Lettre ouverte à une fidèle de la « morale sexuelle catholique »

Chère Natalia, pendant longtemps vous avez été pour moi… une «voix» ! Celle qui, le lundi matin, m’accueillait au téléphone de RCF pour enregistrer l’édito qui allait être diffusé à l’antenne quelques minutes plus tard. J’étais alors directeur de la rédaction de Pèlerin. C’est dire que notre rencontre ne date pas de nos échanges d’hier ni de notre «amitié» sur FaceBook. Mercredi, j’ai posté sur le site de Chrétiens de gauche, collectif dont je suis l’un des  membres fondateurs, un article titré : Sexualité : «Et Dieu vit que cela était bon». Dans un message privé vous m’avez dit «comprendre mon point de vue» tout en étant en désaccord avec lui. Un désaccord que vous avez concrétisé, quelques heures plus tard par votre propre article : «Sexe : et si l’Eglise avait tout compris ?»

A mon tour de prolonger l’échange. Je ne l’ai pas fait plus tôt par simple souci de m’abstraire, autant que possible, des critiques parfois violentes suscitées ici et là à mon encontre, pour m’en tenir à mon propos : répondre à vos propres objections. Ce que je fais ce jour, dans une certaine sérénité retrouvée.

Votre texte ne répond en rien à mes questions

Je trouve que votre témoignage, assurément sincère, ne manque pas de panache. Il dit la profondeur de votre foi, de votre attachement au Christ, de votre confiance à l’Eglise et à son Magistère. Qu’opposer à un témoignage ? La seule réserve que je voudrais formuler ici, mais elle est de taille, est que votre texte ne répond en rien aux questions soulevées par le mien.

Nous expliquer que vous avez trouvé le bonheur dans une totale fidélité à l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité reste insuffisant à fonder que ce puisse être là, pour tous, le chemin de leur propre bonheur. Permettez-moi de me citer. J’écrivais dans mon texte : «Et que l’on ne vienne pas m’objecter l’existence de couples, fidèles à l’enseignement du Magistère, qui vivent cette exigence comme chemin de sanctification… J’ai pour eux le plus profond respect mais cela ne me convainc pas de la justesse de la discipline à laquelle ils s’obligent. 

Pourquoi cet acharnement de l’Eglise à vouloir dire le permis et le défendu ?

C’était une réponse avant la lettre. Votre lettre ! Et je reste dans le même état d’esprit. Oui l’Eglise nous propose, à travers la rencontre amoureuse, dans le respect de la liberté de l’autre qui ne saurait être réduit à un «objet de plaisir», dans le don réciproque, dans la fidélité, la prescience de l’Amour que nous porte le Tout Autre. Mais que ne s’en tient-elle à nous le rappeler ? Pourquoi cet acharnement à nous expliquer par le menu, le permis et le défendu ? A quand un texte du Vatican déclarant officiellement immorale pour les couples catholiques, la pratique de la fellation, au motif que ce serait là une relation sexuelle dépourvue de toute finalité de transmission de la vie ?

Les derniers paragraphes de ma réflexion disent bien mon intention : voir mon Eglise sortir d’une logique du permis et du défendu, pour proposer généreusement, dans notre société, toute la richesse de la tradition biblique et évangélique pour que chacun, là où il en est de sa vie affective et à partir de ce qu’il vit, puisse s’approcher d’un idéal de vie et  de la sainteté, et pourquoi pas en pratiquant l’homosexualité ou la contraception ?

Témoigner d’une sexualité réellement humaine

C’est là une pensée que je nourris depuis longtemps. Je retrouve l’un mes éditoriaux de Pèlerin, en date du 15 mars 2002, où j’écrivais ceci : «Il est paradoxal qu’à notre époque où le libéralisme économique est ressenti comme une agression, le libertarisme sexuel soit glorifié comme une conquête de la liberté. Une liberté dont les victimes trompées, bafouées, humiliées sont légion, même s’il n’est pas «politiquement correct» de les évoquer. Face à cette dérive, il est peu probable que le message de l’Eglise soit entendu s’il prend la forme de rappels à l’ordre. Peut-être, en revanche, les chrétiens ont-ils à témoigner sereinement, et sans fausse pudeur, que la sexualité est belle et bonne pour peu qu’elle soit humanisée ; qu’il peut suffire d’un regard de tendresse pour transformer un acte physique de possession en mélodie amoureuse ; que l’épanouissement sexuel du couple est compatible avec le mariage et qu’il survient toujours un moment de vérité, dans l’histoire d’un homme et d’une femme, où ils découvrent que la seule manière d’échapper à l’impasse de leur étreinte est de l’ouvrir au don de la vie. Face aux illusions du sexe sans conséquence et sans contrainte, l’image d’un couple amoureux, fidèle et épanoui est sans doute plus efficace que bien des leçons de morale.» Pardon pour cette (trop) longue citation. Elle explicite parfaitement ma pensée de toujours…

A chacun son chemin de sainteté

Si votre témoignage, chère Natalia, me semble ne pas répondre à mon questionnement, c’est que la légitimité de l’appel de l’Eglise à la sainteté, pour chacun de nous, vous semble suffisante à valider la totalité des «balises» et interdits qu’elle pose en matière de sexualité, là où je crois nécessaire de les interroger. Pensez-vous qu’un non global à la contraception et la préconisation de la méthode Billings soient une réponse à la hauteur de l’enjeu social et humain que cela représente dans des régions du monde comme l’Afrique ou l’Amérique latine ? Vous sentez-vous d’aller expliquer à une femme du Nordeste brésilien qui en est à sa septième grossesse et qui n’a pas les moyens de nourrir ses enfants, que c’est là le don que le Ciel lui envoie pour aider à sa sanctification ? Et que tout usage de contraceptifs serait œuvre du diable ? C’est là une morale de bourgeoisie catholique où l’on a le temps d’observer son rythme biologique et l’impudence de laisser croire à l’ensemble des fidèles que ce serait là la volonté de Dieu. Pas de pays où l’enjeu quotidien est tout simplement de survivre.

Vous sentez-vous d’aller expliquer à des personnes homosexuelles que ne pouvant avoir accès, par effet de nature, à l’une des finalités de la sexualité : la transmission de la vie, l’Eglise estime, pour leur sanctification, qu’ils doivent ad vitam aeternam s’interdire la seconde : le plaisir et l’épanouissement du couple ! Moi, je ne le ferai pas.

Un discours qui ne franchit plus le perron des églises

Mon propos est donc de dire, et de redire ici, que si l’Eglise est dans son rôle à nous proposer un idéal de vie, à contre-courant d’un «jouissez sans entrave» qui d’ailleurs a bien du plomb dans l’aile, son «discours» sur la sexualité ne franchit plus le perron des églises… Et je vois quelque contradiction à entendre notre pape s’alarmer chaque jour un peu plus de la montée de l’indifférentisme religieux dans nos pays, tandis que mes «contradicteurs» se félicitent et rassurent du fait que leurs conférences sur la vision chrétienne de la sexualité seraient merveilleusement accueillies par les lycéens qu’ils rencontrent. Où ? Dans les «boites» cathos des grandes villes ? Ont-ils essayé les sorties de fac, de bureau ou d’atelier ?

Une crise de confiance envers le Magistère

Je respecte infiniment le Magistère dans son principe. Mais je suis bien obligé d’observer qu’il est aujourd’hui l’objet d’une profonde crise de confiance de la part de nombre de croyants qui ne voient plus le lien entre la Parole du Christ, telle qu’ils la lisent et la comprennent dans les Evangiles, et le moralisme du Catéchisme de l’Eglise catholique dont Benoît XVI nous dit pourtant combien il devra être au cœur de la nouvelle évangélisation.

Lorsque la perte de confiance dans l’enseignement de l’Eglise vient à ce point rejoindre le scandale de la pédophilie et de son étouffement au nom de la «raison d’Eglise», comment s’étonner que des laïcs catholiques, en raison même de leur foi, de leur vocation de baptisés et de leur attachement à l’Eglise, en appellent à leurs évêques pour se faire les interprètes de leur malaise auprès du pape ? Cet automne ils en auront l’occasion. Le feront-ils ?

Le christianisme n’est pas soluble dans le débat

Le débat qui, sur Facebook notamment, a suivi la publication de nos deux textes, et où je me suis fait bien peu chrétiennement étriller, a mis en évidence le clivage apparemment irréductible entre ceux qui sacralisent le Magistère «de toujours» qui ne saurait se tromper et puiserait profond aux racines même de la Parole du Christ et ceux dont je suis qui constatent qu’il n’a cessé, sur bien des points, d’évoluer au fil des siècles et ne voient pas pourquoi il n’en serait pas encore ainsi à l’avenir, pour que renaisse la confiance autour d’un « sensus fidei » raffermi.

Au cours de ces débats, on m’a suggéré, ici et là, de quitter l’Eglise catholique si je n’étais pas d’accord avec elle… Refrain, hélas, connu ! Vous savez bien, chère Natalia, que j’appartiens à cette catégorie de croyants qui a décidé de rester, refuser de se taire et de continuer à plaider pour que le débat ait enfin sa juste place dans notre Eglise. Parce que le christianisme et le dépôt de la foi ne sont pas solubles dans le débat. Et que l’Eglise ne sortira pas affaiblie d’écouter ses enfants. Tous ses enfants ! Et d’accepter de dialoguer avec le monde, selon la belle intuition de Vatican II. C’est le sens du site Chrétiens de gauche que nous avons ouvert avec quelques amis.

En revanche, j’observe, avec satisfaction et fraternelle reconnaissance, que des chrétiens, d’opinions et sensibilités diverses, présents sur les réseaux sociaux, peuvent aujourd’hui se dire ouvertement en désaccord et se sentir néanmoins en profonde communion et estime réciproque. Vous en faites partie.

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24 réflexions au sujet de « Lettre ouverte à une fidèle de la « morale sexuelle catholique » »

  1. René, « tout est permis, mais tout n’est pas profitable » dit l’épitre (1 Co 6).. et cela, Natalia le revendique « Pour moi, j’ai voulu le meilleur ». Il n’est pas ici question tant d’interdit que de ce qui fait grandir ou non.

    De la tension qui existe entre ce que dit le Magistère et le vécu de la société, vous en déduisez que le Magistère se plante forcément.. Cependant, ce raisonnement ne marche qu’en se plaçant « au-dessus de la mêlée » : alors que si je reconnais qu’en moi, également, cette tension existe, que la volonté de possession et de toute-puissance me guette également ; et que cependant, bien que ne vivant pas non plus à 100% ma vocation, je reconnais la vérité du discours de l’Eglise sur la sexualité, alors je peux concevoir en même temps la vérité du discours du Magistère et le vécu de la société.

    • Curieuse cette façon de ne tenir aucun compte de ce que les gens écrivent. Dites moi si oui ou non le Magistère de l’Eglise catholique a changé depuis 2 000 ans ou s’il a été rédigé par le Christ lui-même ? Acceptez-vous l’idée qu’il puisse évoluer ? Et que répondez-vous, en bon chrétien, à ma femme du Nordeste brésilien et à mon couple homosexuel ? Cela seul m’intéresse, car c’est la vraie vie des enfants de Dieu, tout le reste est abstraction et pieuse littérature !

      • Marrant, cette manière aussi de lancer du « bon chrétien bourgeois » sur les autres. Oubliez Mai 68 une seconde, voulez-vous ?

        Le magistère n’est pas plus figé que l’Evangile. Benoît XVI l’a montré dans Lumière du Monde sur la question du préservatif en rappelant le principe de gradualité.

        Simplement, ce souci des personnes et de leur cheminement :
        – n’a de sens qu’en les considérant dans leur vocation ultime ; pas en les enfermant dans les stéréotypes temporaires d’une société
        – ne justifie pas de sacrifier l’ordre symbolique… le mariage, notamment est un symbole, un signe, qui renvoie à l’union à Lui à laquelle Dieu appelle la personne humaine. Comme tout signe, il faut en respecter les contours pour qu’il continue de renvoyer toujours à son signifié.

      • Cher René, je suis d’accord avec vous sur presque tout, et je voudrais à mon tour témoigner à quel point toute mon affectivité d’enfant et d’adolescent a été abîmée (avec séquelles indélébiles) par une éducation religieuse du type de celle que vous dénoncez. Quand cessera-ton de s’étriper au sein de l’Eglise à propos de sexe? Et qui prendra le temps, au coeur même du débat, de rappeler tout simplement le message du Christ, et moi j’ai envie de dire (car telle est aujourd’hui ma conviction, aboutissement d’un chemin de longue recherche guidé par l’Esprit Saint que je n’ai pas lâché une seconde et qui ne m’a pas lâché une seconde) que le Christ, dans son enseignement sur l’Amour Véritable, n’est venu que rappeler une vérité inscrite dans les gênes mêmes de tout être humain de par sa création à l’image de Dieu, et que le Bouddha (pour ne citer que ce grand sage dans une autre culture) avait énoncée quelques 600 ans plus tôt avec une grande clarté, bien sûr ignorée par les chrétiens les plus ouverts. Quand j’ai écouté l’enseignement de Thich Nhat Hanh au Village des Pruniers sur l’Amour Véritable il y a deux ans, j’ai entendu dans la belle langue d’aujourd’hui l’enseignement même du Christ (avec les belles intonations de l’Orient), mais comme un rappel de quelque chose qui avait déjà été dit. Le mode d’emploi de l’amour véritable, de la différence entre désir sexuel et amour, est explicitée par cette « autre » tradition d’une manière qui pour moi a été non seulement nourrissante mais guérissante. Alors, s’il vous plaît, Chrétiens, ouvrez-vous, éveillez-vous, quittez vos névroses, entretenues pour beaucoup de ma génération par des pseudo guérisons de confessionnal qui ne faisaient que renforcer la névrose, la culpabilité, l’obsession du sexe. Il n’y avait au bout de compte que cela qui comptait. Qu’ont dit le Bouddha et le Christ (et tous les autres grands sages dociles à l’Esprit Saint, parfois sans le savoir, à travers toutes les civilisations), voilà ce qui m’importe. Ce n’est pas ce que dit le Magistère Catholique et Romain qui m’importe, car il s’est souvent trompé. Relisons courageusement l’enseignement « autorisé » de saint Augustin (qui avait été battu par son père) sur le petit enfant qui naît pécheur, déjà coupable, c’est à dire qui offense déjà Dieu (!), (mais c’est forcément juste et vrai puisque c’est un Docteur de l’Eglise qui parle) et sur tout ce que cela a entraînée comme vision erronée de l’âme humaine. Cher René, je n’aime pas qu’on parle de l’Eglise comme une mère et nous comme ses enfants. Ca aussi, ça procède trop pour moi d’une vision infantilisante du chrétien entretenue par un magistère paternalisant/maternalisant. De même que notre filiation divine ne fait pas de nous de « petits » enfants sans cesse dans la dépendance et l’infantilisation, dépossédés des graines de jugement et de sagesse déposées en tout être humain du fait de sa création à l’image et à la ressemblance de Dieu… Ce qu’a fondé le Christ, c’est une communauté de pratique de l’Amour Véritable, pas une institution infantilisante de pontifes qui savent et qui s’adressent à de pauvres ouailles un peu gourdes qui elles ne sauraient jamais (et là, la soit disant image de Dieu en prend déjà un « sacré » coup…). Chrétiens, allez voir comment vivent les nombreuses Sanghas (communautés) bouddhistes de la tradition Mahayana (celle du Village des Pruniers entre autres), et vous verrez ce qu’est l’Eglise : la communauté de soutien et de pratique, dans la pleine conscience (et ça c’est la présence de l’Esprit Saint qui ne nous quitte pas), de pratique de la compréhension et de la compassion, de l’écoute profonde et de la parole aimante, de la vision profonde, de la pensée juste, de la parole juste, de l’acte juste etc… Ca vaut le détour quand on commence à douter… Pour moi, je suis redevenu chrétien là-bas.

  2. A René, Je suis nouvelle sur votre site et je n’ai pas vu le départ du débat…mais sur ce dernier mot, je suis pleinement d’accord; mais ne mélangeaons pas l’homosexualité avec la question de la contraception. A ce sujet, il n’y a que des exceptions qui ne sont pas de votre avis; j’ai le témoignage de très nombreuses catho, et même bourgeoises! la femme n’est pas une lapine! nous sommes appelés, hommes et femmes à ne pas être esclaves de processus naturels; ne luttons-nous pas contre les microbes et autres fléaux (naturels) par des moyens non-naturels? le monde a trop d’enfants qui ont faim; la contraception est le seul remède à un avenir humain; chrétienne, j’ai voulu suivre le magistère avec des soit disant méthodes naturelles; c’est une demi blague, en tous les cas impraticables pour des peuples qui doivent seulement survivre, comme vous le dites bien. Et puis, j’ai étudié, et la notion de « naturel » est relative, toute méthode, quelle qu’elle soit, est une volonté de réduire la fécondité; ne soyons pas hypocrites et ne mettons pas la volonté de Dieu dans cela! Il nous demande seulement que nous nous humanisions; et ce n’est pas parce que on a une contraception sûre (même si pas idéale médicalement parlant) qu’on ne peut pas être respectueux de l’autre, avoir des périodes de saine abstinence etc; le couple moderne a suffisamment de soucis que pour ne pas en ajouter; s’il doit calculer la période x pour faire l’amour, il se peut que les occasions se rarifieront et seront dommageables à l’amour proprement dit. Il nous est demandé d’être féconds, on ne nous demande de faire un max d’enfants; de plus la fécondité a de multiples aspects.
    Bref, j’ai 60 ans et j’entends les mêmes discours depuis 40 ans; mais cela avance car des chrétiennes commencent à discerner correctement ; j’attends que le magistère ne parle plus d’interdits mais fasse tout pour promouvoir le respect et l’humanisation de toutes les structures, ce qu’elle fait d’ailleurs ; et que l’Eglise se fasse discrète car , elle a beaucoup à se reprocher même dans ce domaine; plus grave est la pédophilie que la contraception! plus graves sont les viols et la barbarerie au Congo (voir article de la Croix) Plus grave est la drogue (voir article dans le Monde) sur la situation au Mexique qui va se généraliser dans le monde.
    Bref, changeons de combat!

  3. Natalia Trouillier vit une union mystique qui se trouve être un mariage à trois (c’est elle qui le dit), elle, son mari et Jésus. Pourquoi pas ! Il en est du mysticisme comme d’autres particularismes. Tant qu’il s’agit d’adultes consentants… Après tout, certains on cru bon « au nom du Christ », de vivre en haut d’une colonne. Cela ne me gêne pas, chacun son héroïsme, chacun son érotisme. Ce qui me dérange, c’est de faire croire que cela est bel et bon pour l’ensemble de l’humanité et que ceux qui décident très ordinairement, de vivre les deux pieds sur la terre sont des médiocres qui ne savent ni ce qui est bon ni même ce qui est meilleur. Dans le genre trivial, il paraît que le sexe, c’est meilleur après une bonne fessée. Mais pour moi, c’est une rumeur, je n’ai jamais essayé.
    Je ne crois pas que la recherche de la sainteté passe par le fond de nos petites culottes, dans lesquelles la glaire est tombée ou pas. Ben oui, les méthodes d’observation « naturelle », c’est ça ! Et si glaire il y a, reste à savoir, comme une bonne patissière, si le fil est filant ou cassant. Il faut aussi observer sa couleur, de cristal ou déjà troublée. Pour que l’observation soit lisible, il ne faut pas avoir eu de rapport la veille. Il est aussi recommandé de porter des jupes plutôt que des pantalons afin de ne pas comprimer « la nature »… Finalement, je me demande si je ne préférerais pas vivre au sommet d’un colonne !
    Si la jeune dame trouve son épanouissement dans ce genre de contorsion et de complications, je le répète, je ne suis pas contre. Mais je ne vois pas en quoi elle fait « mieux », en quoi elle choisit le meilleur. Cette dictature de sa fertilité sans laquelle elle ne serait pas « une femme entière », c’est du fantasme voire de la névrose. Alors, certes, nous sommes tous des petits tas de névrose, et le sexe, c’est en effet beaucoup de fantasme, mais il se trouve qu’ils sont individuels et portatifs, et que ceux de Natalia Trouillier ne sont ni universels, ni exemplaires. Ils ne concernent qu’elle, et j’espère pour elle, un peu son homme.
    Pour le reste, évidemment, si l’on tient, contre toute réalité observable, contre toute expérience, que la seule « bonne » sexualité, est celle d’un homme et d’une femme, s’accouplant de sexe à sexe, dans le cadre du mariage en prenant le risque (la chance) d’avoir un enfant, par le fait même de cette étroite définition, on renvoie tous les autres à de « l’à peu près », voire au péché.
    Ceux qui disent cela prétendent le tenir de Dieu (celles qui portent la burqua aussi). Ben désolée, Dieu et moi, on se cause souvent et on n’a pas ce genre de conversation. Et avec mon homme, on a plus d’imagination que ça, mais ça se passe derrière la porte de notre chambre, ce n’est ni exemplaire, ni public.

    • Bonjour Catherine,

      Puis je vous poser quelques questions :
      Avez vous seulement essayer de comprendre le mariage ?
      Je pense que tel que vous le décrivez, je vous cite : « une union mystique qui se trouve être un mariage à trois »
      on comprend assez facilement si je puis me permettre que vous n’avez rien compris au mariage dans l’Amour du Christ.
      Le mariage c’est l’abandon de soi-même pour se donner à l’autre par un amour gratuit.(pour faire simple)
      Essayer de le considérer d’un oeil nouveau ! N’y a t il pas de plus grand Amour que de donner sa vie entière pour l’autre et non pas de tomber dans des travers qui viseraient JUSTE à avoir le plaisir,la passion, le sexe. Je pense pour ma part que la sexualité va au delà du plaisir, de la passion. Désir, passion tiennent une place importante certes mais le don entier dans l’acte sexuel comble ! Tentez l’expérience .
      Jésus s’est donné entièrement sur la croix pour sauver l’Homme, Il n’avait aucun autre but que de nous sauver par amour !
      Certes pour être combler il faut savoir attendre , être chaste, mais la patience attise l’Amour pour l’autre.

      Donc la prochaine fois que vous « causerez » à Dieu, confiez vous sincèrement et vivez votre prière non pas comme une directive de l’Eglise mais vraiment comme un dialogue avec votre Père qui nous aime d’un Amour infini et gratuit.Ouvrez lui votre coeur ! Ne suivez pas bêtement sans comprendre la mode de la société d’aujourd’hui. L’Eglise nous invite simplement à suivre le Christ et nous montre le chemin sans rien nous imposer . Certes l’Eglise est imparfaite puisque par essence elle est composé d’hommes et de femmes. Mais ayez l’amabilité de pardonnez comme Jésus pardonne.

      « Demeurez en mon Amour  » Jean 15,9-17
      Lisez la Sagesse de Salomon 3,1-12
      Ouvrez la Bible et comprenez avec votre coeur. Elle est riche de l’Amour de Dieu !

       »Que celui qui a des oreilles pour entendre entende » Matthieu 11,15

      Dans la prière,

      Marc

  4. Bravo Rene Poujol pour avoir engagé ce débat, ô combien important dans notre Église, sur la sexualité et sur la controverse engagée par Natalia Trouiller. Étant de la même génération que René Poujol, toute ma jeunesse des années 50 et 60 a été imprégnée par le discours moralisateur et hypocrite sur la sexualité que soutenait l’Église Catholique. A cet égard, Mai 68 a été le rejet absolu de cette morale qui a conduit une grosse partie de ma génération hors de l’Église. Depuis, avec Vatican II et le pape Jean-Paul II, l’Église avait, me semble-t-il, bien évolué pour laisser aux seuls couples le soin de gérer leur contraception, même si cette attitude ne correspondait pas exactement à l’encyclique « Humanae Vitae » (qui, comme vous le savez, a été détournée, in fine, des recommandations d’experts qui préconisaient la liberté de choix des moyens contraceptifs). Malheureusement, on assiste depuis quelques années à un retour en force de l’ordre moral où l’on va jusqu’à souhaiter une abrogation de la loi Weill. Je voudrais juste rappeler à nos donneurs de leçons qu’avant cette loi l’avortement était condamné et que 2 solutions s’offraient aux jeunes filles enceintes qui ne pouvaient pas garder leur enfant : l’avortement clandestin ou pour « les riches » un petit voyage en Suisse ou en Angleterre.
    Il devient urgent, pour éviter que notre Église ne devienne un camp retranché de nostalgiques d’avant Vatican II que des René Poujol se lèvent et disent clairement que le message du Christ n’a rien à voir avec une morale étriquée et que nous profitions de cette année de la foi qui va débuter le 11 octobre 2012 ( 50 ans de Vatican II) pour nous préoccuper d’approfondir notre connaissance du Christ en écoutant mieux Sa Parole et ainsi mieux Le servir et Lui rendre gloire.

  5. Abonné depuis peu à la cette lettre d’information,j’ai apprécié ,R.Pujol,votre prise de position sur la morale sexuelle catholique.Homosexuel sans le savoir jusqu’à 25ans,et le vivant pleinement jusqu’à aujourd’hui(71ans)je me suis senti exclu de l’Eglise .Puis une rencontre m’a fait découvrir DUEC(Devenir un en Christ),association de personnes concernées directement ou indirectement par l’homosexualité.
    En vous lisant,j’ai eu la confirmation,qu’un amour porté à une personne du mème sexe n’est pas condamnable et a la mème valeur que celui porté à une personne de sexe différend.

  6. L’enfer est pavé de bonnes intentions.
    En l’occurrence, il me semble que si vos ambitions sont généreuses, votre pensée, elle, est sérieusement étriquée. Désolé d’être aussi violent, mais en vous lisant je n’ai pu m’empêcher de penser que, finalement, vous pensiez comme un intégriste ou un musulman : c’est haram ou hallal, point.
    Or, en réduisant le message de l’église à une somme de rappels à l’ordre, vous passez sous silence une réflexion riche, cohérente et subtile, à commencer par les quelques milliers de pages de feu Jean Paul II.
    Plus gênant encore, vous semblez absolutiser la morale, comme si Dieu n’était pas le seul Absolu. Or, en chrétienté, la morale n’a de sens qu’en rapport au Salut donné par Jésus Christ, c’est à dire qu’une fois intégré notre statut de pécheur pardonné. Nous ne prêchons pas une morale, mais le Salut en Jésus Christ, et ce n’est qu’à partir de là que la morale nous est donnée pour répondre à l’appel du Christ en cherchant ce qui est bon et en rejetant ce qui est mal autant que nous le permet notre condition mortelle, mais sans culpabilisation inutile.
    Dans cette perspective, la loi est une source de libération en ce qu’elle pose un cadre qui donne des repères et qui oblige à se poser des questions concrètes. Dire le permis et le défendu n’est pas un droit, mais un devoir de l’église. Ca n’est pas l’expression d’un autoritarisme de mauvais aloi, mais donner des repères à tous ceux qui prennent à bras le corps leur condition mortelle à la recherche de ce qui est bon, ce qui plaît à Dieu, ce qui est parfait.
    Il y a là une confrontation évidente avec l’esprit du monde qui réduit l’homme à ses actes, avec pour conséquence que chacun demande une loi qui le « sauvera ». En tant que chrétiens, nous ne sommes plus sous la domination de la loi, et tant pis si cela nous met en contradiction avec ce monde.
    Car je suis aussi très gêné par votre argument du monde. Il me semble au contraire très rassurant de voir que l’église sait encore être un signe de contradiction face à une civilisation qui ne fait que passer. Non pas avec des interdits, mais avec une anthropologie saine et cohérente alors que monde en manque cruellement, de cohérence. Il me semble que cette expertise en humanité mérite d’être assumée, même face à la contradiction. Non pas comme une condamnation pour cette civilisation qui n’est ni meilleure ni pire qu’une autre, mais comme une lumière pour éclairer les hommes de bonne volonté.

    • Cher Fabien, c’est toujours un accablement pour moi de constater que des personnes que je devine intelligentes se croient obligées – se sentent autorisées – à s’exprimer sur le ton du mépris et de l’agressivité. Je sais par expérience professionnelle que la communication est la chose la plus difficile qui soit et qu’avec la meilleure bonne volonté du monde on peut ne pas se comprendre. Je ne me retrouve absolument pas dans votre « charge ». Je n’ignore pas la théologie développée par Jean-Paul II mais j’ai eu l’occasion de souligner qu’elle n’infléchit en rien la « discipline » de l »Eglise catholique en matière, notamment, d’accès à la contraception. Alors qui sont les moralistes ? Ceux qui, comme moi et bien d’autres, invitent l’Eglise à rappeler un idéal en laissant chacun libre des moyens qu’il utilise pour y parvenir, en fonction de sa situation et de son histoire personnelle ; ou l’Eglise catholique que l’on voit continuer à intervenir, ici et là, dans nombre de pays pour s’opposer à toute légalisation de la contraception ?

      Je ne réduis nullement l’Eglise à une somme de rappels à l’ordre, je me contente de constater qu’elle n’y renonce pas. Lisez donc Youcat destiné à la jeunesse et ses pages sur la sexualité !

      Que la loi soit source de libération, je ne le conteste pas. Encore faut-il que la loi soit perçue comme « juste » et vous savez comme moi que la loi n’est pas immuable. Sinon nous en serions encore au Talion. L’interdit précède la loi (et non l’inverse) puisque c’est l’homme qui fixe la loi. Et que vous et moi croyions en une loi divine ne change rien à l’affaire. C’est bien parce que l’homme, au plus profond de lui-même, ressent le bien et le mal (conscience que nous analysons, nous croyants, comme étant d’origine divine), qu’il le formalise dans la loi pour contenir toute injustice et toute violence. Mais il est dans la nature de l’homme de s’interroger sans cesse. C’est là sa grandeur et sa dignité. Dans cette recherche continuelle pour plus d’humanité l’Eglise a, bien évidemment, droit à la parole. Ce n’est pas moi qui le lui conteste. Mais elle ne sera écoutée que si elle veut bien considérer (ce qui était l’intuition généreuse de Vatican II) qu’elle n’a pas en face d’elle, dans ce « monde » dont elle veut se tenir à distance, que des salauds, des dépravés et des irresponsables !

      • Cher René,
        Je suis désolé que mon commentaire vous ait paru méprisant ou agressif, ce qui ne correspond pas mon état d’esprit. Tout juste étais-je agacé de ne pas plus reconnaître la position de l’église dans vos charges que vous ne vous êtes reconnu dans la mienne. Cela explique sans doute ceci et c’est peut être bon signe.
        Il n’empêche que vous ajoutez à mon trouble en disant que vous connaissez l’enseignement de Jean Paul II. À vous lire on a l’impression que, pour vous, dès lors qu’existe l’interdit, plus rien d’autre ne compte. Vous attaquez l’église au motif qu’elle n’aurait rien d’autre à proposer, et quand on vous fait remarquer que, justement, elle a autre chose à proposer, vous dites que ça ne compte pas parce qu’elle n’a pas renoncé aux interdits. N’est-ce pas ça absolutiser l’interdit?
        Je suis allé lire dans mon Youcat les pages sur la sexualité ( section sur le 6e commandement ). Il faut attendre 4 pages avant de lire un interdit, et il n’y en a aucun qui ne soit mis en perspective. Sont-ce vos blessures passées qui nous font lire ce texte si différemment ?
        Dans un sens précis, l’interdit précède peut-être la loi, mais au sens large, il en est aussi l’expression la plus libérante en ce que la forme négative porte plus de liberté que la forme positive. Un « ne fais pas ceci » donne plus de liberté qu’un « fais cela ».
        Et je persiste à considérer qu’un idéal qui ne se traduit pas concrètement est un idéal qu’on ne prend pas au sérieux. Imagine-t-on prêcher l’accueil de l’étranger et se satisfaire de la situation actuelle ?
        Un dernier point me gêne. En quoi le fait de poser les interdits qui traduisent l’anthropologie chrétienne suppose-t-il n’avoir en face de soi « que des salauds, des dépravés et des irresponsables » ? Pour la petite histoire, dans les pages du Youcat consacrées à la sexualité on peut lire, placée en exergue, cette citation de C.S. Lewis « Il se trompe, celui qui croit que la luxure est le plus grand des péchés pour un chrétien. […] un froid hypocrite plein de suffisance et qui va régulièrement à la messe peut être plus proche de l’enfer qu’une prostituée. »

      • Fabien, je n’ai jamais prétendu (à ma connaissance) qu’il ne faille pas poser des interdits. Je dis simplement et c’est vrai que je me lasse un peu, pardonnez-moi, en ayant le sentiment d’avoir dix fois répondu la même chose à dix interpellateurs différents, que dans un monde où beaucoup sont éloignés de l’Eglise, seule l’Eglise enseignante a une parole publique, plus ou moins bien relayée par les médias, tandis que l’Eglise « accueillante » (à travers sa pastorale) est par définition sur un registre plus intimiste, confidentiel. Dès lors ce que nos concitoyens retiennent de l’enseignement de l’Eglise, à travers ses prises de parole publiques, est souvent, à tort ou à raison, une suite d’interdits parce qu’elle-même s’exprime souvent sur ce registre. Or s’il est des interdits que tout être ressent en son for intérieur comme légitimes, même s’il lui est difficile de s’y conformer, il en est d’autres qu’il ne « reçoit pas » parce qu’il n’en comprend pas la signification, le lien avec les valeurs auxquelles il adhère. Lorsque j’évoque, à plusieurs reprises, « l’interdit » de l’Eglise de laisser accéder à la communion les divorcés remariés et les couples homosexuels, parce qu’ils ont pris la liberté de ne pas respecter « l’interdit » qui leur est fait d’avoir des relations sexuelles, c’est pour mieux souligner qu’aujourd’hui il ne me semble pas possible d’assimiler tous les couples de divorcés remariés à des couples adultères, ni toutes relations homosexuelles à des relations contre nature. Et j’observe que dans son interpellation de 1999 au synode des évêques européens comme il y a quelques jours dans sa dernière interview le cardinal Martini, qui vient de nous quitter, pointait les mêmes faits comme faisant aujourd’hui obstacle à l’annonce de l’Evangile. Est-ce péché contre l’Esprit que de se reconnaître dans ses interrogations ?

      • Désolé d’être lent à répondre.
        Vous écrivez que, « ce que nos concitoyens Retiennent de l’enseignement de l’Eglise […] est, à tort ou à raison, une suite d’interdits ».
        C’est effectivement la vision du message de l’église que l’on trouve dans vos écrits, et paradoxalement, cela vous rend, au moins partiellement, responsable de cet état de fait.
        Oui, la perception que l’époque peut avoir du message de l’église est une série d’interdits. Pourtant, cela ne correspond pas à son message, et l’exemple du Youcat en atteste.
        Je l’ai déjà écrit, j’ai été choqué de vous voir donner du message de l’eglise une version déformée, fût-ce pour critiquer cette version déformée. La conséquence de ce genre de discours, c’est que les gens retiennent du message de l’église la vision déformée que vous en donnez. Avec un peu de chance, il se trouvera un tradi prêt à voler au secours de l’Autorité et des interdits qu flattent ses névroses, et le message de l’église aura été rendu parfaitement inaudible.
        Au final, ce que vous aurez gagné c’est que le monde n’aura pas pu entendre le discours de l’église dans ce qu’il a de plus prophétique – ce que j’ai pu constater dans bien des discussions avec des non croyants – et vous aurez déserté les vrais débats de la morale – car il y en a – au profits de faux débats inutiles.

      • Vous me faites penser à ces amis évêques que j’ai entendu dix fois s’étonner devant moi : « C’est incompréhensible, les gens ne retiennent que les non de l’Eglise alors qu’elle ne cesse de dire oui… » Si c’est vrai c’est sans doute qu’il y a un problème et je ne suis pas sûr que ce soit, simplement, une fois de plus, la faute aux journalistes. Puisque vous avez, aussi bien que moi, accès à la parole à travers internet je vous fais confiance pour rétablir la vérité. Pour ce qui me concerne je continue à considérer que le discours de l’Eglise est inaudible.

      • Loin de moi l’ide de dire que c’est la faute aux « journalistes ». J’aurais plutt tendance en vouloir aux « chrtiens de gauche » qui rendent inaudible le message de l’glise en le caricaturant pour mieux le combattre, quitte s’en justifier au motif que ce que le public en retient est cette caricature inaudible.

        Le 15/09/12, « A la table des chrtiens de

      • Bien évidemment je m’inscris en faux. Mais on ne répond pas à pareille accusation en trois lignes.

  7. Monsieur Poujol, j’apprécie toujours vos billets et j’admire votre courageuse prise de position, autant que votre détermination à rester dans l’Eglise pour que le débat et le dialogue la fassent vivre – Dieu seul sait que la tentation est grande parfois de claquer la porte! Je fais en effet partie de cette jeune génération, qui, comme vous le dites, sont « dans la quête d’une fidélité et d’une fécondité amoureuse », et qui décident de se marier après des années de vie commune – ou non, d’ailleurs, puisque mon propre compagnon ne le souhaite pas, malgré sa volonté de s’engager avec moi pour la vie, notre souhait d’avoir des enfants et mon désir de les baptiser, ce qui ne lui a jamais posé problème. Je trouve pesant, voire enrageant, que selon le cathéchisme de l’Eglise, j’ai seulement fait un « bon » choix et non pas, pour reprendre les termes de Natalia, le « meilleur », en décidant de rester un homme sincère et aimant en dépit de ses convictions sur le mariage. Certes, on ne fustigera pas mes actions comme on l’aurait fait dans le passé, mais jusqu’à ce que le changement que vous proposez ne s’opère, le Vatican ne cessera de me rappeler bien gentiment qu’il n’y a, en matière de sexualité et d’amour, qu’un seul projet véritablement « valable ». Ce qui n’empêche pas l’Eglise de bénéficier, par ailleurs, des heures incalculables de bénévolat que mon compagnon, mes amis et moi avons investi aux scouts ou à l’aumônerie. Elle ferait bien de ménager ses troupes et d’attiser notre ardeur face à l’immense travail qui nous attend pour rendre le monde d’aujourd’hui plus juste et plus humain, plutôt que d’essayer de régenter celle que nous éprouvons dans la chambre à coucher. Et elle ne peut exiger qu’on lui accorde notre confiance, suite à la crise que vous évoquez, si elle-même ne nous rend pas la pareille.

  8. Bonjour Monsieur.
    Je découvre votre blog. Je lis celui de Natalia. Et puisque les commentaires, dans l’ensemble, vous remercient pour cette prise de position, je viens à mon tour témoigner dans le même sens que Natalia et répondre pour la brésilienne.
    Mariée, je n’ai pas de contraception et je crois profondément que le message de l’Eglise n’a pas à être remanié pour que chacun y trouve son compte.
    Je crois que l’Eglise, depuis 2000 ans qu’elle se penche sur certains sujets, sait mieux que moi, ce qui est bon pour moi. Je lui fais confiance, car que valent 26 ans en face de 2000 ans de réflexion?
    De fait, et oui, ce n’est QUE un témoignage, je vis pleinement en accord avec l’absence de contraception, pour ne parler que de ça. Je crois vraiment que le message de l’Eglise nous indique la meilleure voie du bonheur.
    MAIS en aucun cas je dis que l’Eglise impose ou interdit. Je crois fermement que l’Eglise me laisse libre de faire mes choix, me proposant juste un chemin. A moi de le prendre ou non. C’est le libre-arbitre non?
    Je suis pour l’ouverture à la vie.
    Et pourquoi, comme vous citez le point de Godwin, (c’est ça?) ramener toujours à cette situation? Pourquoi dans les différents sondages on ne parle pas de tous ces jeunes couples qui choisissent des méthodes naturelles? pourquoi cette méthode n’est pas enseignée?

    Je reprends vos propos: « voir mon Eglise sortir d’une logique du permis et du défendu, pour proposer généreusement, dans notre société, toute la richesse de la tradition biblique et évangélique pour que chacun, là où il en est de sa vie affective et à partir de ce qu’il vit, puisse s’approcher d’un idéal de vie et de la sainteté, et pourquoi pas en pratiquant l’homosexualité ou la contraception ? »

    Je crois fermement que l’Eglise nous propose généreusement, à tous homosexuels, concubins, allez disons carrément pécheurs , la voie de la sainteté.
    Elle nous prend où nous en sommes.

    Vous voyez, on est pas en désaccord finalement.

  9. Bonjour,
    Je ne me retrouve pas dans cette façon de présenter les choses : le magistère à dit et écrit ceci ou cela, le magistère a une position arriérée, etc.
    Dans ma réalité de chrétien, ce message restreint et rigoriste sur la sexualité ne m’a jamais été délivré. Or, je suis un chrétien engagé et, depuis l’âge de 18 ans, je vais tous les dimanches à la messe, et j’exerce des responsabilités dans cette église. Je me sentirais plutot un chrétien de gauche, venant de milieux comme l’aumonerie universitaire, le MCC, engagé dans sa paroisse.
    Ce débat me semble nous être imposé par l’air du temps qui ne retient que les éléments à charge, parfois tronqués.
    Je ne nie pas que certaines choses soient écrites, et qu’elles devraient etre écrites différemment. Mais sont-elles transmises de cette façon aux chrétiens que nous sommes?
    En tout cas, les paroles sur la sexualité qui m’ont été données au sein de l’église l’ont été soit à l’aumônerie, soit dans des groupes chrétiens, et cela s’est fait sous forme du dialogue plutot que sous forme d’interdit à suivre.

    Sommes-nous une religion du livre? une religion de la loi? non. Alors, n’enfermons pas les paroles sur la sexualité à des morceaux d’encycliques et aux extraits pêchés par des journalistes sur les paroles de papes ou d’évêques sur le sujet. C’est trop facile, et finalement, c’est de la manipulation. Ce que vit et fait le peuple de Dieu est tout aussi important.

    Certes, il faut parler de sexualité, mais votre façon d’en parler me semble biaisée.

    PS : Pour la méthode Billings, je pense qu’elle est plus adaptée à des personnes sans ressources, n’ayant pas accès aux médicaments (par exemple du tiers-monde) qu’à des catholiques petites bourgeoises. C’est d’ailleurs plus une façon co-responsable de vivre sa sexualité en couple (et non pas réservée aux femmes) qu’une méthode.

    • Que ce ne soit pas cette éducation vous avez reçue est une chose… Que ce que j’écris là soit sans objet et simple manipulation en est une autre. Allez donc faire un tour sur le catéchisme de l’Eglise catholique… dont on nous dit qu’il doit être au cœur de la nouvelle évangélisation ! Et il y aurait quelque paradoxe à vous entendre nous dire que de cette morale là nul ne parle plus, et à entendre, par ailleurs un prêtre comme le Père Grandjean, très actif sur les réseaux sociaux, m’expliquer que cet enseignement, dans son exigence même et son appel à la sainteté, est parfaitement bien reçu par les jeunes auxquels il s’adresse.

      Sur le site de la Vie, Marcel Gauchet s’exprimait récemment (25 septembre) en ces termes, à propos de l’urgence d’ouvrir un nouveau concile Vatican III : « A l’époque de Vatican II, il y avait deux problèmes : la liberté religieuse, qui était le point clé, évidemment, et d’autre part la liberté politique. Là c’est réglé et on n’en parle plus. Il reste maintenant la question du statut de la liberté des personnes qui est bien plus profonde car ce sont les assises morales des individus qui sont en jeu ! Qu’est ce que la liberté personnelle? Quel est le sens de cet énorme problème qui recouvre sexualité, reproduction, famille et intimité fondamentale des personnes? Ce n’est pas simplement un problème d’institution, c’est un problème doctrinal qui nécessiterait une révision très profonde car le décalage avec la société est complet.  »

      Je souscris à cette analyse. Je suis d’accord avec vous lorsque vous soulignez que le christianisme n’est pas une religion du livre, ni un moralisme… Mais pour m’en référer au premier article publié sur Eglise et sexualité, auquel Natalia Trouiller a souhaité répondre… suscitant ma propre réaction, je pointais, justement me semble-t-il, l’impasse dans laquelle se trouve l’Eglise a vouloir maintenir le lien : sexualité, mariage, fidélité, transmission de la vie… ce qui lui interdit toute évolution vis à vis des couples homosexuels appelés à vivre dans la continence jusqu’à la fin de leurs jours. Je puis vous affirmer que ce n’est pas pure théorie, le diocèse de Paris refusant de préparer au baptême des adultes homosexuels au motif qu’ils n’auraient pas renoncé à vivre dans le péché…

      Tant mieux si ces considérations n’empêchent pas certains catholiques – dont vous semblez être – de dormir et de vivre. Mais il ne faudrait pas en conclure trop vite que ces propos sont invention de journalistes malveillants… Ils restent la parole officielle de notre Eglise sur le sujet !

  10. Ne me dites pas que le diocèse de Paris refuse de préparer au baptême les personnes homosexuelles! Quel contre-témoignage! Quel manque de charité et d’esprit évangélique! Parmi mes proches, j’ai de nombreux échanges avec une personne homosexuelle, en recherche et désirant « ordonner » sa vie spirituelle. La question du baptême se pose. Je sais qu’un refus pour cause d’homosexualité aurait pour cette dernière, déjà fragile, des conséquences psychologiques et spirituelles très néfastes.

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