trouve au pied du mur. Les homosexuels ne campent pas à la périphérie mais sont là, parmi nous. Seuls ou déjà en couple. Parfois en famille, avec des enfants, issus, le plus souvent, d’une première union hétérosexuelle qui a pu prendre forme sacramentelle. Peut-être demain civilement mariés. Quelle place leurs ferons-nous dans nos communautés ? Refuserons-nous d’appeler sur eux la bénédiction de Dieu, s’ils nous la demandent ? Leur interdirons-nous l’accès à toute responsabilité dans l’enseignement catholique, les mouvements et services d’Eglise ou les ministères ordonnés ? Tiendrons-nous leurs enfants à l’écart de la catéchèse et des sacrements ? Pour certains adultes, qui cheminent depuis peu dans la foi, allons-nous, comme cela se passe dans quelques diocèses de France, refuser de les accueillir comme catéchumènes, au motif qu’ils ne seraient pas disposés à vivre hors du péché ? Et cela, au nom de quelle Parole tirée des Evangiles ?

Déjà, des évolutions se font jour…

Sur cette question, ces dernières semaines auront marqué, à n’en pas douter, un point de non retour dans l’opinion catholique en France. Aura-t-on jamais autant parlé d’homosexualité dans la presse et les médias chrétiens, les salles paroissiales et jusque dans l’intimité des conseils épiscopaux ? Bien des fidèles «de base» avouent porter désormais un autre regard sur les personnes homosexuelles. Et s’il faut rendre à César ce qui lui appartient, reconnaissons à François Hollande d’avoir au moins contribué à cette prise de conscience.

Pour qui sait décrypter le langage ecclésiastique, le texte du Conseil Famille et société de la Conférence des évêques de France, qui a servi de support pédagogique à bien des rencontres, marque également une avancée notable, en reconnaissant, par exemple, qu’il peut «exister d’autres relations d’amour» qu’entre homme et femme, qui «ouvrent à un autre type de fécondité, la fécondité sociale», ou qu’il convient de «prendre au sérieux les aspirations de ceux (parmi les couples homosexuels) qui veulent s’engager dans un lien stable». Impensable il y a seulement quelques années !

Des évolutions à ce point «sensibles» que ce texte a fait l’objet, de la part de la Cef, d’une publicité, disons… modeste. On devine qu’il est loin de faire l’unanimité parmi les évêques. Certains le jugeant trop audacieux – déviant ? – au regard du Magistère romain qui demeure la règle. En revanche, il rejoint et conforte la position plus «progressistes» de certaines associations catholiques, telles les Semaines sociales de France qui, tout en se prononçant contre le mariage pour tous ont fait connaître, positivement, leur soutien à la proposition de l’Unaf d’instituer un statut d’union civile… donc une forme de Pacs renforcée ! A d’autres, en revanche, ce texte semblera encore trop timoré, rejoignant d’autres déclarations du même ordre sur le divorce, la contraception ou l’avortement.

Propos non moins significatif, même si, comme souvent, certains se sont empressés à en relativiser l’audace et la portée : la récente déclaration à Rome, de Mgr Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille, dénonçant toute forme de discrimation envers les homosexuels, dans certains pays du Moyen Orient et d’Afrique, mais surtout se disant favorable à des solutions civiles hors mariage pour les couples homosexuels.

Ce débat-là, éclairé par les sciences humaines, l’enseignement du Magistère et la recherche théologique, il appartient au peuple chrétien et à ses médias de s’en saisir, de le nourrir, de le faire vivre, et pouquoi pas dans tel ou tel diocèse, avec le concours de l’évêque du lieu, sans attendre que l’institution s’autorise à en prendre l’initiative. Même si on peut le regretter !

Les raisons de mon choix…

J’entends déjà quelques amis se récrier : tiens tu te réveilles donc ? Il était temps ! Que n’as-tu tenu ce langage au cours des derniers mois, au lieu de t’enfermer dans un discours de refus du mariage pour tous ?

Ma réponse est simple même si elle n’a pas toujours été facile à vivre : il m’a semblé, comme citoyen, que la loi Taubira portait sur le mariage civil, pas sur l’homosexualité. Elle devait être appréciée, bonne ou mauvaise, à partir de ses critères propres, de la pertinence de la solution qu’elle prétendait apporter au problème posé. Et que cela était totalement indépendant de la manière dont l’Eglise gérait, bien ou mal, pour elle-même, la question de l’homosexualité. Ce qui m’a conduit, c’est vrai, à rejoindre l’épiscopat dans sa critique du projet de loi, sans renoncer à l’interpeller à nouveau aujourd’hui sur la question homosexuelle. (6)

Pas d’amour sans justice et sans vérité. 

A mes amis chrétiens que mes propos auraient pu blesser, durant cette période, je voudrais dire ceci : je puise dans la Bible, qui est notre héritage, la conviction qu’il ne peut y avoir d’amour véritable sans justice et sans vérité. Avec d’autres, j’ai mené, loyalement et sans haine, un combat qui me semblait être de justice vis à vis des enfants, et de vérité au regard de la nécessaire différenciation des sexes dans le mariage. Le message d’amour de l’Evangile ne me semble pas en deça de ces exigences.

Demain la loi sera la loi et je suis un démocrate. Mais je crois que si un Parlement est légitime à trancher entre le permis et le défendu, il ne l’est pas à prétendre départager le vrai du faux, le bien du mal, qui sont d’une autre nature ! Sous mon acquiescement citoyen je revendique une totale liberté de pensée et d’action.

Au cours de ces derniers mois j’ai, involontairement, porté des coups. J’en ai reçu. J’ai perçu combien des arguments qui se voulaient «neutres» et «de raison» pouvaient être ressentis comme blessants par certaines personnes homosexuelles ; combien il pouvait être difficile de ne pas se déchirer avec ses propres amis ; combien le regard d’estime que l’on portait jusque-là sur certaines personnes pouvait soudain se voiler. Pour autant, aujourd’hui comme hier, tout homme est mon frère !

Demain nous, chrétiens, entrons en Carême. Ce peut être le temps pour redécouvrir la sagesse du désert, l’exigence de l’apaisement et le poids du silence.

——–

  1. Et bien en amont et au-delà de la seule initiative épiscopale.
  2. Ou sur la GPA déjà réclamée par certains.
  3. Le Nouvel Observateur du 30 janvier écrit, p.26 : « C’est une avalanche de lettres qu’a reçu « le Nouvel Obs » pour exprimer une franche hostilité au « Mariage pour tous » (…) Beaucoup des courriels émanent d’abonnés à « l’Obs » ou de « lecteurs réguliers » et ayant voté parfois François Hollande, qui disent se sentir « méprisés » par les difficultés rencontrées par les manifestants à être reçus par le Président de la République. »
  4. Eric Conan  et Jean Dominique Merchet, Marianne, 27 janvier 2013.
  5. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne devra pas un jour s’interroger vraiment sur les conséquences, pour l’annonce même de l’Evangile, d’une attitude permanente d’opposition, face à toute réforme sociétale : divorce, contraception, avortement, pacs… et aujourd’hui mariage pour tous !
  6. Position inconfortable qui risque fort de condamner cet article à être décrié ou tout simplement ignoré à la fois par les tenants du mariage pour tous comme par ceux qui estiment que l’Eglise catholique est dans la vérité à maintenir fermement son enseignement sur l’homosexualité.

Du même auteur, sur le même sujet : 

Le mariage est mort, vive le mariage ? (30 janvier 2013) http://www.renepoujol.fr/le-mariage-est-mort-vive-le-mariage/

Mariage gay : le cœur et la raison (20 janvier 2013) http://www.renepoujol.fr/mariage-gay-le-coeur-et-la-raison/

Est-il encore temps d’appeler chacun au souci du bien commun ? (4 janvier 2013) http://www.renepoujol.fr/est-il-encore-temps-dappeler-chacun-au-souci-du-bien-commun/

Expliquez-moi pourquoi… (22 novembre 2012) http://www.renepoujol.fr/expliquez-moi-pourquoi/

Pourquoi les chrétiens de gauche ne sont pas divisés par la question du «mariage pour tous» (15 novembre 2012) http://www.renepoujol.fr/pourquoi-les-chretiens-de-gauche-ne-sont-pas-divises-par-la-question-du-mariage-pour-tous/

Est-il encore possible de mettre en débat la question du mariage gay ? (5 avril 2012) http://www.renepoujol.fr/marions-les-marions-les-je-crois-quils-se-ressemblent/

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13 réflexions au sujet de « L’Eglise et le mariage gay : une défaite à la Pyrrhus ? »

  1. les Églises quelle qu’elles soient n’ont jamais eu aucune légitimité pour représenter Dieu encore moins pour dire décider et juger en Son Nom. La plus grande réforme, la plus grande avancée de l’Humanité sera de ramener enfin les Églises toutes les Églises à ce rang qui leur appartient de simple mouvement communautaire politico social. L’Église catholique quant à elle depuis le début de son Histoire n’a cessé de témoigner de son racisme de son sectarisme de son inhumanité de son hégémonisme de sa cruauté et là encore ça à le mérite d’être clair de son homophobie.
    google : La Vie – le Blog de Philippe Vinsonneau

    • Je ne suis pas sûr qu’autant de fière certitude soit une bonne introduction pour un dialogue qui, de fait, me semble hélas sans objet !

  2. bonjour: ne suis pas du tout convaincu de la pertinence de votre article et l’appellation chrétiens de gauche me semble un peu surfaite .. Comment peut on parler de débat démocratique dans une instance non démocratique comme l’église catholique tenu par des célibataires bien peu épanoui dans leur affectivité. Bien sur on peut toujours croire en l’action de l’esprit saint mais l’institution reste au pouvoir des ecclésiastiques et les seuls éléments  » de gauche  » sont vite marginalisés donc ignorés. Oui la foi peut laisser croire a la puissance de l’esprit saint sauf que des miracles il y en a peu souvent. Cette loi a permis de faire réfléchir certains malheureusement certains progressistes( sans les considérer comme une référence) vont encore plus s’éloigner de l’institution. Je pense que si le christ revenait (physiquement ..) il renverserait de nouveaux les étales des marchands du temple et proclamerai l’urgence d’aimer les pauvres et les petits. Non vos arguments ( plein d’excuses!!!!!) ne me convainquent pas .. L’institution de nouveau veut nous faire croire que son discours sur la sexualité reste la référence : non ce n’est pas la fin du monde ( cette loi) mais bien la fin d’un monde. Oserais je m’émerveiller du départ du pape posant enfin la place du pouvoir sur les individus= y renoncer en ce carême c’est le moins que l’institution puisse faire : chacun sera jugé en conscience et non en respect de dogme d’une institution qui mixte l’évangile à sa sauce… Sans rancune

    • Votre commentaire, que je respecte, me fait penser à la querelle entre Racine et Corneille. Je me suis contenté – en journaliste – de tenter d’expliquer le réel, compte tenu de la diversité et des rapports de force au sein des évêques de France et du fait que jusqu’à plus ample informé, ils sont tenus, sur ces questions, par le Magistère de l’Eglise catholique. Alors on peut toujours rêver d’une Eglise idéale… Sur la sexualité et l’Eglise je crois m’être suffisamment exprimé dans un autre article de mon blog personnel.

  3. Le terme de mariage « pour tous » est mensonger puisque il s’agit du mariage homosexuel. Appelons les « choses » par ce qu’elles sont. D’autre part, je suis atterré de voir ici certaines réactions qui sont tout à fait hostiles à l’Eglise et qui rejoignent ceux qui l’ont toujours combattu. Les homosexuels vivent leur vie, c’est leur problème. Qu’on accorde des droits supplémentaires à ces couples en matière administrative ne me dérange pas; par contre, que l’on fasse une propagande en faveur de leur sexualité (notamment à l’école publique qui devrait être neutre) et que l’on utilise le mot de « mariage » pour leur union, là ça me gêne. N’oubliez pas que la majorité des religions sont hostiles à cette prétendue réforme. Et puis les Evangiles prônaient l’amour du prochain, mais n’ont jamais, me semble-t il , prônés ce type de sexualité…

    • Que le terme de « mariage pour tous » soit mensonger, j’en conviens volontiers. Mais dès lors que l’on veut parler du débat en cours il faut bien utiliser les expressions choisies par le gouvernement sauf à ne plus savoir de quoi on parle. Pour le reste je me contente ici de répondre de ce que j’ai écrit dans mon article et sur quoi je m’engage. Je n’ai cessé, depuis des mois, de me prononcer ouvertement contre le principe du mariage pour les couples de même sexe et je n’ai jamais abordé, ni de près ni de loin, la question de l’éducation sexuelle à l’école.

  4. Dur d’être libre, de penser librement et d’être un fidèle de l’église catholique !
    Bravo à René Poujol d’assumer ses positions dans la liberté, sans se référer au devoir de soumission aux diktats de la hiérarchie.
    Car, il ne faut pas le nier il y a eu grosse pression dans les diocèses et les paroisses et beaucoup de fidèles se sont contentés d’adopter, sans avoir à réfléchir, une position qui était prêchée comme la seule chrétienne.
    Que les évêques prennent position et le disent quoi de plus normal ?
    C’est leur rôle; mais ils ont choisi de faire une totale impasse sur le débat, ne voulant pas prendre le risque sans doute de voir leur position contestée.
    Qu’à l’exemple de Mgr Vingt-Trois, qui fit prier la France entière le 15 août pour sa position, tout le clergé se mette à militer en instrumentalisant prières et homélies dans les lieux de culte, en devenant distributeurs de tracts et conseillers politiques, soutenus en cela par les diocèses organisateurs des déplacements vers la manif anti-loi, voilà quelle est la dérive grave de notre église de France qui a creusé une grosse faille dans l’unité des catholiques en refusant de reconnaître et respecter la diversité des positions en son sein.
    L’église catholique, qui ne pèse plus très lourd dans la société n’a pas renoncé à être un lobby politique. Par son choix des moyens, elle se disqualifie et continue de perdre ses meilleurs éléments.

  5.  » Allons-nous refuser de les accueillir […] au motif qu’ils ne seraient pas disposés à vivre hors du péché ? Et cela, au nom de quelle Parole tirée des Evangiles ? »
    Jésus a en effet réservé bon accueil aux pécheurs et l’Eglise en fait autant. Jésus les libérait de leur péché, en donnant pour signe leur guérison physique. A cette époque chez les juifs la maladie était en effet le signe du péché. Mais le Christ leur demande d’abord ce qu’ils veulent : que veux-tu que je fasse pour toi ? – Seigneur que je sois guéri. La réponse signifie autant une demande de guérison physique que d’être sauvé. L’Eglise est donc légitime à demander à ceux qu’elle accueille de désirer sincèrement renoncer au péché. C’est aussi le fondement de la pastorale des divorcés remariés.

    • @Sylvius. Certes, sauf que la question aujourd’hui soulevée sur l’homosexualité, au sein même de nos Eglises, est de savoir si les « actes homosexuels » doivent continuer, en toutes circonstances, à être considérés comme péché. Je sais que formuler ainsi la question est grave, car c’est remettre en question l’enseignement traditionnel du Magistère et termes de morale. Mais c’est bien pourtant là le cœur du questionnement !

      • Il est vrai que, dans le relativisme ambiant, la phrase n° 2357 du catéchisme de l’église catholique qualifiant les actes homosexuels d’intrinsèquement désordonnés est devenue incompréhensible. Mais on a oublié que désordonné veut dire non finalisé. (« ordonné à « ). En effet la sexualité humaine n’est pas purement instinctive comme celle des animaux. Elle n’échappe donc pas à la raison et à la question de savoir quelle est sa finalité. Il ne s’agit pas de condamner mais d’appeler à une réflexion sur l’idée que les actes homosexuels ne sont pas conformes à la finalité de la sexualité humaine, et ce alors même que cette finalité n’est clairement pas seulement reproductive.

      • Sylvius, votre dernière phrase demande pour le moins à être explicitée. Si la finalité de la sexualité n’est pas seulement reproductrice, en quoi les actes homosexuels sont-ils non conformes à cette finalité (et laquelle) ?

  6. Ping : 24 mars, une manif ratée | A la table des chrétiens de gauche

  7. Pour que l’on évite de penser , ils ont trouvé un moyen : vous êtes homophobe.
    Toute personne qui s’interroge sur la dénaturation du mariage voulue par le gouvernement est homophobe.
    Dire qu’un couple homme-femme , c’est différent d’une paire homme-homme ou femme-femme, c’es être homophobe. Distinguer les comportements c’est être homophobe. Dire que l’homosexualité est une déviance de l’orientation sexuelle c’est homophobe, dire que l’on a une orientation sexuelle normale , idem.
    On ne peut plus penser, parler , au sujet de la sexualité, dès lors que l’on parle normalité ou anormalité d’une orientation sexuelle, dès lors que l’on parle mariage

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