La ruse des serpents et la prudence des colombes…

Paris juin 1982... il y a trente ans. Photo Claude Truong-Ngoc

Paris juin 1982… il y a trente ans. Photo Claude Truong-Ngoc

L’audition par la commission parlementaire sur le « mariage pour tous » des représentants des différentes religions, a-t-elle été marquée d’agressivité et de mépris à leur encontre, comme l’ont dénoncé certains commentateurs ? Ce n’est pas l’avis du sociologue des religions Jean-Louis Schlegel qui invite, par ailleurs, les catholiques engagés dans ce combat à plus d’écoute de ce qui se dit et se vit dans notre société. Ce texte est rédigé sous forme d’une lettre ouverte à René Poujol, l’un des fondateurs et contributeurs de ce blog.

Cher René, je te remercie, ainsi que Pierre-Yves Stucki et Aimé Blumentern (deux autres « amis » présents sur Facebook NDLR) , d’avoir signalé sur Facebook mes réflexions sur la laïcité par temps de « mariage pour tous ». Très sincèrement, je n’y pensais pas du tout – mais tout compte fait, je trouve que c’est très bien. Je persiste, et signe toujours, évidemment, ce que j’ai écrit, ici, il y a quelques semaines.

Mais puisque tu as accueilli et diffusé ce texte, je m’adresse aussi à toi et à la « Table des chrétiens de gauche » pour exprimer mon malaise après les réactions virulentes à l’audition des responsables religieux par les députés. Très franchement, je trouve qu’il n’y avait et qu’il n’y a pas de quoi être scandalisé. Passons sur les modalités, les temps de parole restreints, le temps de parole supérieur donné aux partisans du mariage homo, etc. Tout cela peut trouver des explications. Avec les religieux, les députés socialistes et leurs alliés présents ont exprimé leur désaccord avec fermeté, mais aussi avec courtoisie. On sentait certes une vague animosité, mais bon : il n’y a eu aucun dérapage de violence incontrôlée. Même avec le moins courtois et le plus virulent, M. Tourret, du groupuscule des radicaux de gauche, héritier lointain des vieux « radsoc » anticléricaux, il n’y a pas lieu de s’échauffer : son intervention assez brouillonne, d’où ressortaient des clichés et des remugles anticléricaux vieillis, m’a fait rire aux éclats à plusieurs reprises.

Ah cet argument, bien connu depuis longtemps, comme quoi l’Eglise défend la famille pour asseoir son pouvoir (comprenez : avec ces prêtres qui confessent les femmes pour tenir aussi les maris et avoir prise sur les enfants !). Je n’espérais pas de mon vivant entendre encore ça un jour. M. Tourret (dont on apprend qu’il a perdu son épouse il y a quelques jours, et c’est l’occasion de lui faire part de toute notre sympathie et de nos condoléances sincères) faisait tout de même copie délavée par rapport à ses antiques et vigoureux prédécesseurs du début du XX° siècle ou d’il y a quelques décennies encore. Enfin, que l’Eglise catholique et donc le cardinal Vingt-Trois aient été la cible principale, c’est tout de même dans l’ordre des choses ! Le contraire eût été étonnant – et, franchement, décevant !

Ils étaient là pour défendre une loi donnant des libertés…

Ce qui était intéressant, à mon sens, ce n’est pas leur opposition – ils étaient là pour ça -, mais l’écart manifeste entre des religieux qui avaient soigneusement préparé leur argumentaire avec des principes, des distinguos, des arguments philosophiques, juridiques, sociaux et théologiques, et des parlementaires de base du Parti socialiste, qui n’ont pas inventé la poudre mais qui sont certainement proches du terrain local, qui savent tout de l’économie locale, des questions d’urbanisme, des problèmes sociaux… et qui n’ont absolument pas envie de discuter des principes philosophiques, juridiques, théologiques du mariage en général et du mariage pour tous en particulier. Ils étaient là pour défendre une loi donnant des libertés et des droits nouveaux, donc aussi créer de l‘égalité, réparer une injustice, etc.

Cela leur suffit, et à ce titre, ils sont sûrs d’eux. C’est la culture de gauche actuelle, et pas seulement de la gauche. Néanmoins, ce qui m’a plus surpris encore, c’est le souci, de la part de tous, d’un côté d’exprimer le droit des religions à parler et à s’exprimer, mais d’autre part, pour certains, d’affirmer, sous des formules plus ou moins emberlificotées ou claires, la faible légitimité des religions (et surtout de la catholique) compte tenu du passé ancien et récent, c’est-à-dire à cause de leurs erreurs (« Vous vous êtes toujours trompés ») et de leur attitude historiquement hostile aux homosexuels (sous-entendu : vous êtes quand même toujours homophobes, quoi que vous disiez.)

De bons « soldats de rang »

Il se peut, certes, que ces députés « bouffent du curé » en privé. Je n’ai pas senti cela. A mon avis, ce sont surtout de bons représentants de la société réelle et de sa sensibilité actuelle, y compris religieuse et surtout non religieuse. A partir de là on pourrait se poser des questions : comment les députés qui viennent à ces séances sont-ils désignés ? S’agit-il de volontaires ou de délégués par la direction du Parti ? Je ne sais. Ce qui est sûr, c’est que le parlementaire de base ou moyen n’est pas le parlementaire qu’on voit sur les estrades, qui a des références intellectuelles et des connaissances fortes sur des dossiers difficiles. Avec qui on peut parler, avec qui on aime parler. Là, ce sont de bons soldats de rang, c’est tout, et ils seraient restés inconnus s’ils n’avaient émergé de l’anonymat pour cette cause à défendre.

Le passé historique des Eglises n’est pas toujours très lumineux

Après tout, c’est de bonne guerre d’attaquer non pas sur le fond mais sur la forme – i.e. de critiquer l’attitude historique des religions envers les homosexuels, ou encore leurs erreurs dans le passé sur une foule de choses, afin de disqualifier ce qu’elles disent et font aujourd’hui. Autrement dit, de jeter le soupçon sur leur belle argumentation philosophique et théologique. Il faut le reconnaître : c’est plutôt malin. Le passé historique des Eglises est certes noirci à souhait aujourd’hui, mais tout de même, il n’est pas non plus toujours très lumineux – pour rester dans la litote.

Et si on le prend au premier degré, sans recul, comme c’est le cas très souvent, c’est même le musée des horreurs ! Les adversaires de l’Eglise ne manquent pas d’ailleurs de munitions même récentes : ils pourraient renvoyer à des propos du pape datant des années 90, quand il était encore Joseph Ratzinger (comme l’a signalé le Canard enchainé – une de leurs lectures favorites, je n’en doute pas), ou encore, comme l’a fait une député, rappeler l’attitude violemment hostile de l’Eglise envers le PACS il y a une dizaine d’années, dont certains chrétiens regrettent aujourd’hui que ces «salauds d’homos» ne se satisfassent pas, surtout si on l’améliorait encore en y mettant quasiment les droits du mariage !

Nous croyons que les partisans du mariage pour tous vont se situer à notre hauteur de questionnement : illusion absolue ! 

Il faut donc aussi s’interroger sur nous, ou sur les religions, à partir de la ligne critique qui a été développée par les députés de gauche. Il y eut une époque où on se disputait sur le sexe des anges, et où on s’entretuait pour des arguments sur la nature et la grâce. Aujourd’hui – c’est cela le changement qu’il faut comprendre – la bataille porte sur la légitimité des arguments autant sinon plus que sur le fond. « De quel lieu, de quel droit tenez-vous votre position ? » That is the question. Si on ne le comprend pas, on aura encore mille occasions de se récrier, de s’offusquer, de se scandaliser sur le « fond » – mais je crains que ce soit surtout par impuissance, ou par naïveté, parce que nous croyons que les autres, les opposants à l’Eglise et les partisans du mariage pour tous, vont venir sur notre terrain et se situer à notre hauteur de questionnement. On est dans l’illusion absolue quand on croit cela. Du reste, le cardinal Vingt-Trois était sur le bon terrain – celui des conséquences pour la société -, mais il était trop « sérieux » : il fallait décrypter ce qu’il voulait dire…

Je souhaiterais plutôt qu’on tente d’entrer dans les discours des autres

Tout cela n’est pas une raison pour ne pas dire et redire les arguments des religions, de l’Eglise. Mais l’agitation sur les plateaux à coups de textes pontificaux et épiscopaux, ou d’« anthropologie » menacée, me paraît faible. Et les Espagnols, Américains et autres qui viennent à Bayonne pour « témoigner » (selon FB) ne m’inspirent vraiment pas grande confiance. Je souhaiterais plutôt qu’on tente un instant d’entrer dans les discours des autres et de les analyser avec précision, « froidement », pour être un peu « malins » dans l’expression des nôtres, un peu plus rusés, moins raides et empesés, moins « purement réactifs », moins catastrophistes aussi et moins apocalyptiques. Un peu plus politiques aussi. Et en se situant aussi, dès à présent, dans l’après coup.

Qui donc déjà a parlé de la ruse des serpents et de la prudence des colombes  nécessaires aux disciples ?

Jean-Louis Schlegel

 

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16 réflexions au sujet de « La ruse des serpents et la prudence des colombes… »

    • Une lettre qui fait du bien à qui veut l’entendre !
      Je ne connais pas ce monsieur, qui nous est présenté comme professionnel !
      Je me permets de souligner dans ce professionnalisme un petit problème d’audition et de vision sans doute ! A-t-il bien entendu ce qui a été dit et comment ? A-t-il bien conscience que ces messieurs de la majorités étaient là pour écouter et non pour se faire entendre ! D’autant que ce qu’ils avaient à dire était loin d’être intelligent, lorsque cela portait effectivement sur le sujet !
      Bien au delà de cela, la méthode est inquiétante ! D’accord ou pas d’accord, en démocratie on parle et on laisse parler ! Certes la méthode d’une certaine gauche est de crier fort pour empêcher l’autre d’être entendu ! Précisément la majorité actuelle est une dangereuse idéologie antidémocratique et toute son action le montre, tant à l’intérieur du territoire qu’à l’international !
      Ce parlement ne légifère pas, il impose une dictature par la force et sans jamais accepter le débat.
      Nous avons connu des gauches intelligentes, brillantes même! Celles-ci précisément n’avaient pas peur de l’opinion de l’autre parce que là où notre majorité actuelle mets de l’idéologie, leurs ainés, eux, fondaient leur réflexion sur une réalité concrète et surtout réelle.
      Vivre dans l’illusion du rêve rend impossible tout débat puisque nos autruches refusent de considérer le réel, mais construisent des arguties sur des mythes !
      Cyril Brun

  1. Cher Jean-Louis,

    Comment laisser sans réponse une lettre ouverte qui m’est adressée et pose des questions aussi passionnantes ? Je ne débattrai pas, ici, avec toi, du fait de savoitr si la commission parlementaire s’est montrée d’une agressivité insupportable envers les représentants des religions invités à s’exprimer devant elle. C’est là, pour une part, affaire de subjectivité et comme tu le soulignes, de mise en perspective historique. Je crains simplement que le grand public ne soit guère plus féru de références historiques que les députés de base socialistes de culture théologique. En sorte que le ressenti de beaucoup est, effectivement, une forme d’agressivité et de mépris, à l’encontre notamment du cardinal Vingt-Trois. J’y vois, pour ma part, une confirmation de la crainte que nous évoquions dans le manifeste soumis à signature, le 11 septembre dernier, lorsque nous affirmions qu’il y avait là un projet «de nature à diviser profondément l’opinion», à l’heure même où il eut fallu la mobiliser sur d’autres combats. A mon tour je persiste et signe !

    Tu nous invites à prendre acte du fait que les députés présents dans cette commission, proches du terrain – «bons soldats de rang» écris-tu – n’avaient «pas envie de discuter des principes du mariage», qu’il étaient là tout bonnement «pour défendre une loi donnant des libertés et des droits nouveaux» ! Sans doute as-tu raison et c’est bien ce réel-là qui me terrifie. Ainsi donc, l’avenir de ce pays serait entre les mains d’une représentation nationale faite de godillots un peu demeurés, peu soucieux d’entrer dans la complexité des problèmes dont ils ont à débattre, et que ce serait une sorte de faute politique de la part de nos «religieux» que de ne l’avoir pas compris. Péché contre l’esprit, donc, que de contrarier nos élus en leur faisant valoir que ces «nouveaux droits» à la parentalité auraient pour prix l’inscription dans la loi d’un principe d’inégalité pour les enfants à naître… contraire à la Constitution !

    Là encore, c’est bien parce que nous pressentions l’ignorance de la plupart des possibles futurs députés sur ces questions de société, que notre manifeste appelait à l’organisation d’un vrai débat citoyen en amont des délibérations parlementaires. A l’image du débat sur la fin de vie ayant conduit, en 2005, au vote unanime de la loi Léonetti, aujourd’hui devenue une référence dans nombre de pays. Une revendication qui reste, à ce jour, sans réponse, même si un débat informel autant que passionnel, traverse et agite profondément le pays.

    Mon cher Jean-Louis, la partie la plus stimulante de ton propos me semble être celle où tu évoques les conditions d’un possible dialogue entre l’Eglise et la société. Même s’il appelle à débat. «La question, écris-tu, porte sur la légitimité des arguments autant, sinon plus, que sur le fond. De quel lieu, de quel droit tenez-vous votre position ?» Je reconnais avec toi, qu’en cette affaire, un soupçon d’homophobie continue de peser sur l’Eglise catholique, qui rend son discours irrecevable pour une large partie de l’opinion. Même s’il ne faut pas être dupe ou naïf. Lorsque Sylviane Agacinski ou Jean-Pierre Rosenczweig dénoncent, dans ce projet, la non-prise en compte de l’intérêt de l’enfant, ils ne sont guère plus écoutés, alors-même que leur «légitimité» à parler n’est contestée par personne.

    Sans doute as-tu raison d’écrire : «nous croyons que les autres, les opposants à l’Eglise et les partisans du mariage pour tous, vont venir sur notre terrain et se situer à la hauteur de nos questionnements». Ce que tu qualifies «d’illusion absolue» avant de poursuivre : »je souhaiterais plutôt qu’on tente un instant d’entrer dans les discours des autres…» Or le «discours des autres», largement médiatisé et majoritairement «reçu» par l’opinion publique, est, de fait, que les couples homosexuels existent, qu’ils ont souvent des enfants à charge, qu’ils ne sont pas aujourd’hui à égalité de droits avec les couples hétérosexuels et que rien ne justifie pareille discrimination. J’observe que, depuis des mois, nombre de mes «amis» campent sur cette évidence, avec la même conscience sereine que moi sur mes réticences à introduire dans notre société une forme de «droit à l’enfant».

    Si je t’en crois, il eut été plus habile pour l’Eglise, de ne pas engager ce combat sans véritable enjeu, perdu d’avance, et catastrophique pour son image. Les trois points vaudraient d’être examinés. Mais ce n’est pas le lieu. Je doute fort, néanmoins, que l’Eglise s’en fut mieux sortie si elle avait pris une tout autre attitude. Aurait-elle appelé à voter la loi, que ses adversaires y auraient vu une forme de reddition, et donc l’aveu de son conservatisme structurel. CQFD. Non, les seuls à souffrir vraiment de ces prises de position sont nombre de catholiques qui, pour le coup, refusent d’assumer ce qu’à travers cette polémique, la société leur renvoie de leur prope image de «cathos».

    J’ignore, à ce jour, quelle sera l’issue du débat parlementaire. Même si j’ai mon idée. Quoi qu’il advienne, l’image de l’Eglise institution en sera durablement affectée. Et plus encore si le gouvernement, pour une quelconque raison, finissait par retirer son projet. Imagine : l’Eglise perçue comme «tueuse» du mariage gay ! Bonjour les dégats. Avec en prime, de nouvelles crispations du petit peuple des fidèles et une prise de distance, peut-être définitive, des catholiques favorables au «mariage pour tous», convaincus qu’ils n’ont décidément plus rien à attendre de leur Eglise.

    En France, tu le sais, nous adorons le petit jeu de «à qui la faute ?» A celui qui a pris le risque de proposer des projets de réforme qui, pour être portés par de puissants courants de société, sont loin de faire consensus ? ; où à ceux qui, en s’y opposant, créent et durcissent le débat ? A qui fera-t-on porter, demain, la responsabilité d’avoir attenté à la paix civile ? Allons-nous, à la faveur de ce débat et de celui qui va suivre sur la fin-de-vie, renouer avec la querelle des deux France ? Avions-nous bien besoin de cela ? A ces questions, je n’ai pas de réponse. Je sais simplement qu’il nous appartiendra, qu’il nous appartient déjà, au-delà des divergences inhérentes à tout débat démocratique, de témoigner de notre fraternelle proximité, y compris en notre Eglise, à celles et ceux qui vivent la réalité d’une «différence sexuelle».

    René

    • bonjour,
      je viens de découvrir le site et vos publications. Et je pousse un ouf de soulagement parce que je commence à me sentir bien seule dans mon cercle d’amis catholiques, suis-je la seule à être de gauche? C’est un premier point. Ensuite , j’apprécie l’esprit et l’ouverture de votre site et les publications très pertinentes et riches de votre site. Cela enrichit le débat en tout les cas et c’est très important pour moi, car je me reconnais dans ceux que vous appelez les catholiques favorables au mariages pour tous et qui ont mal à leur Eglise avec ses prises de positions sur ce débat et qui se pose pleins de questions (comme n’y a-t-il en ce moment des problèmes beaucoup plus importants à règler dans notre pays que celui-là et plus prioritaires comme la paupérisation de certaines classes), et surtout notre attitude de chrétien n’est-elle pas comme vous le dites de témoigner de
      fraternité envers ceux qui ,comme vous les qualifiez, vivent une différence sexuelle; et une fois de plus j’ai la sensation que les catholiques vont à nouveau passer pour des ultraconservateurs qui ne suivent pas les évolutions de la société et font preuve de rejet….Alors que je crois beaucoup se questionnent , voire ne s’accordent pas avec ce que dit l’Eglise.
      Alors un grand merci pour vos précieux articles, ils ont la qualité d’approfondir le débat et en ce qui me concerne d’offrir des moyens pour se positionner en tant que citoyens et être acteurs de la création! En gardant notre liberté!
      Karen

      .

  2. Au petit jeu de savoir qui fut le plus rétrograde à un moment donnée (Galilée, Giordano Bruno…) on peut aussi se demander jusqu’à quand la République française considéra les algériens autrement que des indigènes… Et pourtant nous sommes nous aussi républicains…

  3. Je suis d’accord avec ce qui est dit.
    Pour moi,Il y avait « une famille » classique, mais il y a des « familles »:recomposées, ayant perdu un des parents, ect.
    Pourquoi refuser le terme de famille, quand il y a adoption?
    Car pour ma part, adoption plénière pour l’un du couple, ne se partagerait pas, du fait de la reconnaissance d’une union.
    Il pourrait y aviur adoption simple par l’autre, texte qu’il faudra modifier, puisque ce type d’adoption ne peut se faire, pour l’instant, que « quand un des parents est décédé ».Cela remet du « un », papa, maman, les deux ne pouvant être appelés de la même façon, ce serait bien de le préciser, pour que l’on retrouve « beau-père, belle-mère, demi-soeur ou frère, si l’autre conjoint fait aussi une adoption plénière.
    Cela n’empêche pas de trouver un mot tendre, hors 2éme papa, ou mamance qui est uun caricature pour les « mots si forts de père et mère, papa, ou maman..
    Le mariage est inscrit dans l’histoire, laissons le.pour le plan religieux et laissons chaque religionn cheminer sur ce sujet;
    Inventons un union reconnue par la loi , union d’un couple qui s’aime, et a des relations sexuelles par amour et pas obligatoiremnet pour avoir des enfants, et cela pour TOUS.
    .Les « hétéros » feraient ce « don » aux autres de renoncer au « mariage civil, » classique.
    Les homosexuels auraient à faire le don de ne pas être un couple parental identique à celui des hétéros.La démarche du mariagge pour tous, n’est pas de gommer les différences mais de permettre à un couple d’exister légalement, d’avoir ce droit-là..
    Pour eux, une adoption plénière par l’un d’eux,c’est ce qui se fait pour les couples hétéros qui ne peuvent pas avoir d’enfant;
    Et un statut autre pour le ou la deuxième, même si ce dernier pourrait avoir à partager la responsabilité parentale par un acte qui pourrait ressembler à l’adoption simple.
    Pas de mère-porteuse,bien sûr, mais la PMA pour toutes les femmes désirant être mères.
    Dans un couple homo, l’autre aurait le statut de belle-mère , la définition de la belle-mère et du beau-père étant le terme qui appartient à un autre conjoint que celui qui a été à l’origine de la naissance d’un enfant, et ce sera le cas.
    Un des hommes ou l’une des femmes peut devenir »papa » ou maman », c’est ce que la nature permet.Les fonctions parentales n’ont pas à se redéfinir par rapport à l’érotique d’un couple;.
    Je pense au plus près des mots, pour qu’ils gardent leur sens.Et là, quelque chose peut se penser, qui permettra l’humanité:les humains ne « copulent » pas seulemnt pour engender, de même ils parlent!
    L’église pourrait avoir un cheminement possible par cette voie-là!
    GSchnepf

  4. Il y a des dérapages catholiques qui sont beaucoup plus récents que ceux des années 1990 évoqués par Jean-Louis Schlegel : le 15 août 2012 le cardinal archevêque de Yaoundé, Victor Tonyé Bakot, a qualifié les homosexuels de « dépravés de la société » ( http://www.rnw.nl/afrique/article/un-archev%C3%AAque-homophobe-divise-le-cameroun ), sans le moindre recadrage de la part du Vatican. En 2008, le Vatican s’est opposé à la proposition française, portée par Rama Yade à l’ONU d’inscrire la dépénalisation de l’homosexualité dans l’ordre juridique international. Il est par ailleurs difficile de suivre Jean-Louis Schlegel lorsqu’il crédite d’une grande « hauteur de vue » les évêques français. N’est-ce pas Mgr Vingt-Trois qui est l’auteur de la formule prononcée en 2008 à propos des femmes : « le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête », déclenchant en réaction la fondation du Comité de la Jupe ? ( http://www.liberation.fr/societe/0101558090-jupe-contre-soutane ). Comment voulez-vous qu’un homme ayant une telle « hauteur de vue » à propos des femmes, soit capable d’apprécier à leur juste valeur les homosexuel(le)s et fournisse des réponses pertinentes à leurs demandes ?

  5. En se livrant à un combat qui semble perdu d’avance, l’Eglise semble avoir voulu trouver une place pour s’affirmer dans la société. On aurait sûrement espéré un autre combat.
    Son message sur le « symbolique » (ce qui est un vrai sujet) ne passe pas venant d’une Eglise dirigée par des clercs masculins et célibataires.
    Pourtant la question des enfants et des parents ne devrait pas être évacuée si facilement.
    Un responsable LGBT reçu a l’Elysée affirme que le « géniteur » n’est pas « père », comme si la loi pouvait supprimer une réalité humaine. Voilà bien quelques décennies que le « père » cherche sa place; se trouver ainsi réduit à n’être qu’un « géniteur » devrait alimenter la réflexion.
    Je ne suis pas convaincu que la société « réelle » et sa « sensibilité actuelle » ne serait pas sensible à cela.
    La consultation des ‘religions’ par une commission parlementaire qui ne semble composée que de personnes acquises d’avance apparait dès lors comme une formalité qui ne permet guère de faire avancer le débat.
    Les manifestations de rue ne me semblaient pas appropriées non plus, au contraire elles accentuent le clivage.
    La subite attention à l’homophobie a du mal à passer venant des religions qui semblent tout à coup découvrir le problème.
    Décidément l’Eglise a bien du mal à se situer dans notre époque post-moderne.

  6. @jpv75 Le don de sperme concerne aussi les couples hétérosexuels qui accèdent à la parentalité de cette façon. Le donneur de gamète n’est alors « que » donneur, et le père est le mari de la mère, par le principe de « présomption de paternité ». Il existe aussi des dons d’ovules où la mère n’est alors « que » gestatrice, sans être mère biologique. Il faut savoir qu’en Belgique ou aux Pays Bas ou aux Etats-Unis le don de sperme peut être semi-anonyme, ce qui permet à l’enfant à partir d’un certain âge de prendre contact avec son donneur s’il le souhaite.

    • L’anonymat est de plus en plus contesté et les enfants voudront connaitre leurs origines génétiques (et c’est parfois nécessaire pour certaines maladies. On peut considérer que dans l’anonymat le donneur ou la donneuse refusent d’être ‘père’ ou ‘mère’, cela pose quand même problème. Que dans certains cas il y ait 2 parents de même sexe cela ne doit pas conduire à supprimer les notions de ‘pères’ et de ‘mères’.

      • LLe don de sperme et la fécondation in vitro ne sont pas là pour
        .
        Ce n’est pas parceque le père devient père dans le couple hétéro sexuel s’il est marié,même s’il y a apport de sperme, qu’un autre homme, marié dans un couple homo peut le devenir aussi, puisque son compagnon, à ma connaissance aura un enfant dont il deviendra le père!Il ne peut y avoir deux papa ou deux maman, il peut y avoir un « père adoptif en second, » bien que ce soit problématique dans la pensée;car si un enfant a deux »papas » cela ne remplace en rien le fait qu’il a eu, au moins pour qu’il naisse, une maman dont la place doit compter sur le plan également symbolique.On confondrait égalité de droit et identité de droits si on faisait « glisser » le droit de paternité de l’homme éthéro marié,à celui de l’homme « marié » homo;ce serait de la logique qui provoque une perversion du discours;

  7. @Schnepf prenez le cas d’un enfant dont les parents meurent subitement dans un accident de voiture. Il se fait adopter. Il se retrouve avec deux papas et deux mamans, dont deux sont morts et deux sont vivants.

  8. Ci dessous mon courrier adressé à Monsieur Tourret:
    Monsieur Tourret,

    Comme vous l’avez justement proclamé lors de l’audition des cultes à l’assemblée nationale le 29 novembre, vous avez participé, Monsieur le député, à un grand moment de l’histoire. Par votre verve et votre hauteur d’esprit, vous avez terrassé tous ces lobbyistes que sont les responsables de cultes, et plus particulièrement ce vieux réactionnaire André XXIII. Mais que serait devenue la France si elle n’avait pas compté, parmi ses députés, l’imminent spécialiste du droit canon que vous êtes ?

    Vous avez raison ! Alors que notre belle Eglise Franc-maçonnique a toujours agi avec bienveillance, L’église catholique s’est presque toujours trompée ou a agi avec retard ! Pourquoi le pape Léon XIII a-t-il attendu la seconde révolution industrielle pour publier Rerum Novarum ? Le pape Pie XI n’aurait il pas pu s’attaquer directement à Hitler ou Mussolini plutôt que de publier lâchement son encyclique Mit Brennender Sorge ? Les gardes Suisses du Vatican étaient pourtant bien formés au maniement de l’épée… Pourquoi l’abbé Pierre a-t-il attendu l’hiver 54 pour agir, alors que dès l’été 53, des gens mourraient de faim ? etc…

    Toutefois, votre intervention eut été parfaite si vous aviez rappelé toutes les avancées apportées par notre belle idéologie social-égocialiste depuis 68 : 2 millions de femmes élevant seules leurs enfants et proches du seuil de pauvreté (familles monoparentales), une accélération exponentielle des divorces et de l’instabilité des couples, culte de l’argent et un capitalisme fou… Au vu de tous ces progrès de société, le refus de réforme de l’Eglise catholique est tout à fait incompréhensible…
    Fort Heureusement, par la fermeté dont vous avez fait preuve, il est fort à parier que les catholiques, s’il en reste, n’oseront pas descendre dans la rue le 13 janvier prochain…

    Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de ma sincère admiration.

  9. Cet échange Schlegel/Pujol me semble tout à fait stimulant et d’une hauteur de vue plus stimulante que certains arguments pour ou contre ce mariage dit « pour tous »…
    Dès le départ, j’avais des doutes sur la bataille en ordre dispersé des communications des évêques…A se demander, si certains laïcs n’auraient pas dû prendre plus de place.
    La conférence épiscopale ne réussit pas dans ce domaine à faire entendre une parole précise, pesée et ciblée comme dans le domaine des nouvelles conditions du travail. Elle court derrière l’actualité, au lieu de l’éclairer sereinement. Je crois qu’il manque une parole nette et courageuse qui admettrait cette union civile pour les homosexuels, mais seraient venue décrypter ce droit à l’enfant et toutes les questions liées à la filiation. L’enjeu du débat est là.
    D’un autre côté certains reproches à l’église sont mal venus lorsqu’on découvre la faiblesse idéologique de l’introduction à ce projet de loi. Ces consultations l’Assemblée Nationale ne sont pas dignes d’un vrai débat démocratique, et apparaissent confirmer la volonté de passer vite à autre chose, au détriment des enfants et du sens politique de ce nouvel équilibre.

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